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L’analyse technique : faut-il y croire ?

Un analyste financier doit-il maîtriser les arcanes de l’analyse technique ou graphique (charting) ? Professionnels et Universitaires ne sont pas sur la même longueur d’onde.

L’analyste financier utilise le plus souvent l’analyse fondamentale, basée sur la réalité économique de l’entreprise. Pourtant, l’analyse technique qui, elle, se focalise sur l’étude des cours et des volumes passés d’une valeur, semble de plus en plus appréciée dans les salles de marchés.

Utilisée depuis longtemps chez les anglo-saxons, où elle est sanctionnée par des diplômes comme le CFTe (Certified Financial Technician) et le MFTA (Master of Financial Technical Analysis), cette technique a pourtant longtemps été reléguée au rang de gadget dans l’Hexagone. Aujourd’hui, elle continue de diviser.

Avis divergents

Au cours du dernier jeudi de la finance organisé par le pôle trading ESLSCA (troisième cycle) autour du thème Comment l’Analyse Technique peut elle se réconcilier avec les analystes fondamentaux et l’analyse financière ? , les échanges ont été vifs entre les intervenants. Extraits :

Patrick Piget, Maître de Conférences à Paris I Sorbonne : Pour nous, universitaires, l’analyse technique, c’est un peu de l’astrologie. Les tests économétriques, pourtant réalisés par des prix Nobels de l’Economie, afin de prouver son efficacité n’ont rien donné. Il faut bien que les professionnels de la Bourse justifient leurs honoraires ! .

Gérard Sagnier, directeur de l’activité Analyse Technique chez Crédit Agricole Asset Management : L’analyse technique repose sur des bases psychologiques. On ne peut donc mesurer son efficacité. Elle n’a pas vocation à prévoir l’avenir mais simplement à savoir où est-ce que l’on peut perdre le moins pour gagner le plus. Parce qu’elle colle plus au marché, l’analyse technique permet plus rapidement de définir un point de perte .

Antoine Nodet, vice-président de la Société Française d’Analyse Financière (SFAF) : L’analyse fondamentale, qui consiste à savoir comment ça fonctionne, est parfois très longue. Trop longue, alors que l’analyse technique permet de synthétiser. De toute façon, il n’existe pas de méthode d’analyse infaillible. L’important dans ce métier n’est pas de briller mais de durer. L’analyste ne doit pas rester dans son coin : le fait de se rapprocher des vendeurs permet d’ écouter le marché . De manière générale, un analyste financier doit avoir des capacités de synthèse, d’analyse, littéraires, être curieux et capable de se remettre en question .

commentaires (12)

Comments
  1. L’analyse technique est complémentaire à l’analyse fondamentale (50-50 pour moi).

    L’analyse technique marche tout simplement car beaucoup d’acteurs sur les marchés financiers l’utilisent ==> effet de masse.

    ex: un support est franchi à la baisse ==> tout le monde vend le titre, ce qui amplifie la chute du cours, et ainsi l’analyse technique se vérifie!

  2. L’analyse technique trouve clairement une grande part de son fondement dans le phénomène d’autoréalisation et les comportements mimétiques des investisseurs.

    Bien que décorrélés a priori des variables fondamentales, ces phénomènes, qui n’en restent pas moins rationnels, sont à prendre en compte dans une analyse globale car ils constituent une partie explicative non négligeable du facteur commun (de marché).

    Cela dit, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l’évolution des cours dont la tendance trouve d’abord son explication dans des variables fondamentales qu’elles soient spécifiques, sectorielles ou structurelles…

    En conclusion, l’utilisation de l’analyse technique se justifie avant tout pour l’investissement très court terme (1 j à 6 m) mais ne pourra jamais se substituer à l’analyse fondamentale.

  3. Bonjour, l’analyse technique fonctionne égalemment bien (je dirais même mieux) sur les horizons moyen et long terme. Les cycles des marchés bear/bull sont visibles sur les charts mensuels de 2001-2007 aors que tous les experts non chartistes n’ont à chaque fois rien vu venir.

  4. L’analyse technique n’a pas vocation à remplacer l’analyse fondamentale. Ellle permet surtout de determiner un timing bcp plus precis ainsi que des points d’entrée et de sortie.
    Associée aux techniques de money management, l’analyse technique complete parfaitement l’analyse fondamentale qui a une vocation à plus long terme. => Arretons de vouloir les opposer et de chercher à prouver la supériorité de l’une par l’apport à l’autre. Considérons les comme des outils complementaires!!!!

