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Les nouveaux métiers de la banque

Product manager, inspecteur quant, compliance officer… Les nouveaux métiers et appellations de postes fleurissent (et disparaissent) au rythme des besoins des marchés financiers et de la réglementation. Si la durée de vie de ces nouveaux postes est incertaine, ils répondent aujourd’hui à une exigence du moment de spécialisation accrue.

Nombre de ces nouveaux métiers entrent dans deux catégories : celle des métiers liés aux marchés financiers et à l’asset management dont l’apparition est le plus souvent due à la grande technicité et volatilité des marchés, et celles des postes traitant de la réglementation bancaire toujours plus changeante et complexe.

Une hyperspécialisation des équipes

Pour Johan Brucale, responsable de la division City et Retail au sein du cabinet de conseil spécialisé Michael Page International, certains métiers liés à l’asset management et aux marchés financiers ont émergé ; la conséquence : une complexité croissante des produits proposés. Compte tenu de la créativité des marchés, les institutions financières doivent trouver des personnes en mesure de créer de nouveaux produits et de structurer l’offre. En parallèle, il leur faut également de nouveaux vendeurs capables de vulgariser ces techniques et produits complexes .

Un exemple type de nouveau poste émergent depuis un an : le product manager . Le rôle du product manager est de développer, promouvoir et gérer des produits d’investissement financier pour une clientèle institutionnelle. Il a une double mission. D’une part, travailler en interne en partenariat avec les forces commerciales et les gérants à l’adaptation de l’offre produit en partant d’une analyse détaillée des besoins de la clientèle. D’autre part, entrer en contact avec les clients afin de leur présenter les nouveaux produits et les technique utilisées.

Le product manager s’assure que l’offre répond aux exigences du client. Il explique la stratégie du gérant et les différents types de produits à la clientèle institutionnelle tout en participant en interne aux appels d’offres montés pour les grandes structures. Il est donc une interface importante , précise Johan Brucale.

Suivant la même tendance, des vendeurs hyperspécialisés se multiplient. Les sales doivent suivre au plus près les besoins de la clientèle et l’actualité du domaine dans lequel ils travaillent, d’où l’hyperspécialisation , ajoute-t-il.

Parmi ces équipes spécialisées, certaines dédiées aux produits dérivés de crédit et aux produits structurés. D’autres équipes voient le jour : avec le nouveau mécanisme de distribution d’actions gratuites dont le régime remplace le plan de stock-options, des postes axés sur ces types de produits émergent , explique Johan Brucale.

Contrôle des risques

De nouveaux postes se sont également développés dans le domaine de la réglementation. Le contrôle interne avait déjà révélé son importance avec la multiplication depuis une dizaine d’années des compliance officers dont la mission consiste à contrôler que les établissements financiers opèrent conformément aux lois, règlements et code de déontologie applicables. Plus récemment, on a dû répondre à une demande importante de déontologues de la part des sociétés de gestion, en raison des contraintes réglementaires imposées , précise Carole Jean-Baptiste, consultante senior au sein de Robert Half et spécialisée dans les métiers de la banque de financement et de la gestion d’actifs.

On assiste également à la spécialisation des inspections bancaires, mouvement accéléré par une réglementation de plus en plus contraignante. Il existait déjà des inspecteurs généralistes et informatiques. On a vu apparaître des inspecteurs quantitatifs dont le rôle est en particulier de vérifier et d’évaluer les modèles utilisés sur les tables , explique Johan Brucale. Il s’agit donc de nouveaux micro marchés.

Même constat pour Carole Jean-Baptiste pour qui le contrôle des risques constitue un des secteurs clé de cette nouvelle année. Les sociétés n’avaient pas beaucoup embauché dans ce domaine depuis 2001. Or, il existe depuis six mois un véritable appel d’air sur les métiers du risque opérationnel et du risque analyse-crédit, conséquence directe des contraintes réglementaires accrues de Bâle II.

Profils seniors recherchés

Si ces nouveaux métiers peuvent intéresser les juniors, ils sont pour le moment le plus souvent réservés à des professionnels plus expérimentés. Sur les nouveaux métiers liés à la création de produits, les banques cherchent des candidats ayant déjà de l’expérience. De même, les métiers liés à la réglementation exigent une triple culture : equity, dette et réglementaire. Seul un candidat ayant déjà eu deux à trois postes peut par conséquent répondre à cette exigence , explique Johan Brucale.

Les profils recherchés en contrôle des risques ne sont pas des moindres : des compétences techniques et mathématiques élevées sont requises. Pour Johan Brucale, le recrutement de ces nouveaux candidats doit être mis en parallèle avec le recrutement passé de candidats spécialisés en mathématiques et dédiés à la création de nouveaux modèles et produits : les inspecteurs, véritable contre-pouvoir , doivent donc avoir un niveau technique au moins équivalent.

Pour les métiers liés à la modélisation et au contrôle des risques, on privilégie les profils matheux, les jeunes ingénieurs ou statisticiens avec une formation le plus souvent en école de type X, ENSAE, Centrale etc… , précise Carole Jean-Baptiste. Pour elle, il s’agit d’un phénomène plutôt nouveau : les candidats étaient dans le passé moins matheux mais le niveau de difficultés en matière de méthodologie et de modélisation est seulement accessible aux aux professionnels quant .

Sur ces nouveaux métiers, certains recruteurs affirment ne pas avoir assez de recul pour chasser des candidats avec 2 à 3 ans d’expérience. Le recrutement se fait donc le plus souvent en interne. Quant aux salaires, ils dépendent bien entendu de la rareté des compétences mais il ne faut hélas pas s’attendre à des rémunérations très supérieures à celles des postes dits plus traditionnels. Sur les métiers du contrôle de risques, Carole Jean-Baptiste souligne que les salaires des professionnels de la création de modèles financiers restent supérieurs à ceux des contrôleurs.

Quel avenir ?

Dans la mesure où ils répondent à une urgence du moment, il est à parier que l’on va assister à une rotation importante de ces métiers. De nouveaux métiers émergeront donc, suivant la créativité des marchés. Pour Johan Brucale, les marchés sont un véritable accélérateur de temps. Une heure là bas n’a rien à voir avec une heure dans la vie réelle . Rien d’étonnant donc à ce que les évolutions soient aussi rapides.

Carole Jean-Baptiste parie cependant sur l’avenir des métiers du contrôle des risques et de l’hyperspécialisation. En banque, l’hyperspécialisation, que ce soit en front office ou en fonction support est une tendance lourde. En la matière, les banques françaises ont du retard sur les anglo-saxonnes mais le mouvement amorcé s’accélère.

commentaires (1)

Comments
  1. Je trouve ça très bien mais qu’est ce qu’on peut faire avec un diplôme d’Actuaire et surtout en Italie?

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