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L’université d’entreprise : un plus pour votre carrière?

Véritables outils d’éducation et de renforcement de la culture du groupe, les universités d’entreprise connaissent depuis la fin des années 80 un essor qui ne se dément pas. Elles proposent à une cible de plus en plus large de participants des formations particulièrement variées. Si ces universités peuvent être un plus pour votre carrière, gardez à l’esprit que les formations demeurent ciblées et spécifiques à la culture de votre entreprise.

Créées et développées aux Etats-Unis dans les années 50 par des grandes entreprises telles que General Motors, McDonald et Motorola afin de compléter l’enseignement de leurs employés et apparues en France à la fin des années 80, les universités d’entreprise n’ont pas cessé de se développer. La France occupe aujourd’hui une position de leader en Europe avec plus d’une soixantaine de formations proposées. Plus de la moitié des entreprises du CAC 40 se seraient ainsi dotées d’une université interne. Parmi ces universités, on compte France Telecom, le groupe PPR, Total, Thales, RATP, le groupe Accor, Cap Gemini ou encore Ernst & Young…

Culture et performance

Ce n’est pas un hasard si ce concept suscite un tel engouement auprès des entreprises. L’université d’entreprise remplit en effet de nombreuses fonctions : outre l’amélioration des compétences des salariés, la capitalisation et l’échange de savoir, elle permet notamment le développement d’une culture commune, la création de lien social au sein de l’entreprise et la fédération d’entités hétérogènes en particulier en cas de fusion ou de bouleversement de l’entreprise. Les entreprises l’utilisent comme un outil destiné à faire comprendre au salarié sa contribution au groupe. Elles tentent également de fidéliser les talents tout en offrant aux cadres une formation de qualité.

Mais la mission principale de l’université d’entreprise est de contribuer à améliorer l’efficacité de l’organisation. Elles doivent, selon la formule de l’ancien président du directoire de PPR Serge Weinberg, accompagner la mise en place de la stratégie en favorisant l’adaptation des hommes, des organisations et des process .

Si la formation est bien entendu au cceur des préoccupations de l’entreprise, c’est surtout la performance qui est visée. Annick Renaud-Coulon, économiste, présidente du Club Européen des universités d’entreprise et auteur d’Universités d’entreprise, vers une mondialisation de la connaissance (éd. Village Mondial) définit ainsi l’université d’entreprise comme un espace d’éducation et d’économie appliquée au service de la performance globale.

Un coup de pouce à votre carrière

Sachez les reconnaître. Les appellations, cibles et ambitions de ces différentes universités varient d’un organisme et d’une entreprise à l’autre. Appelée université chez Suez, Campus chez Total, UniverCité chez PPR, Académie chez Accor ou encore centre de ressources, institut, école…, l’université d’entreprise regroupe sous son appellation générique plusieurs types de formations qui vont du centre de formation réservé aux plus hauts cadres de la hiérarchie à la formation offerte à tous par le biais de nouvelles technologies, en passant par les séminaires week-ends proposés dans des cadres prestigieux.

A qui s’adresse ce type de formation ? La bonne nouvelle est que l’université d’entreprise, autrefois largement réservée à une minorité de dirigeants, est devenue plus cecuménique.

L’UniverCité de PPR a ainsi élargi sa cible en créant en 2003 de nouveaux modules de formation (U know How) concernant les compétences métiers sur les achats ou le management de projet. Cette université conserve toutefois une vocation élitiste puisque le groupe a crée en 2004 un nouveau programme destiné aux jeunes managers ayant obtenu d’excellents résultats.

Le groupe Total offre quant à lui par le biais de son université Campus des formations à tous les échelons : de la formation métier ouverte aux cadres, à la formation complémentaire, qui propose même aux mandataires gérants de stations services, non salariés du groupe, des stages agression malveillance, en passant par les stages destinés en particulier aux secrétaires et aux mécaniciens.

Quels sont les avantages de ces formations? Elles vous offrent la possibilité d’étendre vos connaissances, de mieux comprendre la culture de votre entreprise, et d’élargir vos horizons. Elles vous permettent en outre de créer de nouveaux contacts au sein de votre groupe et ainsi de développer votre réseau professionnel.

La formation est généralement de très bonne qualité. De nombreuses entreprises privilégient la transmission de savoir entre pairs et la formation par des animateurs internes comme c’est le cas pour la société Unilog. Mais les universités font également appel à des profils non académiques comme des experts, consultants, coachs… Ouvertes sur l’extérieur, certaines d’entre elles ont même développé des programmes en partenariat avec des écoles de commerce, des cabinets de conseil ou des universités et délivrent parfois des diplômes.

Une formation ciblée nécessairement limitée

Si l’université d’entreprise offre au cadre une intégration approfondie dans le monde de son entreprise, la formation reçue est souvent ciblée sur le métier exercé au sein du groupe et sur la culture propre à l’entreprise. Sophie, chef de secteur chez Total, a suivi dans l’université Campus une formation métier lors de son intégration. La formation que j’ai suivie proposait en alternance cours théoriques et expérience pratique sur le terrain. On nous apprend d’abord un métier mais avant tout à appartenir au groupe. A l’issue de ces cinq semaines, Sophie a reçu une attestation de formation. Ma formation au sein de Campus n’est pas revendable en tant que telle. En revanche, je pourrai en valoriser l’expérience.

Si la valeur des formations délivrées par les universités d’entreprises peut être remise en question, ces dernières travaillent à leur amélioration. Ainsi, l’EFMD (the European Foundation for Management Development) a mis en place un mécanisme visant à l’amélioration des formations d’entreprises: CLIP (corporate learning improvement process) liste ainsi 23 standards de qualité et prévoit un rapport d’autoévaluation ainsi qu’un audit mené par des professionnels, y compris des grandes écoles de commerce.

Enfin, n’espérez pas non plus y apprendre l’art de la flûte ou de l’opéra. Annick Renaud-Coulon affirme que l’offre éducative va être de plus en plus ciblée sur les besoins du business au sens strict. C’est sans doute plus sain, dans la mesure où l’on ne peut pas acheter la fidélité des jeunes embauchés en leur faisant miroiter la possibilité de développer leur culture générale.

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