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Les étudiants des business schools vont-ils devoir prêter serment ?

Ils sont tous coupables , a déclaré à la barre Catherine Lubochinsky, une enseignante qui anime un master en finances à l’université Paris-II, en réponse à une question du parquet, au huitième jour du procès de Jérôme Kerviel, suscitant les rires de l’audience (Reuters).

La critique vaut-elle pour les écoles de management ? On ne peut pas les rendre responsables de la crise des subprimes, car l’aveuglement était collectif, estime Bertrand Collomb, président d’honneur de l’Institut de l’entreprise. Mais il est vrai que les business schools n’ont pas manifesté la distance critique que l’on pouvait espérer d’elles par rapport à ce qui se passait (Le Monde).

Si responsabilité il y a, alors, nous sommes coupables d’une certaine arrogance à l’égard des notions de temps, de risque, et à l’égard de valeurs comme le sens du collectif, ajoute Jean-Pierre Helfer, président du Cercle de l’entreprise et directeur d’Audencia. La situation mérite de changer la manière dont nous fonctionnons.

Prêter serment… comme les médecins et les avocats

D’où la proposition de mettre en place un serment, à l’image de ce qui se pratique déjà chez les médecins et les avocats. Telle est en tout cas la suggestion du rapport Repenser la formation des managers conjointement publié par l’Institut de l’entreprise, le Cercle de l’Entreprise et du Management et la Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (Fnege).

Une idée qui a déjà séduit de grandes écoles outre-Atlantique. Ainsi, la Harvard Business School a mis en place en 2009 un serment permettant aux jeunes diplômés de s’engager à respecter certaines normes éthiques, et leur fournissant une sorte de code professionnel (New York Times).

Aujourd’hui, les managers considèrent que ce qui est légal est moral. Ils ne vont pas au-delà, et ne se posent pas la question de savoir si leur action est équitable pour toutes les parties, ou si leur famille serait fière de savoir ce qu’ils font , constate Michel Bon, président de la Fnege. Un avis partagé par Bertrand Collomb.

La crise a révélé certains problèmes dans le comportement des managers, dans leur façon trop excessive d’appliquer certaines théories économiques ou financières en leur prêtant une confiance aveugle. Depuis, les business schools n’ont pas eu la distance critique sur elles-mêmes qu’on aurait pu espérer.

En attendant que la proposition fasse son chemin dans l’Hexagone, certaines grandes écoles françaises ont déjà pris les devants. Nous apprenons à nos étudiants à aller à l’encontre de cet adage que l’on entend souvent en banque d’investissement : “Le marché a toujours raison.” Nous leur apprenons aujourd’hui à dire “non” aux marchés financiers , rappellait Nicole El Karoui, directrice du Master de probabilités et finance de l’Université Paris 6 et Polytechnique, à l’occasion d’une conférence sur L’état de l’enseignement et de la recherche en finance suite à la crise , organisée par le Club des Jeunes financiers et le Club Finance Sorbonne.

Éthique et culture générale

Invitées à tirer les leçons de la crise, des personnalités du monde éducatif comme Laurent Batsch (président de l’Université Paris Dauphine), Philippe Dornier (professeur à l’ESSEC) et Bernard Ramanantsoa (directeur d’HEC), mais également des professionnels de la finance comme Christine Florentin (directeur financier chez HPWM-HSBC Private Bank Paris), Bernard Lemée (conseiller du président et de la direction générale de BNP Paribas) et Alain Perroux (associé en charge des RH chez Ernst & Young), avancent dans le rapport d’autres propositions, comme favoriser l’esprit critique, lequel en effet a fait cruellement défaut à certains opérateurs financiers durant la crise.

Ils demandent également aux établissements qui forment les futurs managers d’accorder une plus grande place à la culture générale et introduire davantage d’éthique dans les cursus proposés. L’enseignement de la finance est en train de s’élargir : il ne doit pas exclusivement se nourrir de mathématiques, mais aussi de droit, de psychologie, d’Histoire et surtout d’économie , rappelle Jezabel Couppey-Soubeyran, directrice du futur Master de contrôle des risques bancaires et de sécurité financière de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Et ce, d’autant plus que la culture générale est, dans la tradition européenne, le socle du commandement, rappelle le rapport, avant de citer Charles de Gaulle : Au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote.

commentaires (1)

Comments
  1. Non mais ce qu’il ne faut pas entendre… =_=… Bonjour la langue de bois!!

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