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Bonus : Dexia et KBC, pas si fautives qu’il n’y paraît

Alors que les bonus font leur retour en force chez les dirigeants de banque, les établissements bancaires belges continuent globalement de jouer la modération, même si les apparences sont parfois trompeuses.

Bonus jugés indécents

Les bonus des patrons de KBC (près de 480000 euros) et de Dexia (environ 600000) choquent l’opinion publique, et aussi Luc Coene, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, qui les jugent indécents de la part d’institutions financières qui bénéficient de l’aide de l’Etat (Express.be).

Et on comprend l’aigreur de certains lorsque l’on est témoin impuissant du délitement du secteur bancaire belge et de la crise qui a gangrené l’économie. Quoique d’autres acteurs, en premier lieu, politiques, aient laissé la catastrophe se produire, sans mettre en place les garde-fous nécessaires. Passons.

KBC versus Dexia ?

Plus étonnant, la presse a quelque fois laissé supposer que KBC était plus vertueuse que Dexia en la matière. Bonus : KBC plus socialement responsable que Dexia ? titrait ainsi le site Trends.be.

Si l’on se reporte à leur communication respective, on ne distingue pas de grandes différences. Dexia n’a versé aucune forme de bonus à ses dirigeants l’an passé au titre de 2009, KBC semble avoir également appliqué cette règle l’année précédente. Dans les deux cas, la distribution du variable accordé cette année au titre de 2010 est extrêmement encadrée.Ce bonus est différé jusqu’en 2015 chez KBC et 2014 chez Dexia, et pareillement conditionné à la réalisation du plan de restructuration approuvé par l’Union européenne et donc à l’aide de l’Etat. Bref qu’à ce titre, elles sont <i< conformes aux dispositions légales et réglementaires européennes .

Les dirigeants de banques belges et les autres…

En outre, la rémunération variable du CEO représente cette année chez KBC 60% de son fixe et ne peut jamais dépasser la rémunération de base fixe quand chez Dexia, on affirme que le nouvel équilibre entre rémunération variable et rémunération fixe se fait sans augmentation d’aucune sorte du package de rémunération des collaborateurs concernés [ndlr : les membres du comité de direction] . La rémunération de Pierre Mariani, CEO de Dexia, s’élève au total à 1,8 million d’euros en 2010, soit un peu moins qu’en 2009 (1,95 million d’euros).

Pour donner de la perspective, Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan Chase, a reçu au titre de 2010 une rémunération globale de 23 millions de dollars, dont un bonus cash de 5 millions de dollars, la plus grosse rémunération d’un dirigeant de banque américaine depuis 2007 (Les Echos).

Chez les banques françaises, ce serait Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, qui serait cette année le plus rémunéré avec plus de 4,5 millions d’euros de rémunération totale (La Tribune).

La communication : un juste équilibre difficile à atteindre

Même si KBC et Dexia ne jouent pas dans la même cour que JPMorgan, Jean-Luc Dehaene n’a pas tort de rappeler que Dexia est un groupe international dont la rémunération des dirigeants se situe en dessous de la médiane du marché (communiqué).

Dans sa déclaration, le président du conseil d’administration de Dexia aurait cependant peut-être dû en rester là, plutôt que d’enfoncer le clou en expliquant que les patrons de Dexia ont abandonné d’importantes fonctions et perspectives auprès d’autres institutions financières. Pas sûr qu’il ne fasse pleurer dans les chaumières avec de tels propos. Ne perdons pas de vue le fait que des plans sociaux et autres restructurations sont toujours d’actualité dans ces deux banques…

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