☰ Menu eFinancialCareers

Des centaines de suppressions d’emplois à venir dans la BFI de BNP Paribas

À l’occasion de la publication des résultats du troisième trimestre de BNP Paribas, son directeur général Baudouin Prot a annoncé qu’un plan de réduction d’effectifs, étalé sur dix ans, serait confirmé et détaillé vers la mi-novembre. La France sera concernée, a ajouté Beaudoin Prot, sans toutefois donner de chiffres. Au total, plusieurs centaines d’emplois seront concernés, à l’échelle mondiale et a priori plutôt dans la banque d’investissement.

Ce qui n’est pas vraiment une surprise au regard des piètres performances de la division CIB, qui affiche des revenus en fort repli (- 39,8 %) par rapport au troisième trimestre 2010. Et aucune activité n’est épargnée, depuis la division Actions et Conseil (- 44 %) au Fixed Income (- 33,4 %), en passant par les métiers de financement (- 13,6 %). A contrario, les revenus accusent une perte plus faible en Gestion d’actifs (- 10,8 %) et sont même en hausse dans les métiers Titres (+ 12,4 %) et l’Assurance (+ 5,8 %). Traditionnellement très juteuses, les activités de banque d’investissement ont été fortement touchées par la crise de la dette. Au premier semestre, la banque avait pourtant bien commencé à réduire son trading book plus rapidement que prévu, mais cela n’empêchera visiblement pas les licenciements.

Une banque encore attractive niveau bonus ?

Ceci dit, les résultats de CIB ne sont pas si mauvais comparés à d’autres banques. Son bénéfice avant impôts est en baisse de seulement 16 % sur les neuf premiers mois de l’année comparativement à la même période de 2010. Quant au fameux cost income ratio, il affiche 56,4 %, ce qui, comme le souligne la banque, est bien meilleur que ses autres concurrents. Dans ces conditions, guère étonnant que la banque ait embauché cette année. D’après des chasseurs de têtes londoniens, plus de 50 professionnels auraient été recrutés à la City dans le front office Fixed Income, parmi lesquels une dizaine de profils très seniors.

Cependant, les mêmes recruteurs expliquent que la politique restrictive la banque en matière de bonus (notamment concernant les malus ou clawbacks) a dissuadé certains de la rejoindre. Car si l’an dernier, la baisse de l’enveloppe pour les professionnels de la BFI avait été limitée à 15 %, la banque a d’ores et déjà indiqué qu’elle allait réduire le montant des bonus versés au titre de l’année 2011. Elle devrait par ailleurs durcir sa politique de bonus différés en cas de perte globale ou ciblée (dans sa division CIB par exemple). Autant de règles qui s’appliquent aux nouvelles recrues de la BFI, dont les bonus différés des anciens employeurs sont rachetés lors de leur embauche. Dans la perspective de perdre leur bonus existant, certains candidats se sont donc rétractés.

La question qui se pose à présent est de savoir si l’exposition de la dette souveraine aura un impact sur la rentabilité de certaines activités suffisamment négatif pour déclencher ces clauses de malus. Car si BNP Paribas a annoncé ce trimestre un bénéfice net en repli de 71 %, c’est surtout à cause d’une dépréciation très importante de ses titres d’Etat grecs. Dernière sortie avant l’autoroute, je vous le dis BNP Paribas n’ira pas volontairement au-delà de cette décote de 60 % sur les titres grecs , a tenu à rassurer Baudoin Prot. Mais au-delà du seul cas de BNP Paribas se pose l’attractivité des banques françaises en général en terme de rémunérations variables…

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici