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Les PERDANTS de 2011 en France

plongee

Banque d’investissement

La grande perdante de l’année 2011 est sans conteste la banque de financement et d’investissement (BFI). Dans leur rapport annuel sur l’état du secteur de la banque d’investissement publié en mars 2011, Morgan Stanley et Oliver Wyman avaient annoncé la couleur : des coupes énormes à prévoir dans les back et middle office.

Un temps épargnées par les annonces de suppressions de postes qui touchaient les grandes banques anglo-saxonnes et européennes, les banques françaises, rattrapées par la crise de la dette, ont dû se résigner à leur tour à tailler dans leurs effectifs. Sur les 1 400 postes en BFI qui doivent être supprimés dans le monde chez BNP Paribas, près de 400 le seront dans l’Hexagone. À la Société Générale, un plan social vise plusieurs centaines de personnes dans SG CIB et ses fonctions support en France et à l’étranger. Enfin, Crédit Agricole s’apprête à supprimer 2 350 emplois dans le monde, dont 850 en France. C’est la division banque d’investissement, CA CIB, qui sera la plus touchée avec 1 750 postes concernés dans le monde, dont 550 en France.

Chez BNP, les activités les plus touchées sont les financements structurés et les fonctions support, qui représentent 70% des suppressions de postes annoncées en France. Chez CA CIB, la voilure est réduite dans les produits structurés et autres dérivés actions. Chez SocGen, en plus des activités de marché, les départements qui devraient le plus souffrir sont le financement des activités de transport maritime et d’aéronautique, le financement de l’immobilier dans le monde, le financement LBO aux États-Unis et en Asie, ainsi que les activités bancaires en dollars en raison du renchérissement du financement de la banque dans cette devise. Idem chez BNP Paribas, où l’intégralité de l’activité financière liée au dollar devrait être franchement réduite et les activités de financement du secteur aéronautique et du shipping (filière navale) prioritairement étudiées.

Gestion d’actifs

2011 aura été une année en demi teinte pour la gestion d’actifs. Les semaines de tempête boursière des derniers mois n’ont pas été de nature à favoriser les appétits des sociétés de gestion en matière de recrutement. L’année avait pourtant plutôt bien commencé : les grands groupes, sur le point de finaliser leur restructuration et leur organisation, avaient identifié de nouveaux besoins et relancé progressivement les embauches. Nombre de sociétés françaises s’étaient fixées de nouvelles ambitions, notamment à l’international ; les mouvements commençaient à entraîner des appels d’air…

« Les premiers mois de 2011 ont été favorables à très favorables pour le secteur. On est passé de recrutements de nécessité à des recrutements d’investissement et de développement. Cette année sera meilleure que 2010 », note Raphaël Czuwak, associé au sein du cabinet de recrutement à Paris. Les recrutements se sont surtout faits à la faveur des fonctions commerciales (plutôt seniors) et de gestion (fixed income surtout, et equities dans un second temps). « C’est sur la grande clientèle institutionnelle que la demande est la plus marquée », précise ce spécialiste.

Mais avec l’annonce en fin d’année de BNP Paribas concernant la suppression de 279 postes supplémentaires dans sa filiale de gestion d’actifs BNP Paribas Investment Partners, dont 91 en France, le secteur est redevenu particulièrement tendu. Pour justifier cette mesure, Baudouin Prot a évoqué la baisse des revenus du pôle, la baisse des marchés, la forte concurrence et la réglementation accrue. Ces suppressions d’emplois ne constituent donc pas vraiment une surprise et pourraient bien faire tâche d’huile dans d’autres établissements bancaires.

Profils « atypiques »

Depuis l’aggravation de la crise, la « tentation du clonage » en matière de recrutement ne semble jamais avoir été aussi forte. « Finie l’époque où les banques exploraient des “gisements de compétences méconnus en se tournant vers des diplômes universitaires moins en lien direct avec la sphère financière », rappelle Jean-Paul Brette, directeur du département Banque-Finance-Assurance chez Hudson.

« Nous préférons recruter dans les écoles bien classées dont le cursus rassure nos clients », confirme Isabelle Grevez, directrice du recrutement chez PricewaterhouseCoopers. Mais c’est surtout dans la banque que la pratique est la plus développée. « Les banques ont tendance à être hyper-structurées, normatives, et il n’y a pas vraiment de place pour la passionexplique Alexandre Bonin, directeur associé du cabinet conseil en recrutement Alternative Search, spécialisé dans la Finance IT. Il n’est pas certain que le secteur financier soit perçu comme passionnant, notamment par les représentants de la Génération Y en quête de développement personnel ».

« Le comportement des entreprises a de quoi en décevoir plus d’un. Elles cherchent souvent un clone de la concurrence ou un passe muraille qui s’intégrera avec un enthousiasme infini dans leur culture si attrayante »déplore Sophie Péters, éditorialiste à La Tribune. Autre écueil de cette pratique : embaucher des candidats surdimensionnés, c’est courir le risque qu’ils se démotivent rapidement et donc qu’ils aient envie de partir ailleurs, ce qui génère un coût dès lors qu’il faut les remplacer.

commentaires (1)

Comments
  1. C’est quand même étrange de vouloir absolument reproduire les mêmes schémas, alors même que l’expérience montre que ça ne fonctionne pas. Recruter dans des écoles bien classées ? N’est-ce pas ce qui est fait depuis bien des années déjà ? Pourtant ….

    Enron ? la crise de 2008 ? Crise de la dette ? Les principaux acteurs étaient diplômés de quelles écoles ? Les financiers qui ont créé les produits structurés aujourd’hui qualifiés de toxiques ? Ils sortent d’où ? Et ceux qui les ont analysés et leur ont donnés les meilleures notes pour la qualité de leurs actifs ? Vous me direz “Rooh toujours la même rengaine” mais c’est tellement vrai …

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