☰ Menu eFinancialCareers

Fait-il encore bon travailler dans une agence de notation ?

Vivement critiquées après la crise des subprimes pour avoir attribué des notes élevées à des actifs qui se sont par la suite avérés toxiques , les agences de notation n’hésitent plus aujourd’hui à dégrader à tout va les notes attribuées aux États et aux entreprises, les banques espagnoles étant les dernières en date à en faire les frais. Reste à savoir si ce revirement sera suffisant pour restaurer la confiance perdue et surtout attirer des candidats dont bon nombre, déçus par les méthodes de travail et la chasse aux coûts, sont partis vers d’autres cieux. Avec les années j’ai pu constater une carence d’investissement chronique en ressources humaines et matérielles. Aujourd’hui, c’est une profession moins attractive dans le monde de la finance, il y a un sentiment de frustration sur le contenu du travail et la rémunération est plutôt en baisse , explique Nicolas, qui a quitté Standard & Poors (Le Monde.fr).

Pour combler leurs actionnaires, les agences font la chasse aux coûts, recrutent à moindres frais des jeunes diplômés rapidement formés à l’analyse de bilan et limitent l’envoi de missions d’enquête sur le terrain , explique Marc Roche, correspondant du Monde à Londres, dans son dernier livre Le Capitalisme Hors la loi. Ainsi, pour jauger de la dette souveraine grecque, une seule personne est envoyée en Grèce une demi-journée deux fois par an, alors que les délégations du FMI, composées de plusieurs experts, restent en général une semaine sur place. Faut-il pour autant bouder les agences de notation ? Pas si sûr, à entendre Helen, ancienne de chez Moody’s à New York. Ça a été une très bonne expérience, j’ai appris beaucoup et j’ai contribué beaucoup ! […] Aujourd’hui je travaille de l’autre côté, c’est-à-dire sur les marchés. Je regarde les notes fournies par les agences, mais je ne les utilise pas toutes .

Des recrutements au compte-goutte

Dans l’Hexagone, Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s continuent toutes les trois de recruter des analystes au compte-goutte, comme en témoignent les annonces postées sur leurs sites carrières (VP analyste senior, analyste crédit, crédit structuré…). Elles ne risquent pas de se voir damer le pion de sitôt puisque le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a écarté l’idée d’une agence de notation soutenue par Bruxelles afin de concurrencer les agences anglo-saxonnes, suite à la dégradation des notes de plusieurs pays européens.

Reste les agences de notations financières spécialisées comme Vigeo, qui vient d’ouvrir un bureau à Londres, ou bien la société de gestion financière de Champlain qui vient d’annoncer la naissance de sa filiale Champlain Research, dédiée à la notation extra-financière des entreprises présentes dans ses différents fonds. Pour le moment, l’équipe comprend trois personnes, tandis qu’un analyste extra-financier est en cours de recrutement. Nous souhaitons qu’à terme, Champlain Research devienne une référence dans l’analyse extra-financière, avec pour objectif de fournir les services de notations à d’autres sociétés qui souhaitent bénéficier de notre expérience dans ce domaine , anticipe son PDG Jean-François Descaves (newsmanager.com).

commentaires (1)

Comments
  1. Je poserais la question autrement: vaut-il encore la peine de travailler quelque part? Dans un monde où la valeur est créée sous forme de dettes, la valeur travail est dépréciée à mesure que s’accroît le financement par la dette, au détriment du financement par l’épargne compris comme le surplus tiré du capital productif issu du travail.
    La financiarisation de l’économie a certes conduit à d’énormes gains de productivité, mais au prix de la destruction des millions d’emplois productifs sacrifiés sur l’autel des économies d’échelle et autre plans d’harmonisation, dans un monde de concurrence ouverte impitoyable pour les travailleurs qui ne peuvent survivre qu’en étant compétitifs, fût-ce en se sacrifiant pour laisser la place aux meilleurs sur le plan de la bottom line.
    Le résultat est que les services financiers ont d’abord pris la place des emplois dits industriels ou artisanaux avant de sombrer à leur tour dans le trou financier créé par les bulles spéculatives. Nous voilà maintenant avec des emplois payés au lance pierre contre des insurgés qui ne pensent qu’à retourner les projectiles à leurs envoyeurs technocratiques en guise de paiement des intérêts sur la dette.

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici