☰ Menu eFinancialCareers

Début de carrière sur les chapeaux de roues

Les premières années en banque d’affaires seront dures mais fascinantes.

Après une série d’entretiens stressants et éreintants, un candidat
peut se voir offrir un emploi de rêve dans une des principales
banques d’investissement ou chez un des principaux
gestionnaires de portefeuille. Il est possible qu’il sache déjà
à quoi s’attendre ; peut-être a-t-il déjà même travaillé
en tant que stagiaire dans un poste similaire à celui
qui lui est proposé.

Il ne se fait pas d’illusion sur le fait que ce sera facile.
D’ailleurs il n’a pas choisi cette carrière dans cette
optique. Il se dit qu’il aime relever les challenges,
que les pause-déjeuners sont pour les mauviettes,
et qu’il peut exécuter tout ce que lui demande
son employeur. Il est avide de travailler.

En outre, il fantasme sur la façon dont il va dépenser son premier
gros salaire et il réalise qu’il va pouvoir dire adieu à la période
difficile de l’étudiant démuni ! Son nouvel emploi implique aussi
de voyager. Chaque candidat rêve d’être trimbalé dans le luxe
des classes affaires avant de se retrouver dans des destinations
exotiques pour des réunions importantes.


Le prestige avant tout ?

Quand JPMorgan a fait des recherches sur la motivation des
choix de carrières des non-diplômés, elle en a conclu que ceux
ayant un fort intérêt pour la banque d’investissement étaient attirés
par une formation de qualité et une implication directe dans
des projets d’envergure.

Les candidats sont séduits à l’idée de pouvoir travailler
rapidement sur des dossiers avec des gros enjeux économiques
et financiers , souligne Arielle Benavides, directrice des
ressources humaines chez JPMorgan à Paris. Ils tiennent aussi
à garder un équilibre entre leur vie privée et leur vie
professionnelle, même s’il est vrai qu’ils consacrent beaucoup
de temps à leur travail.

Les nouveaux recrutés savent que le milieu de la banque
d’investissement est très dur et que leur vie professionnelle
aura priorité sur leur vie sociale , ajoute Arielle Benavides.
Il est important qu’ils connaissent leur capacité à résister
physiquement à la pression et au rythme très soutenu .

Ils ont souvent été habitués à avoir des horaires de travail intenses
en prépa, mais se sont parfois relâchés en écoles de commerce
ou d’ingénieurs. En effet, les étudiants brillants
peuvent souvent s’en sortir en étant désorganisés
voire même assez feignants pendant leurs études.
En revanche, ils ne peuvent pas agir de cette
manière dans l’univers professionnel où ils devront
faire face à la critique de leur travail.

Le travail était extrêmement prenant et l’atmosphère
très compétitive dans la mesure où chacun essaie
de se dépasser , indique une ancienne stagiaire
de Goldman Sachs. Ce qui est très frustrant, c’est que le travail
peut être trivial. Du coup, il est difficile de briller parmi ses
collègues. Vous devez être préparé à rester de bonne humeur
quand votre travail suscite de lourdes critiques , raconte-t-elle.


Confiance en soi

Mises à part les longues heures de travail, le nouveau challenge
implique également d’apprendre rapidement de nouvelles
compétences et d’acquérir de la confiance en soi en traitant
avec les clients et les collègues.

Travailler avec un grand nombre de nouvelles personnes
est un véritable test des compétences interpersonnelles
et de la confiance en soi, estime un banquier junior.
Rencontrer constamment des personnes peut être fatiguant,
particulièrement quand vous faites un énorme effort pour
vous montrer intelligent et intéressant. Les gens sont plus
compétitifs et moins indulgents qu’en écoles .

Ce banquier explique qu’il est important de ne pas accepter
plus de travail qu’il n’est possible d’en faire. Les nouveaux recrutés
en acceptent souvent trop parce qu’ils veulent impressionner
ou parce qu’ils sont effrayés à l’idée de dire à leur supérieur qu’ils
sont occupés à faire quelque chose d’autre. Mais un bon patron
acceptera un non si une raison valable est avancée, alors qu’il
sera moins indulgent si un travail accepté de plein gré est
de mauvaise qualité ou si une échéance n’est pas respectée.


Pression

Sasibai Kimis a travaillé un an au département énergie chez
Lehman Brothers à New York après avoir étudié à l’Université
de Pennsylvanie, Wharton.

Déçue par les heures de travail extrêmement longues et
la culture bancaire, elle est aujourd’hui au poste de directeur
financier dans une entreprise d’équipements de voies ferrées
en Malaisie. A Wharton, nous avions reçu une formation
à la pression, mais travailler pour Lehman Brothers était très
dur. Nous travaillions souvent 100 heures par semaine ,
souligne-t-elle. Quand vous êtes analyste, il ne vous reste
que très peu de temps pour votre vie personnelle .


Les coups de pouce

Conscientes que la vie de leurs employés peut être stressante,
de nombreuses banques prévoient des moyens qui peuvent
changer leur mode de vie, en le rendant moins décourageant.
Aujourd’hui, les services de concierge s’occupant de petits
détails de la vie pratique, comme de trouver un nouveau
médecin, un plombier ou la prise en charge du nettoyage
à sec, sont de plus en plus courants. Un grand nombre
de banques offre également des services de conseil pour
les employés trop stressés.

Les plans de parrainage pour aider les nouveaux recrutés sont
aussi en train de se développer. Chez JPMorgan à Londres,
le système du meilleur ami rapproche les débutants à des
personnes qui ont déjà travaillé plusieurs mois pour les aider
à s’installer dans leurs nouvelles fonctions. La banque propose
également un système de coach avec des employés
plus expérimentés qui tiennent le rôle de guide pendant que
les nouveaux recrutés suivent le programme d’embauche.
A Paris, les plans de parrainage se mettent en place
de manière implicite puisqu’un junior travaille en particulier
avec un senior , indique Arielle Benavides.

Un autre banquier conseille aux débutants de simplement
se concentrer sur leur travail pendant les premiers mois.
Une vie sociale plus satisfaisante, s’ils en ont le temps,
pourra venir plus tard.


Patience et persévérance

Si tout ceci paraît terne, il faut être patient. De l’avis de
beaucoup de personnes, bien que la vie d’un jeune diplômé
soit indéniablement exigeante, la récompense intellectuelle
et financière en vaut la peine.

Même si elle a finalement quitté le secteur des services
financiers, Sasibai Kimis admet que ce sont les années
pendant lesquelles vous pouvez travailler dur et faire beaucoup
la fête. Je pense qu’au fur et à mesure que vous vieillissez
et que l’on considère que vous avez fait ce qu’il faut,
les choses peuvent devenir plus faciles .

Avec un peu d’expérience, les jeunes diplômés acquièrent
des connaissances et des compétences leur permettant
de travailler de manière plus efficace. Le travail va plus vite,
les erreurs se font plus rares, et le sentiment de fragilité
disparaît. A ce stade, la plupart des personnes peuvent se
détendre dans leur travail et recommencer à profiter de la vie.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici