OPINION : Soit c'est la fin du capitalisme... ou bien juste le mois d'août

eFC logo

Aujourd'hui, je sais que la situation actuelle n'est pas bonne mais je pense que la morosité ambiante est quelque peu exagérée. À en croire les médias, nous allons tous être licenciés d'une minute à l'autre et tout va s'effondrer, à l'exception de l'or, des cartouches de chasse et des boîtes de conserves. J'ai une autre explication : nous sommes au mois d'août et tout le monde, mis à part quelques journaleux mécontents avec des articles à écrire, est parti en vacances.

Pas la peine de revenir sur ce qui se passe [je n'appellerai pas cela une crise car il me semble avoir vécu suffisamment de crises, d'inondations et de cygnes noirs au siècle dernier pour comprendre combien ce terme est particulièrement galvaudé...]. Assurément, nous avons des problèmes économiques structurels.

Les gars de Standard & Poors ont finalement montré qu'ils avaient les pieds sur Terre en faisant prendre conscience au monde entier que même une superpuissance économique se devait de vivre en fonction de ses moyens (ou du moins ne pas avoir recours à un mécanisme que des politiques doivent réinitialiser tous les trois ans). Ainsi les États-Unis n'ont plus leur triple A. Quelle surprise! Mais cela a-t-il vraiment de l'importance?

En comparaison, l'Europe a bien d'autres chats à fouetter (surtout si vous êtes Allemand!):il lui faut comprendre que dans une tribu, le plus fort doit défendre les plus faibles si elle ne veut pas se faire dévorer par les loups, affaiblissant ainsi l'ensemble. Émettez des euro-obligations... avant d'être mangé tout cru par les disciples de Soros.

Sur le front de l'emploi (nous sommes sur un site d'offres d'emploi, après tout), croyez-vous vraiment que même si 50000 personnes perdaient leur emploi dans l'industrie financière au cours des cinq prochaines années, elles ne retrouveraient pas de travail? La presse voudrait vous faire croire cela pour faire augmenter les tirages. En réalité je ne connais personne qui, ayant été licencié ces cinq dernières années, n'a pas réussi à trouver un autre job à la City voire ailleurs (le plus souvent par choix).

La triste réalité est que quiconque a survécu aux rigueurs de la vie à la City pendant un certain temps ne fera qu'une bouchée d'un chercheur d'emploi moyen issu du monde réel. Les emplois vont et viennent, mais pour être réaliste, quiconque était suffisamment bon pour décrocher et garder un emploi de choix à la City, trouvera toujours quelque chose à faire, mais pas nécessairement au même niveau qu'avant. [Je suis sûr qu'il existe des exceptions tragiques infirmant mes propos, mais je parle d'après mon expérience.]

Sommes-nous vraiment surpris de voir la liquidité se réduire et les marchés s'effondrer? Est-ce la fin du capitalisme, ou simplement le mois d'août pendant lequel la plupart des spéculateurs sont sur la plage en train de dorer la pilule? J'opterai pour la deuxième solution. Les effets saisonniers sur les marchés sont facilement explicables (théorie de Bouman et Jacobsen, 2002) et on les observait déjà au 17e siècle. Alors pourquoi sommes-nous surpris quand les marchés se montrent volatils pendant les mois estivaux?

Mon pressentiment, c'est que les choses iront beaucoup mieux dans quelques semaines voire quelques mois. Certes, nous pouvons être dans une mini-récession, mais est-ce pour autant la fin du monde? Permettez-moi d'en douter.

Une dernière prédiction : les gens vont perdre leur emploi en 2011; 2012 sera une année difficile pour l'économie mondiale et donc pour les salariés ; 2013 connaîtra une nouvelle vague de recrutements telle qui ressemblera à celle de fin 2009 et 2010, les institutions financières recommençant un tour de manège... comme elles l'ont toujours fait.


L'auteur travaille dans la City et observe les récurrences des cycles économiques et de marché depuis plus de 25 ans.

Secteurs les plus recherchés

Loading...

Recherche emploi

Rechercher articles

Close