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Les professionnels de la BFI ont de quoi être inquiets pour 2012

On se doutait que l’année qui vient de s’écouler n’allait pas être un bon millésime pour les banques françaises. Alors que ces dernières ne publieront leurs résultats annuels qu’à la mi-février, des informations filtrent déjà. Notamment chez BNP Paribas qui, malgré un quatrième trimestre bénéficiaire, accusera une « baisse sensible » de ses résultats sur l’ensemble de l’exercice, a indiqué son président Baudouin Prot lors d’une interview sur BFM Business, confirmant que les bonus accordés au top management (y compris le sien) et aux équipes opérant sur les marchés des capitaux seraient eux aussi en « baisse sensible ».

Chez Société Générale, on se projette encore plus loin. « SG CIB anticipe pour 2012 une baisse significative de ses revenus par rapport à 2011 avec notamment un surcoût lié au financement et à la réduction du bilan », écrit la banque dans un document interne de plus de deux cent pages dont Reuters a obtenu une copie. SogGen qui a remanié le mois dernier la direction de sa BFI et prévoit de supprimer 880 postes en France dans ces activités, veut également supprimer 5 % de ses dépenses dites « discrétionnaires », à savoir notamment les dépenses téléphoniques, les dépenses de voyage ou les achats de données de marché.

Tout un modèle à repenser

L’époque faste où les banques d’investissement pouvaient dégager de gros profits sans risque sur leurs activités de trading sur les marchés de taux fixes est révolue et il va falloir revoir en baisse les perspectives de profits du secteur, soulignent les analystes d’Exane BNP Paribas. « Toute la période 2001-2007 doit être considérée comme une période exceptionnelle et non représentative de l’histoire des marchés financiers, où il apparaissait possible (à tort) de réaliser des profits importants et sans risque, écrivent-ils. De notre point de vue, dans l’environnement actuel, il devrait y avoir un retour à la “bonne vieille règle générale” qui veut que le trading couvre les coûts, tandis que les marchés des capitaux et l’activité de conseil dégagent les profits ».

D’autres réclament carrément un « Glass-Steagall Act » à l’européenne, comme le commissaire européen Michel Barnier qui a annoncé la création d’un groupe de travail chargé de lui rendre, d’ici à la mi-2012, un rapport sur la séparation des activités de banque de détail de celles de banque d’investissement. Le modèle de banque universelle, si cher aux établissements français, vit-il ses dernières années ? Pas si sûr. « Une banque se doit aujourd’hui de présenter une offre globale, objecte Baudouin Prot. On ne peut plus servir la clientèle des entreprises sans combiner une offre de financement et une offre de marché ». Un Glass-Steagall européen serait d’autant plus pénalisant pour les établissements du Vieux Continent que les banques américaines, elles, n’ont pas hésité à reconstituer depuis la crise de 2008 des mastodontes, en banque de détail et en activités de marchés (La Tribune.fr).

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