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Quand les banques et les SSII confondent stagiaires et jeunes diplômés

Le collectif Génération Précaire a constaté dans les banques une forte hausse des offres de stages et une diminution parallèle des offres de CDD, en particulier pour les jobs d’été. Ainsi, par souci d’économies, des entreprises font tourner des stagiaires sur de vrais postes et proposent à de jeunes diplômés de commencer par de longs stages, avant de leur promettre une embauche éventuelle. Le stage est de plus en plus détourné de son objectif pédagogique pour devenir un outil de flexibilité à la disposition des employeurs , regrette Éric Pérès, en charge du dossier pour FO (Les Échos.fr).

Dans la finance, les banques ne sont pas les seules pointées du doigt. La pratique serait également courante dans les SSII. Évidemment, la SSII ne dit pas à ses entreprises clients que ses consultants sont en fait des stagiaires qui sont payés 300 à 400 € par mois, soit cinq, six ou sept fois moins qu’un consultant normal , note Marine, membre de Génération Précaire (NouvelObs.fr). D’où émanent en définitive les offres incriminées ? Qui conçoit, dans les DRH, un besoin particulier sur une demande y compris du management, et la traduit non pas en une émission de demande de CDD mais en demande de stages ? , s’interroge Guillaume, lui aussi membre du collectif.

Mieux encadrer les périodes de stages

Devant de telles pratiques, patronat et syndicats entendent bien ne pas baisser les bras : ils viennent de signer ce mois-ci un accord national interprofessionnel destiné à modifier la réglementation des stages afin de limiter les recours abusifs à des stagiaires en remplacement de salariés. Un délai de carence entre deux stages sur un même poste, d’une durée égale au tiers du stage qui se finit, est prévu : Les entreprises ne pourront plus faire tourner les stagiaires sur de vrais postes , se réjouit Gabrielle Simon de la CFTC.

Mais des lois, il en faudra sans doute d’autres pour mettre fin aux abus. Dans les cabinets de conseil en stratégie comme Bain ou BCG, ou dans les banques d’affaires telle Merrill Lynch, les apprentis consultants peuvent fréquemment finir à minuit ou au-delà, en toute légalité. Leur durée de travail n’est pas directement réglementée. A priori, tant que l’entreprise ne soumet pas ses stagiaires à des horaires plus contraignants que ceux s’appliquant à ses salariés, ça passe… , explique l’avocat Michel Liet (Capital.fr).

Requalifier son stage en CDI

Pourtant, certains stagiaires ont décidé de ne pas se laisser faire. Pour preuve, Génération Précaire reçoit chaque semaine une dizaine de mails de jeunes qui considèrent que leur stage devrait être requalifié en CDI. Nous faisons un premier tri des dossiers pour ne garder que ceux que nous pensons “gagnables”. Pour cela il faut que l’étudiant soit toujours en place dans l’entreprise, ou dans le cas contraire, qu’il ait des preuves écrites que le stage n’en était pas un. Ensuite nous assurons la mise en contact avec un avocat, qui évalue si le dossier est tenable devant les prud’hommes , explique Ophélie Latil, membre du collectif (L’Étudiant.fr ).

D’après elle, c’est le cumul d’un ensemble de critères qui fait la validité d’un dossier, parmi lesquels : l’absence de suivi pédagogique ; l’existence d’un lien de subordination important et d’objectifs à remplir (clairement chiffrés) ; le fait que le stagiaire ait des cartes de visite à son nom ; l’existence d’un roulement entre les stagiaires (le stagiaire qui s’apprête à partir doit former celui qui va lui succéder) ; la facturation du travail du stagiaire à des clients de l’entreprise. Si vous êtes dans ce cas, vous pouvez toujours tenter de faire requalifier votre stage en CDI.

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