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Taxe sur les hauts revenus : quel impact sur les dirigeants de banques ?

Ça y est : les députés ont adopté hier soir la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus, qui sera de 3 % sur les revenus compris entre 250 000 à 500 000 € et de 4 % au-delà de 500 000 €. Cette nouvelle taxe s’appliquera à compter de l’imposition des revenus de l’année 2011 et se poursuivra jusqu’à l’imposition des revenus de l’année où l’équilibre des comptes des administrations publiques sera atteint. Autrement dit, elle n’est pas prête de disparaître, et les banquiers concernés vont devoir faire avec !

Calculée sur le revenu fiscal de référence, la taxe concernera de 26 000 à 27 000 foyers, selon les calculs du rapporteur général du Budget Gilles Carrez, et devrait rapporter 410 millions d’euros. Parmi les principaux concernés figurent bien sûr les dirigeants des grandes banques françaises, dont la rémunération totale a progressé de 12,5 % en 2010, alors que le secteur bancaire perdait 11,5 % de sa valeur en Bourse sur la même période, souligne l’étude de rémunération dans les banques européennes qui vient d’être publiée par AlphaValue.

Quant à leur rémunération moyenne, elle a même bondi de 44,8 % en 2010, alors que leurs homologues britanniques ont dû se contenter d’une hausse de 8,3 %. Il convient cependant de relativiser car les banquiers français partaient de beaucoup plus bas, avec une rémunération moyenne de 865 075 € en 2010, contre 5,8 millions pour leurs confrères britanniques. Ainsi, la rémunération moyenne des grands banquiers britanniques représente entre 42 et 65 fois le salaire moyen de leurs employés, contre des multiples de 5 à 15 pour les banques françaises.


La BFI n’est pas la seule concernée

Dans la finance, qui dit hauts revenus dit plus souvent managing directors et traders travaillant dans les divisions de banque d’investissement que patrons de banque de détail. Et pourtant, le syndicat Sud du groupe BPCE vient de rendre public la rémunération annuelle de 9 des 17 patrons des caisses locales qui, en 2011, s’échelonnent de 435 000 euros par an en Ile-de-France à 245 000 euros pour l’entité regroupant les régions Auvergne et Limousin, en passant par 320 000 en Bretagne ou en Aquitaine. À cela s’ajoutent des rémunérations variables représentant plus de 50 % de la partie fixe.

À titre de comparaison, Jean-Claude Trichet, de la Banque centrale européenne, touche 367 863 euros , rappelle Patrick Saurin, de Sud BPCE (Le Parisien.fr), pour qui les rémunérations de ces patrons sont loin de la rigueur salariale qu’ils imposent à leur personnel . La direction nationale de la Caisse d’Épargne n’a pas tardé à réagir : Les rémunérations sont comparables à celles d’entreprises cotées de taille et de chiffre d’affaires équivalents , relativise-t-elle.

Mais plutôt que de chercher à savoir qui, des banquiers d’affaires ou des banquiers retail, gagne le plus d’argent, la vraie question qui se pose aujourd’hui est plutôt de savoir si la mise en place de la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus aura pour effet d’inciter lesdits patrons à réduire leurs salaires. À moins que certains d’entre eux ne soient tentés de proposer leurs services à des banques installées dans des pays plus cléments, d’autant plus que la taxe sera bientôt examinée par les sénateurs qui comptent bien amender le texte et proposer de nouvelles mesures faisant participer plus rigoureusement les riches à l’effort de redressement des finances publiques. En attendant, vos réactions sont les bienvenues…

commentaires (2)

Comments
  1. IL n’ y a aucun problème, ces partons n ‘ont qu’ à partir à l’étranger ! Ils ne sont pas indispensables, il faut arrêter de faire croire qu’ils sont les personnes providentielles. Le salaire en soi ne me choque pas, ce qui est choquant c’est la manière dont sont considérés les salariés de ces groupes mutualistes en général.
    La réalité est très loin du beau discours “humaniste” dont sont issus ces banques.

  2. De fait, l’IRPP connaît maintenant en octobre 2011 2 tranches supplémentaires à 44 et 45%. Après la création d’une tranche à 41% décidée en mai 2011. La fiscalité française pourra-t-elle un jour connaître enfin une certaine stabilité ???

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