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Moscou, nouvel eldorado pour les banquiers en mal de fusions & acquisitions

Avec le boom des fusions-acquisitions en Russie, c’est plutôt à Moscou qu’à Londres qu’on peut trouver les banquiers les mieux payés au monde. D’après le directeur d’un cabinet de recrutement spécialisé sur le marché russe, des cadres de haut niveau dans une banque à Moscou peuvent toucher des packages oscillant entre 1,4 million d’euros et 2,1 millions d’euros.

Taru Oksman-Ison, consultant chez Principal Search, indique que les bonus vont sans doute être élevés cette année: “Les bonus à Moscou sont aussi généreux qu’à Londres et il y a beaucoup de transactions.”

Les chiffres parlent par eux mêmes. D’après des données fournies par Thomson Financial, les contrats de fusions-acquisitions russes effectués au cours des neuf premiers mois de l’année 2003 ont représenté 26 milliards d’euros, soit presque dix fois plus qu’en 2002. En comparaison, les contrats de fusions-acquisitions en Angleterre ont enregistré une baisse de 30%, soit une valeur de 71,4 milliards d’euros durant la même période.

D’après les cabinets de recrutement, le boom entraîne une pénurie de compétences pour les banques russes.

Les “deals” internationaux, tels que l’acquisition de la société pétrolière russe NK Slavneft par BP au mois d’août encouragent des banques comme Renaissance Capital, United Financial Group (UFG), Troika Dialog, et Alfa Bank parmi d’autres à recruter des cadres en dehors du marché domestique avec de l’expérience internationale.

Il y a deux semaines, la société Renaissance Capital a débauché Chris Baxter, auparavant en charge du secteur énergie chez Merrill Lynch, pour diriger ses activités en banque d’investissement à Moscou. D’après M. Baxter, le marché russe est “le plus excitant du monde”. On lui aurait offert une garantie de plusieurs millions d’euros par an, pour trois ans.

Les chasseurs de têtes affirment qu’il est de plus en plus simple de convaincre les gens à travailler pour le marché financier russe. L’un d’entre eux explique: “il y a beaucoup de bons banquiers qui ont compris les opportunités en Russie.”

M.Oksman-Ison explique que deux candidats sur trois recrutés à l’étanger ne sont pas russes mais qu’il est en général obligatoire de parler russe: ” Il est très difficile de travailler en Russie quand on ne connaît pas du tout la langue.”

Le recrutement dans les banques russes devrait rester soutenu l’an prochain. D’après Constantine Gonticas, à la tête de la banque d’investissement Merril Lynch pour l’Europe centrale, le Moyen-Orient et la Russie, le pays a d’autres atouts importants. “Il n’y a aucun doute que la Russie est une destination importante pour les investissements directs étrangers et les acquisitions. Il s’agit du plus grand marché de l’ancien bloc soviétique, avec la plus forte demande de consommation, longtemps contenue et les plus larges ressources naturelles. Les multinationales ne peuvent pas ignorer la Russie.”

Jusqu’à maintenant, les plus gros deals ont concerné le pétrole et le gaz. La société russe d’exploration de pétrole et de gaz Yukos a été impliquée dans trois des plus importantes transactions de l’année. Par ailleurs comme les entreprises américaines cherchent à renforcer leur présence dans la région, les banquiers ne seront pas à cours d’honoraires importants.

Un banquier du secteur énergie souligne: “Une société comme Renaissance peut se permettre d’offrir des rémunérations importantes à ses banquiers. Quand son équipe travaille sur un gros deal dans le secteur pétrolier, ses honoraires dépassent largement les salaires versés.” Le groupe américain Exxon-Mobil envisage d’investir jusqu’à 23 milliards d’euros dans la société Yukos, son concurrent Texaco-Chevron devrait en faire autant. Un analyste affirme: “Les géants américains vont sans aucun doute réaliser des acquisitions à grande échelle en Russie au cours des 12 prochains mois.”

M. Gonticas prévoit également des fusions dans d’autres secteurs. “Dans les services aux consommateurs et les services financiers, il y a des opportunités importantes, car le risque-pays diminue en Russie. Je pense que les affaires vont s’intensifier.” Le groupe alimentaire français Danone est en stade de négociations avancées pour l’achat de Wimm Bill Dann, une société russe de jus de fruits et de produits laitiers.

Cependant, d’après M. Gonticas, il n’est pas sûr que l’augmentation des fusions-acquisitions en Russie encourage les banques internationales à recruter du personnel supplémentaire à Moscou; en effet, beaucoup de banques ont quitté le pays ou réduit leurs dépenses après le crash de 1998.

Merrill Lynch gère ses opérations en Russie depuis Londres. Avec près de 90 personnes à Moscou – contre 300 en 1998, le Credit Suisse First Boston est l’une des rares banques internationales avec une présence importante dans la ville.

D’après Sergei Serdiokov, consultant pour Korn/Ferry à Moscou, les banques russes sont les recruteurs les plus actifs. Il pense que les banques occidentales pourraient intensifier leurs recrutements en Russie l’an prochain.

Les sociétés occidentales de capital investissement manifestent à nouveau de l’intérêt pour Moscou. La société Carlyle Group a annoncé le projet de créer un fonds russe de 462 milions d’euros avec la banque russe Alfa. Le groupe d’assurances américain AIG est sur le point de lancer, avec le groupe d’investissement russe Interros, un fonds de capital investissement de 277 millions d’euros. Selon des chasseurs de têtes, ces deux fonds recruteraient actuellement.

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