☰ Menu eFinancialCareers

Private equity : très peu d’embauches en perspective

Autant regarder la réalité en face : le secteur du non-coté (ou private equity) n’est pas en position de recruter. L’année 2003 a marqué un sérieux ralentissement avec une baisse de 44% des investissements par rapport à 2002. Quant au premier semestre de 2004, il s’annonce lui aussi sous de mauvais auspices. Dans le private equity les équipes sont très réduites, prévient Diane Segalen, du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. Les équipes de senior sont très stables. On recrute surtout des juniors, mais en général pour 2-3 ans. Difficile dans ces conditions de créer un appel d’air dans la profession. Toutefois, il convient de distinguer les structures pratiquant le capital risque ou le capital développement, de celles spécialisées dans le rachat d’entreprises par leveraged buy-out , ou LBO.

Toujours en tête du private equity français, l’activité LBO offre un tableau en demi-teinte. Le total des sommes engagées a sévèrement marqué le pas l’an dernier, de même que le montant moyen des opérations. Pourtant, les très gros deals existent, mais ils sont accaparés par de gros fonds pan-européens, et profitent donc peu aux structures françaises. En outre, la sévère concentration du secteur est peu propice aux embauches.

Autre frein important : certains portefeuilles de taille majeure sont purement et simplement en voie de liquidation. Ainsi, UI, la filiale dédiée au capital investissement du Crédit Agricole, envisage 500 millions d’euros de cessions de participations suite à la fusion avec le Crédit Lyonnais. Ce n’est pas le seul exemple. Beaucoup d’équipes dont les fonds arrivent à expiration ne lèveront pas de nouveaux fonds , avertit François Bernardeau, président de Natexis Private Oppotunities (NPO), un fonds secondaire spécialisé dans le rachat de participations.

En revanche, les rares opérateurs qui parviennent à s’imposer sur le marché très concurrentiel du LBO n’hésitent pas à recruter. C’est le cas de LBO France, qui a monté l’un des gros dossiers de l’année 2003, à savoir le LBO sur Matéris, une filiale de Lafarge. Ses effectifs sont passés de huit à quinze personnes en deux ans. Nos embauches ciblent surtout des juniors, la trentaine, spécialisés dans les montages financiers, témoigne un membre de la structure. Ils viennent en général du capital investissement ou de la banque d’affaires.

Le groupe 3i a lui aussi renforcé il y a peu son équipe parisienne dédiée aux LBO, qui compte désormais 10 professionnels. De même, chez Apax Partners, structure qui compte une trentaine de personnes, on a procédé récemment au recrutement d’un chargé d’affaires. Un autre candidat est recherché, de profil junior, la trentaine, spécialisé dans le secteur de la distribution et des biens de consommation. La situation n’est donc pas si désespérée, même si le marché est encore très étriqué.

Dans le domaine du capital risque en revanche, la profession est sinistrée depuis l’éclatement de la bulle internet. Le marché a connu en 2003 sa pire année depuis six ans et les licenciements se poursuivent. Pourtant, quelques frémissements se font sentir. Pierre Chevalier, secrétaire général d’Iris Capital (ex Part’Com), une société de gestion de fonds spécialisé dans les hautes technologies, se veut optimiste : La chute est enrayée, on est entré dans une zone de faux-plat. Certes, on est loin de l’année 1995, où un fonds sur les télécoms se créait chaque jour, mais des fonds commencent à être levés, même si on sent encore un certain attentisme des investisseurs .

Iris Capital est l’une des rares structures de capital développement a avoir levé un fonds à la fin 2003. Elle a embauché récemment deux chargés d’affaires juniors : une trentaine d’années, sept ans d’expérience et une double compétence financière et industrielle. L’un est un spécialiste des hautes technologies, l’autre est ingénieur télécoms spécialisé dans le traitement d’images , précise Pierre Chevalier.

Globalement saturé, le marché de l’emploi est devenu hyper-sélectif. Chez Natexis, dont le pôle private equity compte en tout 120 personnes, François Bernardeau voit passer de nombreuses candidatures : On voit beaucoup de jeunes tout droit sortis d’écoles de commerce. Mais la plupart manquent d’une solide expérience de terrain dans le secteur industriel. Quant aux seniors, les anciennes stars des années 90, ils n’ont plus le choix : La plupart se mettent à leur compte en créant leur propre structure dans le conseil ou l’intermédiation.

Au niveau des salaires, peu de nouveauté. Le fixe d’un junior sorti d’école est d’environ 35 à 50 K€. A 30 ans il peut espérer 75 K€ tandis qu’un senior gagnera au minimum 100 à 150 K€. Ces montants seront cependant bien plus élevés dans le secteur du LBO, dans les cabinets indépendants ou encore dans des structures anglo-saxonnes. Les salaires n’ont pas tellement bougé. La baisse se situe surtout au niveau des primes , précise un recruteur. Effectivement, les bonus -réservés aux seniors- sont désormais compris entre 50% et 100% du fixe, alors qu’ils pouvaient aller jusqu’à 150% il y a trois ans.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici