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Le profil employeur de Merrill Lynch

Merrill est considéré par beaucoup comme l’un des trois premiers noms dans le secteur de la banque d’investissement (les autres étant Goldman Sachs et Morgan Stanley).

La banque est divisée en trois unités principales. L’entité Global Markets et Investment Banking propose des services de banque d’investissement et pour le marché des capitaux dans le monde entier. La branche gestion de fonds, Merrill Lynch Investment Managers (MLIM), est l’une des plus importantes au monde. En 2002, Merrill a fusionné ses activités dédiées à une clientèle privée, américaine et internationale afin de créer une division mondiale.

Au cours des deux dernières années, le taureau implacable a été quelque peu meurtri, comme beaucoup de ses concurrents dans le secteur mondial de la finance. Un scandale fortement médiatisé touchant à l’intégrité de ses analyses et recherches, combiné à des accusations de fraude concernant son implication dans l’affaire Enron, le groupe énergétique en faillite, ont entamé la prestigieuse réputation de Merrill Lynch.

Le marché en baisse prolongée et le retournement de la conjoncture ont aussi porté atteinte à la banque, l’incitant à se restructurer et à supprimer des emplois. Depuis 2001, plus de 21 000 emplois ont été détruits dans le monde entier.

A la fin du premier trimestre 2003, 49 600 personnes étaient employées dans 36 pays, soit une chute de 1 300 depuis la fin 2002. Ces effectifs sont bien éloignés de ceux du début de l’année 2002, où la banque avait 72 000 employés basés dans 43 pays.

En 2002, Merrill a réalisé un profit de 2.27 milliards d’euros, contre 499 millions d’euros en 2001. Cependant, les recettes ont chuté de 15% pour atteindre 16.2 milliards d’euros.

Les résultats du deuxième trimestre 2003 ont été meilleurs en général – les profits du groupe ont connu une hausse de 61% par rapport à l’année précédente, grâce aux importants revenus réalisés en obligataires. Les recettes ont également augmenté. Néanmoins, les profits de MLIM ont chuté de 25%.

MLIM gère des fonds de pension pour le compte de cinq des dix premiers fonds de pension mondiaux, ainsi que pour 18 banques centrales. L’entreprise tente de se positionner comme un fournisseur de services financiers complet, en leur proposant des services bancaires.

L’an dernier, la société a enterré un projet de joint venture avec HSBC en Europe, qui avait pour objectif de gérer l’argent d’une clientèle aisée.

Les malheurs de la recherche

Merrill a dû payer le prix fort pour la publication d’analyses et recherches jugées biaisées. En 2002, la société a accepté de payer 87 millions d’euros en règlement des charges d’accusations portées par Eliot Spitzer, Procureur Général de New York. En 2003, Merrill a payé 174 millions d’euros dans le cadre d’un règlement total de 1.22 milliards d’euros décidé par la Commission des opérations de bourse des Etats-Unis avec une dizaine de banques.

Henry Blodget, son analyste internet de haut vol, a été mis en accusation concernant sa couverture de certaines actions. Il a été condamné à une amende de 3.5 millions d’euros et s’est vu interdire de travailler dans cette industrie. Les messages électroniques personnels de Blodget ont été divulgués, révélant qu’il avait recommandé des titres à l’achat qu’il considérait personnellement comme de la camelote .

Selon Spitzer, les conseils d’investissement de Merrill ont été biaisés pour favoriser l’activité de sa banque d’affaires.

Selon Merrill, les messages électroniques démontrent que les débats entre ses analystes sont intenses lorsqu’ils discutent des sociétés.

Merrill s’est attaqué à ses problèmes de recherche en réorganisant son département. Candace Browning a été nommée à la tête de la section Global securities research & economics, succédant à Robert McCann qui avait démissionné en février 2003.

Merrill a également payé 69.7 millions d’euros à la SEC en 2002, concernant différentes implications avec Enron et 87 millions d’euros de compensations dans une autre contreverse avec Unilever en 2001, suite à un règlement à l’amiable au Royaume-Uni.

