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Le désamour des jeunes diplômés pour l’IT Finance

Les jeunes diplômés en finance délaisseraient-ils la filière informatique ? Depuis environ deux ans, les filières de formation aux métiers de l’informatique perdent des étudiants , constate Régis Granarolo, président du Munci, l’association professionnelle des informaticiens qui regroupe quelque 2 500 adhérents (Les Échos.fr). Nous n’avons que 24 étudiants ingénieurs informaticiens en dernière année, alors que nous en avons eu jusqu’à 40 , confirme Narendra Jussien, chef du département informatique à l’École des Mines de Nantes (Ouest France).

De leur côté, les recruteurs reconnaissent qu’ils rencontrent des difficultés. Il y a de la concurrence , confie un responsable de ressources humaines. Et les choses ne vont sans doute pas s’arranger. Si la croissance se maintient, on aura très certainement des difficultés pour remplir les objectifs de recrutement cette année , reconnaît Philippe Tavernier, responsable du pôle emploi et formation au Syntec numérique, la chambre professionnelle du secteur.

Des salaires trop bas ?

Des recruteurs en finance nous ont par ailleurs confié que le marché était tendu et que le turnover était élevé, surtout dans les petites SSII. Sur un marché étroit et tendu, elles peinent à attirer les talents face aux grands noms du secteur qui ont annoncé des plans d’embauche ambitieux. Bon nombre sont comparables à des sociétés d’intérim : elles placent les informaticiens chez les clients, sans apporter d’expertise globale, poursuit Régis Granarolo. Par ailleurs, les informaticiens préfèrent être salariés des sociétés qui les utilisent. Cela évite de passer d’un client à l’autre tous les six mois .

Outre les conditions de travail, notamment les nombreux déplacements induits par certaines missions pas toujours très palpitantes, les syndicats pointent les salaires trop bas de la profession qui dissuadent les jeunes diplômés d’y faire carrière. La convention collective fait démarrer des jeunes à bac+5 à moins de 2 000 € brut , déplore ainsi Gilles Davoine, de la CFDT. Les petits salaires ? C’est en partie exact. Une journée de développeur est facturée 300 à 500 € par le prestataire aux clients : ces derniers devraient accepter de payer plus pour valoriser les compétences , explique Guy Mamou-Mani, président de Syntec numérique.

Perspectives de carrières bien réelles

Attention cependant à ne pas tomber dans la sinistrose. Aujourd’hui, les sociétés de service offrent des perspectives de carrière aux salariés , poursuit Guy Mamou-Mani. Le Syntec numérique, qui a même créé un groupe de travail destiné à redorer le blason des SSII, rappelle que les trois quarts des SSII mettent des informaticiens à disposition de clients comme les banques et les assurances, secteurs où justement la reprise se profile.

Mais encore faut-il trouver les bons candidats. Le problème, c’est l’inadéquation entre les profils recherchés par les entreprises et ceux qui sont disponibles, regrette Régis Granarolo. Certaines SSII ont tendance à chercher le mouton à cinq pattes pour des missions spécifiques. La quête est forcément plus compliquée .

Conséquence : les entreprises sont obligées d’aller recruter dans les filières voisines. On s’intéresse à différents profils d’ingénieur, dans la physique, la mécanique, l’industrie. Et on essaye de les amener vers les métiers informatiques, même si cela demande plus de travail et de formation , note Consuelo Benicourt, directrice du recrutement de Sopra Group, qui veut embaucher au moins 1 600 personnes en France cette année.

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