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OPINION : Faut-il avoir peur de la nouvelle certification AMF ?

J – 6 mois avant la mise en vigueur de la certification professionnelle AMF. Une certification encore peu connue des acteurs de marché concernés. Voici quelques éléments pour vous permettre d’y voir plus clair.

De quoi s’agit-il ?

Toute personne qui intervient dans le cadre d’instruments financiers aura bientôt l’obligation de justifier d’un seuil minimal de connaissances. Celles-ci peuvent être évaluées soit dans le cadre d’un examen dispensé par des organismes labellisés par le Haut conseil certificateur de place de l’AMF, soit dans le cadre d’une évaluation interne organisée par le Prestataire de Service d’investissement qui aura la charge et la responsabilité de l’évaluation de ses collaborateurs.

Qui est concerné ?

Les vendeurs, les gérants de portefeuille, les traders, les responsables de back-offices… La nouvelle certification touche à la fois les collaborateurs des BFI et de la banque de détail qui commercialisent des titres OPCVM et conseillent leurs clients.

Ce dispositif ne s’appliquera dans un premier temps qu’aux personnels embauchés à partir du 1er juillet 2010. Ces derniers auront 6 mois pour être certifiés ou évalués. Les personnels en poste bénéficient de la clause dite de grand-père , qui les dispense de cette certification, au vu de leur expérience. Ces personnes ne sont toutefois pas exemptées lors d’une future embauche par un nouvel employeur. Il leur sera alors demandé d’être certifiés. Au total, on estime entre 20 000 et 30 000 le nombre de personnes concernées par an.

Comment être certifié ?

Trois possibilités en fonction de la politique de votre établissement et de vous-même :
a) Votre employeur décide de satisfaire à cette réglementation en procédant à une évaluation interne, qu’il peut réaliser par tout moyen à sa convenance par une procédure formalisée
b) Votre employeur vous fait passer un examen externe certifié, par un établissement dûment habilité
c) Vous décidez de passer l’examen vous-même (en candidat libre) pour diverses raisons :
– vous souhaitez enrichir votre CV et faire valoir auprès de votre (actuel ou futur) employeur que vous détenez cette base de connaissances minimale qui est demandée dans le cadre de votre fonction.
– vous souhaitez détenir cette examen certifié pour être dispensé d’une évaluation interne par votre employeur (ou de vos futurs employeurs si vous êtes amené à changer de poste).

Les thèmes et les modalités de l’examen externe

L’examen de certification comporte 100 questions, sous forme de QCM, pour une durée totale de 3h00. L’examen portera sur 12 thèmes dont 50% en règlementaire et 50% en connaissances techniques. Parmi les thèmes traités en matière réglementaire figurent le cadre institutionnel et règlementaire européen et international, la déontologie et la conformité des établissements, la règlementation sur les abus de marché, la relation avec le client, le démarchage bancaire et financier. En matière de connaissances techniques, vous serez testé sur les instruments financiers et les risques, l’organisation des marchés, les émissions et opérations sur titres ou les bases comptables et financières.

Quel est le niveau requis ?

Malgré les inquiétudes que cet examen peut parfois susciter, le niveau reste accessible à tous les professionnels concernés. Cependant, il ne faut pas négliger le fait que l’examen regroupe un spectre assez large de thèmes qui ne sont pas forcément ceux que l’on traite quotidiennement. L’établissement dans lequel vous travaillez vous proposera certainement une mise à niveau au travers de formations internes ou dispensées par des organismes de formation. L’examen nécessite en tout état de cause un vrai travail de préparation individuel.

Et si vous échouez à l’examen ?

En cas d’échec, vous ne pouvez exercer la fonction requérant lesdites connaissances. Toutefois, afin de vous conformer à cette règlementation, vous pouvez passer autant de fois l’examen que vous le souhaitez.

L’examen sera-t-il passeportable à l’étranger ?

L’AMF s’est inspiré des examens déjà existants à l’étranger, notamment en Grande Bretagne. A moyen terme, il est fort probable que cet examen ait des équivalences à l’étranger.

