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Et si en 2012, vous faisiez carrière dans la finance à l’international ?

La dégradation d’un cran du triple AAA de la France par Standard & Poor’s pourrait fort bien être pour certains professionnels de la finance tentés par l’expatriation la goutte d’eau qui fait déborder le vase et leur donner envie de passer à l’acte. Mais reste encore à choisir la bonne destination, le bon secteur et le bon poste auquel postuler, autant d’informations difficiles à glaner si vous n’êtes pas déjà sur place.

C’est pourquoi CFA France, association membre du CFA Institute, qui organisait lundi 16 janvier une conférence sur la mobilité internationale dans les métiers de la finance à l’Université Panthéon-Sorbonne (avec qui elle vient de signer un partenariat avec le fameux Master2 Banque et Finance dirigé par Christian de Boissieu), a réuni pour l’occasion des chasseurs de têtes. Loin des clichés habituels, voici leur analyse de l’état du marché du recrutement dans différentes places financières à travers le monde. Faites votre choix…

Les places limitrophes : Londres, Genève, Luxembourg, Monaco

« Londres est un marché en dents de scie, le turn-over, toujours très important, suscitant toujours quelques opportunités malgré la crise, notamment pour les vendeurs dans les métiers de flux. Depuis peu, la place est moins attractive sur le plan financier (taxe sur les salaires, bonus en baisse) et les métiers liés au financement sont désertés », explique Odile Couvert, co-fondatrice du bureau parisien d’AMADEO Executive Search.

« Genève est un marché caractérisé par la prédominance de la Banque Privée et l’essor des Hedge Funds. Très dynamique depuis 4 ans, il est peu affecté par la crise. La demande de compétences est toujours soutenue, pour des postes de recherche économique, stratégie de marché mais également de gestionnaire crédit et actions. La maîtrise de marchés émergents tels que l’Afrique francophone ou le Middle-East est un plus mais les besoins sont aussi élargis aux fonctions marketing et risques/contrôle. Par contre, la culture ingénierie/structuration est quasiment absente », ajoute cette spécialiste des services financiers, de la banque d’investissement et des marchés financiers.

« Monaco et Luxembourg continuent à recruter, pour structurer des activités (gestion privée, crédit, compliance) ou renforcer des pôles déjà établis (ingénierie fiscale et financière, administration des fonds, dépositaires). Luxembourg en particulier se développe mais peine à attirer et à retenir les profils seniors qui jugent la ville peu attractive sur le plan climatique et style de vie », poursuit-elle.

L’Asie vous tend les bras : mythe ou réalité ?

C’est la question que pose Raphaël Czuwak, associé chez Egon Zehnder International, qui distingue trois grands marchés : « Tokyo, une place mature où les opportunités sont aujourd’hui peu nombreuses. Singapour, où la guerre des talents dans la Banque Privée fait rage dans un cadre politique stable et très attractif sur le plan fiscal et du secret bancaire. Enfin, Hong Kong, la place la plus dynamique actuellement en matière de recrutements pour la gestion institutionnelle. Shanghai commence à compter mais les flux d’expatriation dans le secteur financier restent modestes ». A noter également un marché naissant du côté de Kuala Lumpur, avec des compétences spécifiques (risques, opérations…).

« En Asie, particulièrement à Singapour et Hong Kong, les projets de développement sont multiples […] On assistait encore récemment à des projets de recrutement d’équipes entières. Toutefois, des premiers signes d’inquiétude semblent poindre depuis la rentrée de septembre, alimentés par la menace d’une globalisation de la crise, qui pourraient ralentir les flux d’embauche dans les prochains mois. A noter que Singapour envisage d’instaurer des quotas d’étrangers par type de fonctions », complète notre spécialiste en gestion d’actifs, assurance et gestion privée.

Etats-Unis : l’American dream aurait-il du plomb dans l’aile ?

« Le secteur de l’investment banking aux Etats-Unis est en pleine restructuration. L’enveloppe de licenciements annoncée (50 000, en particulier chez HSBC, Bank of America, UBS et Nomura) est certes moins élevée qu’en Europe (110 000), mais certains métiers sont en phase de décroissance nette sous l’impact de la conjoncture mais également des réformes réglementaires : trading pour compte propre (equity et fixed income), structuration de produits exotiques, dérivés OTC », constate Florence Soulé de Lafont, responsable de la Practice Services Financiers et Immobilier pour le bureau parisien de Boyden Global Executive Search.

Et de poursuivre : « Les relais d’emploi se situent aujourd’hui du côté de quelques banques régionales (offrant du crédit et des produits d’assurance) et les spécialistes du conseil financier et de la gestion privée sont toujours prisés. A noter que les autorités de contrôle (SEC, FDIC…) recrutent massivement et que d’autres marchés, comme le Brésil, étoffent leurs compétences en Fixed income, Forex, Primaire actions ».

Dubaï et Pays du Golfe : le nouvel eldorado, vraiment ?

« La presse en a fait le nouvel eldorado des financiers. Pour autant, les recrutements semblent gelés depuis peu dans la plupart des banques à Dubaï et dans les pays du Golfe. C’est le cas notamment pour les banques internationales actives ces dernières années dans la région (HSBC, Standard Chartered) », indique Florence Soulé de Lafont.

« Dans le Golfe, ce sont les banques locales ou celles les plus impliquées dans les projets de développement locaux qui sont à même d’embaucher, en particulier des products spécialists, des experts en trade finance ou project finance, et bien entendu des banquiers privés avec un carnet d’adresses étoffé dans la région », ajoute-t-elle.

Statistiques internes eFinancialCareers du 1-12-2010 au 30-11-2011

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