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Economiste de banque : quelle reconversion ?

Ainsi, en plus des attributions classiques des économistes que sont la couverture de la conjoncture macro-économique et l’analyse fine des données dites market mover , les économistes s’investissent aujourd’hui dans l’extrapolation de ces exercices au calcul de spreads théoriques (crédit, swaps, govies…), à l’analyse factorielle des marchés actions (secteurs, sensibilité aux grandes variables macroéconomiques comme le pétrole, les taux de changes…) l’allocation d’actifs et, partant, la construction de portefeuilles d’investissement.

Le développement d’une telle expertise transversale pourra, le cas échéant, offrir des perspectives d’évolution à l’ancien économiste en herbe désirant se reconvertir. Le directeur adjoint de la recherche d’IXIS Corporate and Investment Banking Evariste Lefeuvre, qui participe à cette redéfinition du métier d’économiste, fait le constat de la variété des publics avec lesquels il se trouve en contact au sein de la banque ou ailleurs : je suis régulièrement amené à décrire à des clients de la banque notre scénario macro global dans le cadre de tournées européennes . Ces clients sont souvent des investisseurs institutionnels, mais peuvent également être des organes gouvernementaux comme des banques centrales de pays émergents, ou des entreprises. La clientèle exige une implication plus marquée en aval, c’est-à-dire une idée précise des évolutions des différents marchés une fois définies les prévisions macroéconomiques .

Vendeur ou gérant

Souvent étiqueté comme la vitrine intellectuelle de l’établissement, et à ce titre centre de coût, le service d’études économiques a évidemment son utilité en interne. Pour la salle des marchés bien évidemment, mais également au niveau plus stratégique de la gestion actif passif de la banque. Elle l’est de plus en plus en externe, la Recherche faisant partie intégrante du processus de vente par exemple, et la qualité des analyses étant un atout non négligeable.

Cette proximité avec d’autres métiers de la banque n’est pas pour autant synonyme de mobilité interne. L’an dernier, un jeune économiste a néanmoins réussi à intégrer la salle des marchés en tant que vendeur. Il peut s’avérer nécessaire de suivre au préalable une formation technique. Cela étant, la compréhension de l’environnement macro-économique et la capacité à analyser rapidement les implications des statistiques de marché peuvent constituer des atouts. Pourvu d’être plus prosaïque qu’on a pu l’être dans le passé , estime Evariste Lefeuvre. Par atavisme, un économiste reconverti dans la vente sera plus à l’aise sur les produits de taux ou structurés que sur les actions, qui relèvent d’un univers moins connu. La gestion d’actifs pure peut également offrir des voies de sortie. Toutes choses égales par ailleurs, la bonne connaissance de la macro-économie constitue un avantage comparatif. Il faut néanmoins être capable de prendre des décisions opérationnelles et surtout pouvoir déléguer les questions d’allocation sectorielle, notamment pour la gestion action ou obligataire .

Augmenter son bonus

A niveau de séniorité égale, l’intérêt des deux reconversions précitées sera également financier. A un niveau de bonus de 25 à 40 % du salaire brut dans le cas d’un économiste, il peut aisément atteindre les 100 % les bonnes années dans le cas des postes opérationnels, avec la différence principale que les bonus des premiers sont fonction de la performance globale de la banque avec un certain niveau d’indice, et que les bonus des seconds sont liés à la performance sur objectifs des desks, par nature plus volatile.

Dans la même veine, mais demandant une expertise plus technique, la gestion actif passif peut faire appel à l’expertise des économistes sur les questions de courbe des taux d’intérêt, de sensibilité des postes du bilan à l’inflation… Et pour ceux qui auront développé de fortes compétences en techniques quantitatives, les postes, rares, de stratégistes actions, peuvent s’ouvrir. Et si rien de tout cela est disponible, trouver un poste de professeur peut constituer un retour aux sources. Il est plus fréquent d’être intervenant dans les universités ou les écoles, mais cela n’implique guère de repositionnement de carrière , conclut Evariste Lefeuvre.

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