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Journal de bord d’un stagiaire en banque privée (épisode 5)

Stephane* a accepté de vous livrer régulièrement, pendant deux mois, ses impressions de stage. Votre feuilleton de l’été se termine. A commenter absolument !

Pour le dernier épisode de mon journal de bord, j’aimerais vous livrer mon sentiment sur le secteur de la banque privée, ce que j’en ai retenu : ses plus et ses moins.

Il s’agît avant tout d’un métier de relations humaines, en fait presque de psychologue ! Les chargés de clientèle, loin d’être des simples gérants d’actifs financiers, ont la chance d’avoir un nombre de clients limité, avec qui ils établissent un lien de confiance dans la durée. Ses points forts ? Leur compréhension des problèmes du client et de sa famille, une grande capacité à les analyser à la fois en tant que banquier mais aussi à travers le regard du client et à obtenir d’eux des informations. Connaître le profil des clients (leur background, leurs passions…) est déterminant. Savoir si ces derniers ont subi un échec après avoir lancé une start up sur Internet, s’ils ont un élevage de chevaux de course ou encore s’ils collectionnent les poteries chinoises, tous ces éléments affectent leur prise de décision. Et les maitriser constitue le sésame pour obtenir le statut de trusted advisor. C’est cet élément psychologique fort, cette nécessité de s’immerger dans l’histoire d’une famille et bien connaître ses motivations, qui m’attire le plus dans ce métier.

Le deuxième point qui me semble intéressant est la diversité des problématiques abordées. Chaque matin, mes collègues lisent plusieurs journaux et font eux-mêmes leur revue de presse. Ils ont la nécessité de se tenir au courant de dossiers extrêmement divers : de l’évolution du droit des successions aux fondations ceuvrant dans des domaines variés. Cultiver une culture générale autour des questions financières et juridiques est particulièrement stimulant. Il s’agit de savoir ce qui se fait et ce qui peut intéresser ses clients, qu’il s’agisse d’investissements atypiques comme des équipes sportives ou des structures philanthropiques permettant une implication managériale d’un ancien chef d’entreprise, par exemple.

Enfin, mes collègues ont une parfaite maîtrise sur le plan financier ou juridique, selon qu’ils travaillent sur un aspect ou sur l’autre. D’ailleurs, ils ont tous, au-delà de leur formation, une expérience, au minimum, hors banque privée, soit dans un fonds d’investissement, soit dans des cabinets d’avocats… Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas trouvé de débutants dans ma structure ! C’est peut être différent ailleurs…Toujours est-il que ce qui m’attire dans ce secteur, c’est surement ce côté-là à la fois expert et généraliste, et aussi la maturité et le recul qu’il requiert.

C’est peut-être ce dernier point paradoxalement qui me refroidit…Je m’explique : le travail, rythmé par les rendez-vous avec les clients et l’exigence de disponibilité, n’est pas extrêmement intensif comme cela pourrait être le cas en investment banking. Il exige plutôt des réponses ponctuelles adaptées. Pas de nuits blanches ou de montées d’adrénaline, mais la nécessité d’une attention forte dans ce que l’on fait avec de la perspective.

Mon stage, que je termine, m’a captivé. Une chose est sûre : contrairement à ce que je pensais en le commençant, je m’intéresserai un jour de près à ce secteur. Pour autant, je n’envisage pas d’y commencer ma carrière… Car, à titre personnel, je le trouve un peu …disons pépère . Il manque ce côté excitant et palpitant que l’on recherche à mon âge… Ma quête du Graal continue !

* Le nom a été changé

commentaires (7)

Comments
  1. Je trouve cette analyse très intéressante car elle montre l’intérêt qu’a suscité le secteur de la banque privée après un stage et en même temps la grande difficulté d’y accéder en tant que jeune diplômé.
    D’où ma question : y a-t-il un parcours privilégié pour intégrer ce secteur en tant que jeune diplômé?

  2. je crois que le 3eme cycle de Clermont est tres coté en France pour la gestion de pat./fortune.

  3. Journal intéressant qui m’a permis d’avoir un apercu de ce qui m’attend suite à mon embauche en private banking à Geneve.

    quelques commentaires:
    – entrer dans ce domaine pour un JD est tout à fait possible, notamment avec des competences finance/informatique qui sont très recherchées/appréciées.

    – trouver un job en tant que JD est plus aisé à l’étranger qu’en France (et on est mieux payé)

    – les horaires et le rythme de travail sont beaucoup plus appréciables et “normaux” que dans l’usine qu’est la banque d’affaires. Bref si vous avez une vie en dehors du travail ca vaut le coup.

  4. Merci beaucoup pour cet apperçu plein de sel et sans fiel. Autant savoir ce qui qui vous attend

  5. Mtt j’espère que vous ne rejoindrez pas vos nombreux collègues français qui viennent en Suisse pour nous rabâcher sans cesse les oreilles avec “combien la France c’est mieux que la Suisse” après l’avoir pourtant quittée…

  6. Je vais passer un entretien pour un stage longue durée en private banking. j’ai une question que je me pose qui est de savoir si il est possible de passer de private banking à investment banking après un stage?
    en sachant que la banque privée est la division d’une grande banque d’affaire, donc est-il possible de bouger à l’intérieur même de la banque?

    merci d’avance et je vous remercie pour ce compte-rendu qui me sera bien utile pour mon entretien

  7. Je vais bientôt terminer mon stage de fin d’étude en Banque privée.
    Et je souhaiterais travailler en Private Banking en Suisse.
    Je recherche alors des adresses et des contacts, qui pourrait m’aider dans ces démarches??

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