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Double formation, double diplôme : quel plus pour votre carrière ?

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Un nombre croissant d’écoles de commerce, d’ingénieurs et d’universités font actuellement le pari de proposer à leurs étudiants des bi-cursus débouchant sur un double diplôme. Simple moyen marketing de se démarquer face aux grandes écoles les plus prestigieuses ou réelle volonté d’augmenter l’employabilité des jeunes diplômés ? Nous avons mené l’enquête…

Des parcours double compétence qui font la différence. Tel est le slogan de SKEMA Business School qui, depuis une quinzaine d’années, propose dans le cadre de son programme Grande École des parcours spécifiques offrant une double compétence. Ainsi, les étudiants attirés par les métiers de la comptabilité, de l’audit, de la finance ou du droit peuvent allier une solide connaissance de ces domaines avec une expertise reconnue en management.

Parfois, les doubles diplômes traversent les pays et les cultures. Pour preuve, SKEMA Business School et l’Université chinoise de Tongji ont récemment noué un grand partenariat stratégique, avec à la clé un double diplôme Executive MBA. Concrètement, l’Executive MBA de SKEMA intègre le programme SIMBA (Shanghai International Business Administration) de Tongji, figurant parmi les meilleurs EMBA mondiaux dans le classement du Financial Times. Ce programme sera ouvert dès la rentrée universitaire de septembre 2016.

« Ce partenariat contribue au double rayonnement de la France en Chine et de l’acculturation des étudiants chinois face  à la globalisation. SKEMA et Tongji ont la volonté conjointe de développer des programmes d’excellence afin de former ensemble les talents du XXIème siècle prêts pour affronter les défis économiques, culturels et sociaux », explique Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA Business School.

Des doubles casquettes à n’en plus finir…

Droit et finance, comptabilité et management : toutes les disciplines ou presque se combinent à merveille. Ainsi, le Master professionnel Assas finance propose pour son troisième cycle une double formation en finance de marché et en finance d’entreprise. D’autres proposent un double parcours en droit, comme l’Essec en partenariat avec les universités de Cergy-Pontoise, Paris 10 Nanterre et Paris 2 Panthéon Assas.

Les écoles d’ingénieurs multiplient elles aussi les initiatives. Fin juin 2016, l’EBS et l’ECE ont ainsi signé une convention de double diplôme ‘Ingénieur-Manager’. En intégrant cette filière, les étudiants ingénieurs de l’ECE Paris vont acquérir des compétences en management et sciences de gestion, tout en progressant dans l’une des 7 spécialisations proposées par l’EBS Paris. Quant aux étudiants initialement inscrits à l’EBS Paris, ce double cursus diplômant leur permettra de se spécialiser dans 3 majeures de l’ECE Paris : Finance et ingénierie quantitative, Systèmes d’information, big data et sécurité, Nouvelles énergies et environnement.

« Le fait d’obtenir deux diplômes de niveau Master, un d’ingénieur et l’autre de manager, confère un avantage certain sur le marché du travail », relève Claude Villard, directeur des formations de Télécom Sud Paris, qui elle aussi propose un cursus bidiplômant destiné à former des ingénieurs managers.

Succès garanti auprès des recruteurs ?

A priori, les étudiants sortant de ces écoles ont toutes les cartes en main pour séduire les recruteurs. C’est d’autant plus vrai que les véritables doubles formations, qui proposent une spécialisation tout au long du cursus, ne courent pas les rues ; et c’est bien là ce qui fait la différence face aux diplômés qui complètent leur formation par une année de spécialisation à la fin de leur cursus. «  Les étudiants de formation initiale d’école de commerce ont davantage le réflexe business. Il faut savoir prendre en compte l’environnement de l’entreprise et les attentes du client dans le choix des solutions juridiques », explique Paul Loisel, 23 ans, qui a suivi le parcours double diplôme ESCP Europe / Master 2 Juriste d’affaires.

Mais qu’en est-il justement sur le marché du travail ? L’optimisme qui règne autour des doubles formations ne résiste pas toujours à l’épreuve du terrain. Nous avons soumis une liste d’entre elles à un recruteur spécialisé dans les métiers de banque d’investissement. « Je ne connais quasiment aucune de ces formations. J’avoue que mes clients sont beaucoup plus orientés grandes écoles françaises ». Preuve que typiquement, nombreux sont encore les recruteurs qui continuent de privilégier les candidats issus des écoles les plus prestigieuses (HEC Paris, X, Centrale, Ponts, Mines…) et les mieux placées dans les classements internationaux – quitte à ce qu’ils soient moins spécialisés, au détriment de ceux qui possèdent une véritable double compétence mais issus d’écoles moins renommées.

Quoi qu’il en soit, ce constat n’empêchera pas les doubles formations de se développer. Les rapprochements entre écoles devraient même être amenés à se multiplier. C’est ce que suggère un rapport de la Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises (FNEGE), qui met en lumière les raisons qui poussent écoles, universités et IAE à se rapprocher, et les stratégies utilisées. « La nécessité de former des profils à doubles compétences est devenue un élément de notre compétitivité future », précise Anne Zuccarelli, directeur des Programmes Académiques et des Relations Entreprises du Groupe EDHEC.

Crédits Photo : Chris Jackson

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