  5. Tout a fait d’accord avec Hubert, dans le monde la gestion d’actifs, l’analyse technique permet d’optimiser son money management mais aussi parce que tout le monde la regarde faire du trading opportuniste. Elle est de plus en plus utilisée chez les gérants car très utile au money management, elle l’est de moins en moins chez les prop traders car de plus en plus axés sur le fondamental…
    Bref, les gérants deviennent de plus en plus des traders et les traders de plus en plus des analystes… Ce que je trouve étonnant car le trading ne devrait pas se faire sur du fondamental pre-event mais plus sur de l’AT couplé à une dose de fondamental…

  6. Bonjour, la chute d’un cours ne s’explique pas seulement par une dégradation des fondamentaux ; d’autres paramètres sont à prendre en compte (éfficience des marchés, mimétisme…).
    Le Chartism a lui seul n”est pas en mesure d’expliquer tous les phénomènes financiers.
    L’analyse fondamentale et l’analyse technique sont plutôt complémentaires. D’ailleurs la plupart des analystes combinent les deux ; l’un n’exclue pas l’autre.

  7. Back to basics :
    1) Charts analysis is only a part of technical analysis
    2) Financial analysis (of a income statment of a company) is only a part of fundamental analysis
    3) Technical analysis versus Fundamental analysis : Who wins ? Just follow the track records of the absloute return leveraged funds

  8. Ces commentaires restent léger sur la base du sujet vaste de l’analyse technique…la vérité pour ma part est bien différente du consensus général analyse technique=efficacité court terme : elle est particulièrement judicieuse sur l’analyse des cycles et des tendances long terme mais reste difficile à réalisée.
    Ce n’est pas l’analyse technique qui divise ce sont les analystes techniques or dans ce domaine on rencontre énormément de ‘bouffons” qui s’improvisent analystes techniques confirmés au bout d’1 an d’expérience alors qu’ils n’ont aucune idée du money magament et des interlocuteurs à qui ils s’adressent.
    Un bon analyste technique doit etre capable de scénariser tout type de marché sur des périodes > 6 mois et allant à 2-3 ans…evidemment ca ne court pas les rues !

  9. L’analyse technique sera toujours supérieure à l’analyse fondamentale. Cessons donc de dire qu’elles sont complémentaires. L’analyse fondamentale ne sert strictement à rien, sinon à justifier les rémunérations de ceux qui en font profession (journalistes et … analystes fondamentaux).

    Naturellement, l’analyste technique sera toujours en retard sur le marché puisque sa méthode consiste à observer ce que le marché a décidé. Mais l’analyste fondamental le sera bien davantage encore !

    Cessons aussi de reprocher à l’analyse technique de ne pas pouvoir prédire le marché. En vérité, personne ne peut prédire ce que le marché va faire. L’apport de l’analyse technique est de dire si le marché va poursuivre son mouvement dans le même sens ou non.

  10. L’analyse technique est un métier à lui tout seul.

    Il faut au moins 2-3 ans d’études pour commencer à la maitriser (entre théorie et pratique)

    Mélanger l’analyse technique et l’analyse fondamentale est une erreur.

    Chaque chose doit être a sa place

    En effet la psychologie et les mathématiques sont les deux mamelles de cette méthode, mais le plus grand handicap pour un analyste technique, c’est l’analyste lui même. Si il ne sait pas être objectif, il n’arrivera à rien !

    Benjamin Graham et Warren Buffet n’en sont pas les chantres, il me semble, mais selon moi, elle vaut la peine d’être étudiée avec soin !

  11. Lorsque j’ai obtenu mon badge d’accés au Trading Floor de Toronto Stock Exchange, j’ai vite compris que l’investisseur n’avait rien n’a faire avec Monte Carlo ou Black and Scholles ou la definition d’un swap de taux.

    On m’a confié 100000$ pour un debut et j’avais 20jours pour savoir si je devais rester sur le trading floor.

    L’investisseur attendait au minimum 15% de retour en prenant un risque sur ma personne car on était en période de chômage et quelqu’un d’autre aurait bien pu faire mieux que moi.

    Dans ces conditions, c’est le reflexe de survie qui domine, on doit reussir ou ne pas obtenir les capitaux nécessaires à sa survie.

    La loi était claire, ”We do not concern ourselves with the Fundamental Analysis because we do not care about accountant”.

    On m’a dit que l’on me recrutait à cause de mon historique d’IT et qu’il me fallait être bon en JAVA pour mettre en place des filtering algorithms et faire du program trading.

    On m’a dit aussi que j’avais reussi le test des 3 qualités suffissantes :

    Confidence, Focus, Discipline.

    On m’a souhaité bonne chance et on m’a dit qu’a toute seconde on pourrait me virer.

    Le loyer à Toronto coûte cher !!!

  12. J’ai eu un cours avec un trader, lui m’a dit ” pendant mes 13 ans de carrières je n’ai jamais ouvert un bouquin d’actu économique”

    Il nous a dit qu’en utlisant l’analyse technique, il y avait 70 % de chance de gagner…

    Je pense que TOUS les trades ce base sur l’analyse technique et que l’analyse fondamental est totalement dépassée ( a part sur un placement a long terme)

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