Hélène CHARDOILLET est responsable de la Business Line Certification – FIRST FINANCE, leader de la formation bancaire et financière en France (11.000 professionnels de la finance formés par an). First Finance se positionne sur cette certification à la fois en tant qu’organisme habilité à proposer un examen certifié ( dossier en cours d’examen par l’AMF) et également comme organisme de préparation et de formation à l’examen.

commentaires (8)

Comments
  1. enfin…ca va nettoyé un peu la place…
    l agrément FSA en Angleterre ou Swedsec en Suède assure d un minimum de connaissances légales et techniques…

  2. cela ne va pas vraiment changer grand choses
    d’abord “la clause grand-père” en béneficient tous ceux actuellement en place! les incompétents ( s’il y en a !) sont toujours là.
    ensuite l’employeur peut faire une procédure d’examen interne, donc possibilité d’arrangement !!!!

    ensuite cela ne concerne pas le personnel de L’AMF ( sous toutes réserves) eux-mêmes chargés de valider la mise sur le marché des produits
    et puis de toutes façons les français ont un manque de culture financières donc on peut, encore leur vendre pour longtemps n’importe quels produits estamplillés par une grande banque
    L’ IDEAL que les banques (puisqu’elles sont des pro de la rentabilité des sociétés, elles donnent des leçons à tout le monde!!….) et bien sur leurs produitsqu’elles s’engagent à REMBOURSER JUSQU’A 45% de la perte
    sur placement. Vous verrez là l’argent va affluer pour les entreprises.
    et donc l’emploi. Mais bon Mr Prada ( AMF) et toutes les instances financières, n’ont jamais dit qu’elles souhaitaient partager les bénéfices…..uniquement les pertes……..;;

  3. C’est une mesure fantome : le problème de compêtences est actuel, pas futur. Ca ne sert à rien d’évaluer ceux à venir, vu qu’ils sont recrutés par ceux qui seront encore protégé par le grandfathering.

    Je ne vois pas qui connaissant son métier peut avoir peur de cela, mais quand je vois au quotidien que la plupart des gens ne savent calculer ni une équivalence de taux, ni un taux actuariel, il y a peu de chances que les choses évoluent.

    On fait encore face à une mesure politique poudre aux yeux d’une profession en régression qui s’enlise avec des vieillards, des oligopoles et de la technocratie. Qu’on oblige déjà les sdg de France à faire une contrevalorisation indépendante de leurs fonds et de disposer des fonds propres nécessaires à la faillite des fonds, et de ne plus compter les fonds de fonds, et là, on pourra tout rire et se taper sur les cuisses d’être l’élite de la finance qui tous les jours passe au travers des calculs financiers les plus élémentaires. Mais tant que la consanguinité et le corporatisme régneront sur ce secteur, on sera contraint de subir ce cirque digne des précieuses ridicules

  4. Absolument inutile, a fortiori si inspiré des tests “FSA” qui consistent à apprendre par cceur et recracher à l’examen pour aussi vite oublier du fait de l’accent mis sur les questions à 2 pence et les pièges supposément smarts jouant sur le langage; le tout passant évidemment à côté de la compréhension et la discussion des grands enjeux. Une perte de temps et d’argent.

  5. C’est une tres bonne chose cette certification, ça va permettre de d’epurer un peu la place de Paris

    meme si ça va prendre un certain temps pour etre effectif

  6. Comme au royaume uni avec le FSA registrar.
    Ca va donner du boulot aux formateurs et une utilisation justfifiée du DIF.

  7. cela ne changera rien, l’incompétence est au plus haut niveau, copinage et ancienneté… et non pas compétence

  8. je ne suis pas d accord, je suis a l’accueil d’un psi et donc je ne commercialise pas de produit financier dit “a risque” tel que les opcvm ou les comptes titres et pourtant je doit passer cette certification. je ne me considère pas “dangereuse” pour mes clients dans la mesure ou je fais de simple opés de caisse et des ouverture de livrets classiques, pourtant je suis concernée par cette mesure et le niveau exigé est le même que pour mes collègues qui eux font prendre des risques à leurs clients. il faudrait que l’AMF prenne cela en considération.

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