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Les traders matières premières profitent de conditions de marchés favorables

En dépit d’un climat plus favorable et d’une reprise de la production pétrolière, le baril a chuté à 60 dollars. Mais ce qui compte, ce sont les fluctuations de prix, qui auront permis aux traders de faire une très bonne année. Malgré la faillite de Refco, le géant des contrats futures et matières premières, les recruteurs estiment que le secteur est très en vue, et a toutes les chances de le rester.

Selon la Securities Industry Association, organisation américaine de trading, les revenus des sociétés financières américaines liés au trading des matières premières s’élèveraient à 3,2 milliards de dollars en 2005, soit plus du double par rapport à l’année dernière. Et selon l’économiste Franz Fernandez, cette croissance ne s’explique pas seulement par les contrats sur le pétrole et le gaz.

Les marchés des futures sur l’énergie ont connu un bond d’activité, qu’il s’agisse de contrats sur le pétrole brut, de contrats sur le gaz naturel, ou de contrats sur les métaux de base et métaux précieux , observe Franz Fernandez.

Il ajoute que la baisse des prix est dans les tuyaux. Le prix des matières premières subit désormais l’influence du ralentissement des marchés domestiques et de la politique de réévaluation des stocks par les entreprises .

Pour les traders qui gagnent de l’argent en pariant sur les mouvements de prix, une telle volatilité est de bon augure. Les bonus des traders vont augmenter de 30 % par rapport à l’année dernière prévoit Michael Karp, co-fondateur et associé de la société de recherche The Options Group.

Les bonus des traders à New York se situent quelque part entre 8 et 14 % des profits réalisés par la société si bien qu’au final, une personne avec un salaire de 125-150.000 dollars peut toucher un bonus pouvant atteindre 1 million. A Londres, les chiffres sont un peu plus raisonnables puisque les salaires atteignent 100.000 livres de salaire. Le bonus varie selon l’employeur – banque d’investissement, sociétés de trading spécialisées ou compagnies pétrolières. Dans la première catégorie, les bonus peuvent dépasser 500.000 livres.

Recrutement en Europe

Opportunistes, les banques d’investissement se sont mises à recruter dans le domaine. Parmi les grands noms, citons CSFB, ABN Amro, Merrill Lynch, JP Morgan, Deutsche Bank, Dresdner KW, Lehman Brothers et Calyon.

Schématiquement, le recrutement s’effectue sur les deux grandes places que sont Londres et New York. Les effectifs de la banque allemande Dresdner KW situés à Francfort ne comptent que pour 25 % du total. Londres est le véritable lieu de travail pour les traders commodités des banques européennes , affirme Jakob Bloch, responsable du recrutement chez Commodity Appointments.

L’Europe continentale tente toutefois de se tailler une part du gâteau. A Paris, le recrutement tourne autour des trois métiers principaux (hedge funds, desks de trading des banques d’investissement et entreprises opérant dans le domaine). Chargé de recrutement chez Robert Walters à Paris, Guy de Bravoir explique que les banques d’investissement comme les majors pétrolières cherchent à monter des équipes : c’est un marché de niche, mais il monte en puissance en profitant de la volatilité .

En termes de salaires en France, Guy de Bravoir estime qu’un trader ayant cinq ans d’expérience peut gagner un fixe de 90.000 euros auquel s’ajoute un bonus variant de 100 à 150 %.

En Italie, on a mis en place une Bourse d’échange d’énergie l’année dernière. Paolo Ghislandi, secrétaire général de Aiget, association des fournisseurs et traders d’énergie basée à Milan, indique que Milan compte 150 traders dans le domaine. Il s’attend à une augmentation de ce chiffre : le marché italien continue de se développer. Mon sentiment est que les banques italiennes et internationales attendent que ces marchés deviennent plus liquides pour se positionner en market makers sans avoir à posséder de sites énergétiques en propre .

Les rémunérations en Italie sont un peu en deçà de ce qui se fait à Paris, mais les postes sont proposés par des grandes compagnies, qui offrent selon Paolo Ghislandi, une relative sécurité.

Kyoto ou la promesse d’un nouveau marché

L’avenir, c’est le trading de carbone promu par les accords de Kyoto dont les pays signataires vont entrer dans un schéma d’échange de rejets de dioxyde de carbone à partir de 2008. En Europe, un tel système a été lancé cette année. Consultante spécialiste en émission de gaz à effet de serre chez Commodities Appointments, Cornelia Luptowitsch explique que les desks des banques d’investissement sont petits mais en croissance : des recrutements vont avoir lieu l’année prochaine : pour ceux qui ont une expérience du trading de matières premières, le trading de gaz à effet de serre pourra constituer une évolution naturelle .

Le phénomène est le même aux Etats-Unis qui n’ont pas signé le protocole de Kyoto. Nous recevons d’ores et déjà des missions pour l’année 2006 , rapporte Michael Karp.

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