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MERGER MAN : L’heure de ma reconversion a-t-elle sonné ? (6)

La fin de ma mission consacrée à la réalisation d’une importante fusion bancaire approche. D’après les premiers retours de mon chef de projet, je pourrais sans doute prolonger ma présence dans cette équipe, mais je ne suis pas sûr de le vouloir. La nouvelle direction du groupe prend absolument toutes les décisions du groupe, notre équipe se contentant de suivre. C’est assez décevant car peu de place est laissée aux initiatives et mes responsabilités sont limitées. J’ai tout de même le sentiment d’avoir participé à des études qui ont permis de détecter certains impacts du projet de fusion qui étaient ignorés jusque-là.

Même si ce job est un bon backup, je préfère commencer la prospection sérieusement et re-goûter aux joies de la recherche d’emploi !

Mon sentiment, partagé par tous les interlocuteurs rencontrés ces dernières semaines, est que le marché de l’emploi en finance est sur la bonne pente ! Certes ce n’est pas encore la fête, mais l’ambiance est plus… détendue.

Les entretiens sont plus faciles à décrocher, et les chargés de recrutement vraiment plus à l’écoute. Il y a encore six mois, il fallait vraiment avoir un profil et une présentation hors du commun pour retenir leur attention, tant la concurrence était rude. Aujourd’hui, la sélection est plus souple. J’ai ainsi passé plus d’entretiens pertinents qu’en début d’année. J’ai également eu l’occasion de développer un argumentaire, voire d’exprimer mes exigences sur le type de poste recherché. Cela dit, rien n’est fait !

D’un autre côté, ai-je vraiment envie de repartir sur un poste à haute responsabilité, des objectifs ambitieux, du stress (même s’il est constructif), enfin bref les choses que l’on aime lorsqu’on travaille en finance ?

Il ne s’agit encore que d’une vague idée mais elle me trotte dans la tête depuis tellement longtemps… Étonnamment, elle a récemment trouvé un écho sur ce site, à travers l’excellente tribune de Francis Binoche.

J’ai rejoint la banque il y a plus de 10 ans, j’estime avoir déjà (à mon modeste niveau) réussi dans la vie . Sans rouler sur l’or, j’ai su épargner bon an mal an, assez pour voir l’avenir sereinement. Je me dis maintenant qu’il serait peut-être temps de la quitter pour réussir ma vie . Sans entrer dans les détails, j’envisage une expatriation ET une reconversion.

Pour un tel projet, l’auteur de l’article précise que trois conditions doivent être réunies. Et j’en ai déjà 2 sur 3 :

– (3) le soutien de mon entourage : mieux que du soutien, je ne serais pas seul dans l’aventure, ça rassure !

– (2) le fait de ne pas se focaliser sur le scénario de la réussite : là, je dis merci à mes années de risk management, pendant lesquelles j’ai appris à être prudent sur toutes mes hypothèses et à ne pas négliger LE scénario catastrophe – celui qui statistiquement ne doit jamais se réaliser mais qui dans la vraie vie finit toujours par survenir, en 10 fois plus grave que n’importe quel modèle mathématique n’avait pu anticiper (toute ressemblance avec des faits réels récents n’est pas fortuite). Parfois la déformation professionnelle a du bon !

Ne me reste plus qu’à me décider à mettre les mains dans le cambouis (1). Parce que dans la finance, il faut admettre une chose, que l’on soit un trader options exotiques soumis au stress quotidien et à la dure loi des marchés, ou un simple analyste ou opérateur middle-office, soumis à l’ennui quotidien et aux pénibles récits de vacances de Roger du back-office, on est quand même dans une situation ô combien plus confortable que tous ceux qui travaillent dur chaque jour, dans des conditions infiniment plus pénibles (j’en connais qui n’ont même pas de machine Nespresso dans leur open space !).

Souhaitez-moi bonne chance (si je me lance). Et pour les jaloux ou les aigris, réjouissez-vous, en partant je libérerai une place !

commentaires (4)

Comments
  1. Allez-y et ne vous retournez pas! Vous n’aurez pas de regrets sauf peut-être celui de ne pas l’avoir fait plus tôt. A vrai dire, j’espère le faire aussi un jour. Bonne chance

    P.S: vous comptez vous expatrier où?

  2. l’avenir de l’humanite ne se situe pas dans les banques francaises, ca c’est sur, surtout en backoffice… le fric n’est pas tout non plus.. c’est juste un moyen mais pas une fin…

  3. Les marchés financiers et la finance sont devenus au fil des temps le grand casino de la planète… on y vient avec de grands rêves, on repart plein de désilusion. Retournons aux fondamentaux, celà ne nous fera pas de mal, et le monde ne s’en portera que mieux…
    Alors que le vent vous soit favorable :-)

  4. Je ne vois pas de désillusion, encore moins d’aigreur dans l’article. Au contraire, j’ai l’impression que ce joueur sort pour une fois du casino les poches pleines et part consommer ses gains au soleil en nous faisant un grand signe d’au revoir — ou un bras d’honneur, on distingue mal il est déjà loin !

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