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La politique de Sarkozy sur les bonus : beaucoup de bruit pour rien ?

Le président Sarkozy a parlé. Juste avant la réunion du G20 le mois prochain, le locataire de l’Élysée a déclaré que toutes les banques en France devaient modifier leurs politiques de rémunération, sous peine de ne plus se voir confier de mandats de la part du gouvernement français. BNP Paribas, qui a mis le feu aux poudres avec une enveloppe de bonus somme toute modeste en comparaison d’autres établissements, a décidé de diviser par deux son montant.

Sarkozy exige des banques françaises qu’elles a) reportent les bonus des opérateurs sur trois ans, avec un tiers versé chaque année ; b) provisionnent un tiers du paiement total ; et c) récupèrent (ou tout simplement ne versent pas) les paiements reportés en année 2 et 3 en cas de pertes. Un tsar des rémunérations a même été nommé pour s’assurer que tout se passe comme prévu.

Cependant, exception faite des malus, les propositions ne semblent pas si révolutionnaires : après tout, la plupart des banques reportent déjà une grande partie des bonus sur plus de trois ans.

Bien que BNP Paribas ait déjà obtempéré, il n’est pas évident de savoir si les autres banques françaises seront vraiment gagnantes en se conformant aux exigences du président de la République.

D’après Dealogic, seulement 16 % des commissions de banques d’investissement en France sont provenus, l’an dernier, d’organisations appartenant à l’État (les entreprises publiques partiellement détenues par l’État comme EDF étant exclues). Et si toutes les banques françaises refusaient de se conformer au nouveau régime, la conséquence ne serait-elle pas tout simplement de contraindre le gouvernement français à recourir à des institutions étrangères qui ne se trouvent pas dans l’obligation de respecter ces nouvelles règles ?

commentaires (4)

Comments
  1. C’est juste de la campagne electorale. Monsieur Sarkozy est en campagne electorale perpetuelle!

    Si on nous sucre les bonus on se fera payer offshore dans des limited. Chaque tentative de regulation a cree des methodes de contournement, celle ci n’y echappera pas.

    Quant a l’application de ces reformes, les entreprises privees n’ont de compte a rendre qu’aux actionnaires. L’Etat n’avait qu’à prendre des droits de votes et entrer franchement dans le capital, comme le Royaume-Uni.

  2. Tout à fait d’accord avec ca! Il faut arrêter… je crois que tout le monde aimerait bien gagner sa vie, alors si un financier fait gagner beaucoup d’argent à sa banque il doit être payer en conséquence…

  3. “seulement 16 % des commissions de banques d’investissement en France sont provenus, l’an dernier, d’organisations appartenant à l’État”
    Le business avec les Instit Publics est un business foireux. Les émissions d’Etat par exemple (OAT) se font toutes à marge nulle ou perte de trading. L’AFT est le pire des clients: présomptueux, time consuming et rempli de frustrés qui n’ont pu intégrer des desk de banques.
    Je pensais que Lagarde était plus “aware” que ça.
    Si on enlève la masse (vu la dette de l’Etat) des émissions oblig. et les qq deals d’échanges de capital entre sociétés publiques européennes (énergies, armement, ….) les “16%” qui ne concernent que la France (et que l’activité TAUX) ne motivent aucune banque (hormis d’anciens ENArques et X ayant pantouflé dans des fonctions de Senior Bankers pour justifier leur embauche.

  4. La com’ de l’élysée a apparement fonctionné puisque tout le monde est tombé dans le panneau…
    Il n’y a strictement RIEN de changé, l’enveloppe BNP n’a pas diminué, mais le versement des bonus de cette année est étalée sur 3 ans, même bonus donc, il faut juste être patient :)

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