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Frais de scolarité : la France fait-elle figure d’exception en Europe ?

L’Association européenne des universités vient de publier un rapport sur les conséquences de la crise financière sur les universités européennes. Bilan : leurs budgets ont été sabrés. Seuls quelques pays sont relativement épargnés, et la France en fait partie. Les universités françaises bénéficieront cette année d’une hausse moyenne de 3 % pour leur fonctionnement, à laquelle s’ajoutent plusieurs enveloppes destinées à la gestion des ressources humaines ou à la mise à niveau des bâtiments, pour les 73 universités passées à un statut autonome , soulignent les auteurs du rapport.

Et l’avenir s’annonce plutôt radieux : le grand emprunt , plan de relance national de 35milliards d’euros, devrait comprendre 11milliards d’euros pour l’enseignement supérieur, ainsi que huit milliards pour la recherche. Les projets incluent par exemple la constitution d’une dizaine de campus d’excellence regroupant plusieurs institutions.

Des différences selon les pays

De son côté, la Fondation Robert Schuman a analysé les frais de scolarité des universités et les aides financières aux étudiants dans six pays européens. Deux tendances se distinguent clairement : celles des pays comme le Danemark, les Pays-Bas et le Royaume-Uni qui ne subordonnent pas l’aide financière aux revenus des parents, privilégiant ainsi l’indépendance financière des jeunes, et ceux comme l’Allemagne, l’Espagne et la France qui, s’appuyant sur la solidarité familiale, attribuent l’aide en fonction de critères sociaux.

Ainsi, dans l’Hexagone, les droits d’inscription sont déterminés par arrêté ministériel (174€ en licence, 237 € en master et 359 € en doctorat pour 2010-2011). Le dispositif d’aide financière repose principalement sur les bourses octroyées en fonction du revenu des familles, et sur les aides au logement, attribuées en fonction du revenu de l’étudiant. Des frais plutôt dérisoires lorsqu’on les compare à ceux pratiqués par les business school. Chez HEC Paris, par exemple, les seuls frais de suivis administratifs (615 €) sont déjà deux fois supérieurs, les étudiants devant débourser au total 13 200 € pour chaque année de cycle Master (M1 et M2).

Attention toutefois à ne pas se réjouir trop vite : tout le monde n’a pas accès à une Bourse (seuls 30 % des étudiants sont concernés). D’ailleurs, selon l’Observatoire de la vie étudiante, 225 000 jeunes peinent toujours à financer leurs études. En France, la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur va de pair avec des aides financières destinées aux seuls étudiants issus des familles les plus modestes, mais certains établissements imposent des droits supplémentaires , constate Florence Kamette, consultante et spécialiste de l’analyse comparée des droits étrangers.

Étudier en province revient moins cher

C’est notamment le cas de l’Université Paris-Dauphine, qui a défrayé la chronique lors de la dernière rentrée, en décidant de rehausser le coût du master jusqu’à 3 500 € selon le revenu des parents.

Néanmoins, ces frais restent bien en dessous de ceux pratiqués par les grandes écoles de commerce parisiennes, rarement en dessous de la barre des 10 000 €. Partir étudier en province peut s’avérer très économique pour les étudiants qui ne peuvent débourser de telles sommes. À l’EGC, une nouvelle école de gestion et de commerce qui ouvrira à la rentrée prochaine à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, les frais de scolarité s’élèvent à 2500€ par an.

Même la prestigieuse École de Management de Strasbourg affiche des frais de scolarité deux fois moins élevés que ses homologues parisiennes, de l’ordre de 6 500 € l’année, Et pour cause, puisque cette business school, nichée dans l’Université de Strasbourg, dispose à la fois de ressources académiques et financières. Notre budget s’élève à 21,6 millions d’euros dont 33,8 % financés par l’Université, 23,2 % par l’État, et 43 % sur nos ressources propres, ce qui fait que nous pouvons attirer les meilleurs étudiants, toutes origines sociales confondues , expliquait le mois dernier Michel Kalika, directeur de l’EM Strasbourg, lors de l’inauguration des locaux parisiens de l’école. Un exemple peut-être à méditer pour les autres business schools…

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