Ce paiement faisait suite à une action en justice intentée par le groupe alimentaire hollandais accusant MLIM de négligence dans la gestion de ses fonds de pension. La responsable des fonds de Merril, Carol Galley, une employée de haut vol (qui a pris sa retraite depuis), a fait les gros titres des tabloïdes. Son célèbre sang froid n’a pas évité à l’entreprise de procéder à des règlements onéreux ni les dommages portés à sa réputation.

Culture d’entreprise

Dans les années 1950 et 1960, Merrill était célèbre pour embaucher des anciens marines américains pour vendre des actions à des investisseurs particuliers américains.Aujourd’hui, la préférence est donnée aux diplômés de haut vol ; cependant, le Président Stan O’Neal met l’accent sur la culture d’entreprise égalitaire de Merrill. En plus d’être l’un des rares hommes de couleur à occuper un poste de cette importance à Wall Street, il a commencé sa carrière sur une chaîne d’assemblage automobile.

La réputation de Merrill d’être un employeur plus humain que les autres banques d’investissement ne semble pas concerner ses méthodes de licenciements. Même les banquiers d’investissement les plus endurcis restent choqués devant les méthodes impitoyables de Merrill en matière d’embauche et de licenciement.

En 1998, suite à la crise financière russe et au quasi-effondrement du hedge fund Long Term Capital Management, Merrill a licencié 3 400 employés, soit 6% du personnel. Quand les marchés sont remontés, l’embauche a explosé, car les effectifs étaient trop restreints.

Concernant les points positifs de sa culture d’entreprise, la banque a remporté le trophée Investors in People Standard for Europe and the Middle East en 2001, tandis qu’aux Etats-Unis, elle était classée parmi les 100 meilleures sociétés par le magazine Working Mother.

D’après Gay Financial network, ML compte parmi les 50 sociétés côtées les plus puissantes et les plus accueillantes pour les Gays.

Classements

Bien qu’il n’y ait aucun doute que les derniers temps ont été difficiles pour Merrill, l’entreprise est toujours classée parmi les meilleures dans plusieurs secteurs d’activité, même si elle a pu perdre quelques places ici ou là.

Pour le premier trimestre 2003, Merrill est passé de la seconde à la quatrième place pour l’activité dettes et actions selon la classification établie par Thomson Financial, avec une part de marché de 7.1%.

Une enquête de Dealogic a classé la banque numéro un pour le conseil en fusions-acquisitions annoncées en Europe au premier semestre 2003 et en deuxième position pour l’activité actions, dette et fusions-acquisitions.

Histoire

Charles E. Merrill & Co. a commencé le trading de titres en 1919. Un an plus tard, son propriétaire, M. Merrill, a été rejoint par son ami, Edmund Lynch, et la société a été rebaptisée Merrill Lynch & Co. Comme la plupart des entreprises anciennes de Wall Street, Merrill a connu plusieurs transformations avant d’atteindre sa forme actuelle.

En 1930, la société a fusionné avec E.A. Percez & Cassatt (à qui elle avait déjà vendu son activité de courtage), et en 1941 avec Fenner & Beane. Depuis lors, les acquisitions ont été davantage privilégiées par Merrill. En 1964, la société a acheté C.J. Devine, spécialisé dans la vente de bons du trésor du gouvernement américain, en 1995 le spécialiste en actions Smith New Court, et en 1996 la société de gestion d’actifs institutionnels Hotchkis et Wileywhile.

Dans les années 1990, Merrill s’est développé à l’étranger, en acquérant notamment McIntosh en Australie, de Mercury Asset Management au Royaume-Uni, et de Yamaichi au Japon.

Mercury Asset Management était l’un des plus grands acteurs de gestion d’actifs en Angleterre et a servi de tête de pont pour l’expansion en Europe continentale.

Merrill a acquis plusieurs premières places dans le secteur de la finance internationale, en particulier en Extrême-Orient. La société a été la première maison de courtage américaine à s’établir à Tokyo (1961) et la première entreprise étrangère dans le commerce de titres à devenir membre permanent de la Bourse de Tokyo (1985). Elle a été également la première société étrangère dans ce même domaine d’activité autorisée en Chine (1993).

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