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OPINION : Travailler dans la finance pour être plein aux as ? Un pari plus que risqué !

Travailler dans la finance, ça fait rêver. Avouons-le, non pas toujours parce que c’est intéressant, créatif ou fun , mais parce que la finance est synonyme de richesse dans l’imaginaire collectif.

On se souvient encore de cette facture payée par un banquier, publiée dans les journaux gratuits londoniens détaillant sa consommation et celle de ses convives dans un bar de la City : 43 000 livres sterling pour plusieurs bouteilles de Dom Pérignon et de Crystal. Le plus choquant était ce qu’ils en avaient fait : ils s’en étaient servis pour s’arroser les uns les autres à la façon des pilotes de Formule 1 ! La richesse, l’opulence, l’abondance, les costumes taillés sur mesure et les déjeuners dans les trois étoiles Michelin, on en voudrait tous.

Aussi nombreux sont ceux qui déchantent rapidement une fois le poste tant convoité décroché. Très peu de métiers mènent au gros lot. Les fonctions de front office peuvent éventuellement déboucher sur de gros salaires (traders, commerciaux, quants notamment).

Mais même là, il faut espérer avancer dans la hiérarchie pour voir son salaire sensiblement augmenter. Sauf cas exceptionnels, les juniors ne gagnent pas des fortunes. Si nombreux vivent en colocation, ce n’est pas parce qu’ils trouvent cela plus sympa !

À côté de ces postes, il y a des centaines d’autres fonctions qui certes offrent souvent une meilleure rémunération que leur équivalent dans d’autres secteurs, mais qui n’aboutiront jamais au pactole.

Surtout, il faut compter des heures interminables de travail (prouver qu’on en veut ) et supporter des frustrations spécifiques à chaque poste.

Les postes dits de support (informaticiens, auditeurs, juristes, back- et middle-office…) sont moins exposés aux objectifs chiffrés, mais les journées y sont longues. Certains subissent le courroux du front-office qui les considère comme leur petite main .
Le trader, quant à lui, passe sa vie devant plusieurs écrans, et n’a pas trop le temps de s’amuser, de voir ses amis ou sa famille. Je connais un ami trader qui travaille de 7 h à 23 h et va au bureau les week-ends.

Le commercial, lui, sort effectivement plus souvent du bureau pour inviter ses clients au resto, mais la qualité du repas ne compense pas nécessairement le stress que certains clients sont capables d’engendrer ! Car bien sûr tout est de la faute du commercial: le prix proposé par ses traders, une erreur mineure du back office, ses juristes qui n’avancent pas sur la négociation contractuelle… Bref le commercial est leur bouc émissaire (le pauvre se fait aussi souvent rembarrer en interne!).

Je suis juriste, également en contact direct avec les clients, et je confirme l’attitude parfois très désagréable de certains d’entre eux. J’ai encore en tête une conversation téléphonique avec un client français pendant laquelle il a passé 45 minutes à m’incendier, à me dire qu’on était des rigolos , que ma boîte se croyait tout permis et à reprendre chaque clause pour la rejeter comme inacceptable (alors que les contrats utilisés en la matière sont des standards de marché). Avant de s’exclamer : oh mais il est déjà midi. Je vous laisse, j’ai à faire. Je vais à la brasserie déjeuner, avec un petit ballon de rouge, pendant que vous mangerez devant votre écran votre sandwich au pudding ! .

Si on parvient tant bien que mal à supporter ces sautes d’humeur, la compétition très rude, la pression de faire du chiffre sans oublier les coups mesquins des collègues (eh oui ! tout le monde veut être le premier de la classe, quitte à faire des coups bas), on peut éventuellement espérer arriver, après quelques promotions, à une position confortable. Et pourquoi pas même s’offrir une belle villa avec piscine et un yacht, pour envoyer sa famille y passer les vacances pendant qu’on est coincé au bureau !

Bref, vous l’aurez compris, mieux vaut bien se renseigner avant de s’engager dans une carrière en finance, sur les contraintes et le quotidien des différents métiers, loin de l’image véhiculée par l’imaginaire collectif.

Car si votre objectif est de devenir riche, surtout à l’heure où les enveloppes de bonus semblent durablement affectées par la crise, mieux vaut peut-être, à la place, tout miser sur l’euromillion !

L’auteur a travaillé depuis 10 ans dans diverses banques d’investissement en Europe. Elle occupe actuellement une fonction juridique dans une BFI européenne à Londres.

commentaires (4)

Comments
  1. Entierement d’accord

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