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OPINION : Le bon vieux temps reviendra

Ces temps-ci, les bonnes nouvelles ne se bousculent pas à Wall Street : des emplois sont supprimés à droite et à gauche, les bonus des banquiers et traders encore en place sont minuscules, et la peur semble être le sentiment qui prédomine. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose à y faire. Mais pour ceux qui arriveront à survivre dans cet environnement particulièrement hostile, mon petit doigt me dit que la récompense qui arrivera un jour – peut-être pas tout de suite mais un jour – sera conséquente.

Ironie du sort ? C’est depuis l’apparition de la crise financière en juin 2007 que la demande pour ce que Wall Street sait faire de mieux – à savoir lever rapidement et efficacement des capitaux partout dans le monde là où c’est nécessaire – est devenue de plus en plus forte, et ce au moment même où Wall Street n’était plus en mesure d’y répondre.

Pas même l’injection de milliards de dollars de nouveaux capitaux de la part du gouvernement américain n’a convaincu les banques de revenir à leurs pratiques normales en matière de prêts. Quant aux marchés de titres – obligations à haut rendement, dettes, actions préférentielles, introductions en Bourse, sans parler des horribles CDO (collateralized debt obligations) -, ils sont complètement moribonds.

Mais jusqu’à preuve du contraire, les besoins en capitaux des sociétés n’ont pas diminué. Et c’est là que réside l’espoir de voir réapparaître ce pour quoi Wall Street est faite. Une fois que les banquiers et traders auront surmonté leurs craintes actuelles et commenceront à trouver les capitaux dont leurs clients ont besoin, l’hypothèse d’un retour à la normale sera envisageable.

Pour le moment, une petite fraction de la demande en capitaux est satisfaite par des acteurs de petite taille comme des banques régionales de même que certains fonds spéculatifs ou de capital investissement qui peuvent trouver des capitaux et se rémunérer dessus. Sur ce point, les banques de Wall Street réaliseront une fois de plus que prêter de l’argent peut être rentable et commenceront à fournir le minimum vital au système financier.

Une remontée des émissions de dettes et d’actions, et autres signes de bonne santé des marchés des capitaux, conduiront également à une augmentation de la taille et du nombre d’opérations M&A. Une bonne nouvelle pour les banquiers M&A qui auront réussi à survivre.

Personne ne peut prédire à quoi ressemblera Wall Street demain, ni quand le business reviendra. Mais il est certain que lorsque cela arrivera, la demande refoulée pour les produits démodés qui, une fois encore, sont la spécialité de Wall Street (augmentations de capital, conseils en fusions et acquisitions) apportera de l’eau au moulin des banquiers et traders.

Après les perturbations de marché qui ont suivi le crack de 1987, le credit crunch de 1991-1992, l’éclatement de la bulle Internet en 2000 et le 11 Septembre, les banquiers et traders se plaignaient que le bon vieux temps était derrière eux et ne reviendrait jamais. Mais à chaque fois, incroyablement, les marchés sont repartis plus forts encore. Bien que là le désastre soit particulièrement étendu, je suis prêt à parier qu’une fois encore, tout cela finira par passer…

* Ancien banquier senior dans les M&A à Wall Street, il est également l’auteur de The Last Tycoons : The Secret History of Lazard Freres & Co. Son nouveau livre, House of Cards : A Tale of Hubris and Wretched Excess on Wall Street, sera publié en 2009 aux éditions Doubleday.

commentaires (7)

Comments
  1. Les societés licencient à tout va, la conjoncture est au plus bas

    Quand on entend que les bonus versés à Wall Street se montaient
    à 18 milliards de USD soit la 6e plus forte de tous les temps
    en valeur absolue, on peut se poser sincèrement la question de savoir
    si ces gens traders ou banquiers se sentent coupables de tout ce qui se passe… et ce monsieur parle du bon vieux temps…????
    ce bon vieux temps où l’argent coulait à flot…
    et où les traders se shootaient à l’héroine peut-être.

  2. Je pense que tu ne dois pas etre un financier pour avoir un tel discours.
    Evidemment, je pense que tu dois lire les articles de presse a tout va, matraquant TOUS les financiers de corrompus et d’escrocs. Ce n’est pas une bonne ouverture d’esprit et surtout un manque de connaissances du systeme financier.
    Je pense que dans cet article, Mr COHAN parle d’un constant besoin de financement pour les entreprises, meme en periode de crise, ce qui prouve que la mauvaise periode actuelle (nombreux licenciements aux 4 coins du monde) peut sortir de l’eau.
    Faut arreter de faire l’amalgame constamment entre financiers et argent, hero…c’est totalement stupide!et enervant!
    Les systemes financiers ont en effet besoin d’une profonde refonte et d’une regulation uniforme entre toutes les places boursieres.
    Et evidemment, je trouve ca scandaleux ces traders qui empochent des sommes pharaoniques et prennent des risques jusqu’a faire couler leur banque.
    Esperons sortir vite de cette crise, et arretons les discours inutiles. Parlons “future” et nouveaux debouches pour la nouvelle generation a venir!

  3. Je pense que tu voulais dire “parlons futur” et non pas “parlons future”…. a moins que tu ne sois trop financier pour parler futur et que tu ne parles que de futures….

  4. ne verser des bonus que. Pour les traders gagnants et rien pour les autres comme cela fût parfois le cas ..a gerber

  5. Je fais partie des traders action et dérivés dynosaures qui ont vécu toutes les crises depuis 87sur le terrain sauf la dernière. Chaque crise a sa spécificité, la derniere est cataclysmique.
    Personnellement je crois que la finance n’a pas fini de faire son mea culpa, pire je crois qu’elle refuse de voir les choses en face. Le modèle de développement et les politiques de recrutement des salles de marché de ces 8 dernières années sont à revoir en profondeur sans quoi toute reprise ne pourra être durable! Les mêmes maux reviendront.

  6. A mon sens, tant qu’il y aura des cons. euh des Cohan, qui par rhétorique feront croire, que le système s’autorégule et que par essence le système est sain, les mêmes causes produiront les mêmes effet, jusqu’à l’abysse.
    L’illusion est là, il ne faut pas chercher dans un autre maillon de la chaîne (tel que le recrutement) c’est dans la gouvernance et son système de pensée (égocentrique et cupide) que naissent les maux, mais c vrai le XXI eme siècle sera machiavélique ou ne sera pas, la finance discipline noble par essence est corrompue, malheureusement

  7. je pense que qu’il faut arréter de tout mélanger. comparons ce qui est comparable,
    le point de départ de la crise : l’argent pas cher (i.e spread de crédit anormalement pas pendant plusieurs années entrainant une augmentation anormale du prix des actifs sans que le salaire de Mr tout le monde ne suivent (1er anomalie) mais tant qu’on arrive à faire du crédit pas cher et pour tout le monde même pour les pauvres et surtout qu’on arrive à transférer le risque sans qu’il ne soit pris en compte dans les ratios réglementaires ‘augmentation des engagements des banques) : jusqu’ici tout va bien.
    Rajouter du leverage par ici ou par-là, un bon polytechichien pour dire que selon la loi normale et la variance covariance de l’analyse sotchiassetique (relire il y a un jeu de mots) il n’ya que 1 % de chance que je soit en défaut sur la dette mezzanine et de bon agents immobilier pour surrévaluer des bien donc créer encore un peu plus de dettes (faut bien consommer) titrisons titrisons çà ne pourra que monter…(comme le pétrole)
    Cependant, le black swan arrive et là 1 2 3 défaut , adieu Bears Stears et Lehmann,…

    Conclusion : Messieurs les ministres arrêtons les conneries et

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