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Perspectives en banque d’investissement pour 2012 : tout ce que vous devez savoir sur les prévisions de JPMorgan

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Est-ce que 2012 va vraiment être pire que 2011 ? Si vous perdez maintenant votre emploi dans une banque d’investissement, serez-vous en mesure de travailler pour une autre, sans vous retrouver dans la gestion d’actifs ?

L’analyste vedette de JPMorgan, Kian Abouhossein, et quatorze personnes de l’équipe de recherche de la banque, viennent de publier un rapport détaillé sur les perspectives bancaires européennes pour 2012. Les conséquences sont diverses, mais l’an prochain, vous feriez mieux de ne pas travailler dans l’activité fixed income d’une banque européenne.

1) Si l’UBS réduit avec succès ses activités FICC, elle peut devenir la banque la plus sûre où travailler

Les analystes européen de JPMorgan sont plutôt pro-UBS, désignant la banque helvétique comme l’une des meilleures banque d’investissement au niveau mondial , sur le motif que sa situation est confortable tant au niveau des perspectives de financement, de liquidité que d’indépendance. Ses réserves de capitaux sont considérées comme solides (avec un ratio Bâle 3 Core Tier One estimé à 11,7% en 2013) tandis que sa gestion de fortune se porte plutôt bien.

Cependant, ces prévisions partent du principe que la banque a réussi à réduire avec succès ses activités Finxed Income, Changes et Commodities (FICC). A défaut, les analystes de JPMorgan abordent l’hypothèse d’une joint venture avec la banque d’investissement de Credit Suisse, qui entraînerait 13 000 suppressions d’emplois.

2) Cap sur la gestion des liquidités et ses fonctions connexes

Kian Abouhossein et son équipe ont identifié d’où soufflera le prochain vent réglementaire : la gestion de la couverture de liquidité . Un nouveau ratio de couverture globale de liquidité doit être mis en place à compter du 1er janvier 2015, mais ils pensent que les banques seront probablement obligées d’y avoir recours avant la fin 2012 ou 2013. Le liquidity coverage ratio (LCR) sert aux banques à s’assurer qu’elles peuvent survivre à une crise de liquidités à court terme, et plus particulièrement à une période de 30 jours à la recherche de financements.

A la fin 2012, seulement 7 des 28 banques (dont Credit Suisse, UBS, HSBC et Standard Chartered) satisferont aux exigences du LCR. 2012 sera donc l’année de la gestion des liquidités, les banques ayant besoin de s’assurer qu’au moins 60% des actifs de niveau 1 (cash, créances des états) et jusqu’à 40% des actifs de niveau 2 (obligations corporate, obligations au moins notées AA) seront disponibles. Conséquence : attendez-vous à un essor des emplois relatifs à la gestion des liquidités .

3) Les banques doivent réduire les salaires ou tailler dans les effectifs, ou subir une réduction de 50% de leur rendement sur fonds propres

Sans mesures d’atténuation, la moyenne mondiale du retour sur capitaux propres (RoE) dans la banque d’investissement tombera de 53% à seulement 8,3%, prédit JPMorgan. La baisse peut être attribuée à plusieurs éléments : passage à la compensation centralisée, règles de transparence post-trade sur les dérivés OTC, exigences de capital plus élevées pour les transactions compensées non-centralisées, règle Volcker sur le prop trading, Bâle 3, etc.

Heureusement, ou malheureusement, la forte baisse des RoE peut être évitée si les banques réduisent les effectifs ou les salaires. Les détails sont fournis dans le tableau ci-après, où Kian Abouhossein préconise en moyenne une suppression de 3 400 emplois ou une réduction de 18% de la rémunération moyenne. Banque par banque, les réductions nécessaires sont ventilées comme suit :

Credit Suisse IB : suppression de 1947 emplois ou baisse de salaire de 305k$ à 263k$

UBS IB: suppression de 1664 emplois ou baisse de salaire de 313k $ à 252k$

Deutsche Bank IB : suppression de 4228 emplois ou baisse de salaire de 469k$ à 301K$

Goldman Sachs IB : suppression de 4314 emplois ou baisse de salaire de 458k$ à 378k$

Morgan Stanley IB : suppression de 3450 postes ou baisse de salaire de 390k$ à 270k$

BNP CIB : suppression de 3984 emplois

SG CIB : suppression de 2663 emplois ou baisse de salaire de 280k$ à 183k$

BarCap : suppression de 5061 emplois ou baisse de salaire de 284K$ à 187K$

Source : JPMorgan

4) Dans le cash actions comme dans les FICC, mieux vaut être chez un grand acteur

La banque d’investissement ne va pas vraiment être un secteur en croissance. Comme le montre le graphique ci-dessous, les analystes de JPMorgan ne pensent pas que les revenus augmenteront beaucoup plus en 2012 ou 2013. Les FICC devrait encore se contracter.

Source : JPMorgan

Dans ces circonstances, mieux vaut travailler pour un grand acteur. Dans le fixed income, cela signifie JPMorgan, Goldman Sachs, Deutsche, BarCap, Citi ou Bank of America. Alternativement, JPMorgan préconise le modèle FICC-light de BNP Paribas.

5) Mieux vaut peut-être travailler pour une banque américaine

Les banques américaines ont consenti beaucoup plus d’efforts que les banques européennes pour réduire leur endettement et nettoyer leurs prêts non rentables. Les banques américaines ont un levier moyen de 8x contre 17x (ou 14x après prise en compte des hypothèques) chez les banques européennes, ce qui est encore jugé trop élevé.

Les banques européennes ont également besoin de refinancer 395 milliards d’euros de dette l’année prochaine et 389 milliards l’année suivante, ce qui s’avérera problématique si les marchés du crédit restent fermés.

6) Certains acteurs de moindre envergure passent à l’attaque

Les règles de rémunérations de l’UE, conduisant à des salaires plus élevés et de la part croissante des bonus différés, permettront de réduire la flexibilité des coûts et de mettre la pression sur les acteurs de deuxième et troisième catégorie (Tier 2, Tier 3), prédisent les analystes de JPMorgan. Des réductions de salaires sont hautement probables ou , le cas échéant, des licenciements.

UBS, Crédit Suisse et Morgan Stanley sont identifiés comme des perdants des banques d’investissement de deuxième catégorie qui souffriront particulièrement de la baisse des revenus et du gel des rémunérations.

Les banques françaises ne jouent pas dans la cour des grandes mais elles sont considérées comme les mieux placées pour faire face à l’avenir car elles ont réussi à freiner les rémunérations pour qu’elles reviennent à une proportion significativement plus faible du chiffre d’affaires, comme l’illustre le tableau ci-dessous :

Source : JPMorgan

Conclusions pour 2012 : évitez les banques de deuxième catégorie, sauf si elles sont françaises ; rapprochez-vous des grandes banques américaines, sauf si c’est Morgan Stanley ; évitez l’UBS, sauf si vous travaillez en Equity ou en BFI.

commentaires (1)

Comments
  1. en gros on est pas dans la merde sauf si on est deja dedans

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