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HEC meilleure “business school” européenne, vraiment ?

Pour la cinquième année consécutive, HEC décroche la première place du classement européen des écoles de commerce effectué par le Financial Times. ” On est assez content, et en même temps très inquiet parce qu’on voit que la concurrence internationale nous talonne de façon très agressive “, commente Bernard Ramanantsoa, directeur général du groupe HEC dans une interview sur BFM Business.

Pour établir ce palmarès, le FT a compilé quatre classements réalisés au cours de l’année : les meilleurs MBA, les meilleures formations continues, les meilleurs Executive MBA et les meilleurs masters en management. À cela s’ajoutent d’autres critères académiques, comme le taux de féminisation et d’internationalisation des professeurs, ainsi que la part de doctorants parmi eux.

Des différences plus marquées sur le plan académique…

Avec de tels critères, guère étonnant que HEC truste la première place. Elle est la plus ” riche ” de toutes les écoles européennes (100 millions d’euros de budget) et a noué de nombreux partenariats prestigieux à l’étranger. Ce qui la distingue des autres écoles tient d’ailleurs plus à la composition de son corps professoral (rayonnement de la recherche, pourcentage de professeurs étrangers) qu’au salaire de ses diplômés, peut-on lire dans L’Express qui chaque année publie le classement des meilleurs business school françaises.

Pour preuve, trois ans après l’obtention d’un MBA, les diplomés d’HEC ne sont pas les mieux lotis, puisque leur salaire moyen s’élève à 122.086 dollars (91 880 euros) contre 142.340 dollars pour la London Business School ou 139.941 pour l’Insead, respectivement deuxième et troisième du classement du FT. Par contre, les diplomés d’un Executive MBA sont beaucoup mieux traités puisque trois ans après l’obtention du diplôme, HEC fait beaucoup mieux que ses concurrents avec un salaire moyen de 314 473 dollars (236 872 euros), relève Le Monde.

Ces résultats suggèrent cependant une autre question. Pourquoi les grandes écoles françaises, de management ou d’ingénieurs, sont si bien notées dans les classements européens, mais se retrouvent en mauvaise posture dès que l’horizon s’élargit ? ” s’interroge Dominique Seux, rédacteur en chef aux Echos. Présence de Prix Nobel, nombre d’articles publiés dans les grandes revues, taille des établissements, moyens financiers sont autant d’éléments qui jouent en défaveur des écoles européennes et françaises.

…que sur le plan professionnel

Selon une récente enquête de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), seul 1 recruteur sur 10 consulte les classements établis sur les écoles de commerce. Et ils sont plus de 85% à ne faire aucune différence entre les écoles de commerce lorsqu’ils recrutent un débutant. De quoi remettre en cause bien des idées reçues, notamment les soi-disant différences mesurées au centième de point par les classements annuels entre les leaders proclamés que sont HEC, l’ESSEC, ESCP Europe, EM Lyon et l’EDHEC.

Niveau cooptation, il est vrai que HEC peut capitaliser sur ses anciens diplômés qui ont tissé des réseaux au cceur des plus hautes sphères du pouvoir, dont figurent d’ailleurs un certain nombre de chasseurs de têtes issus de l’école. Mais l’effet réseau montre lui aussi ses limites. C’est encore plus vrai dans les pays anglo-saxons, où ” vous devrez aussi montrer à la personne chargée du recrutement des exemples concrets qui prouvent vos qualités “, rappelle Jean-Francois Delrieu, titulaire d’un MBA HEC.

HEC divise, jusque dans ses propres rangs…

Certains anciens diplômés d’HEC se montrent particulièrement sévères à l’égard de leur formation. ” L’école encourage l’acceptation passive d’un système fondé sur l’argent, l’irresponsabilité et l’égoïsme. Elle enferme les futurs décideurs dans un environnement artificiel, menant à des comportements absurdes “, dénonce Tom Schmitz, diplômé d’HEC en 2010 (Libération).

Sans oublier la parution, l’an dernier, du livre de Florence Noiville intitulé ” J’ai fait HEC et je m’en excuse “, aux éditions Stock, qui a provoqué l’ire de certains HEC. ” Sans doute eût-il été intéressant de faire une enquête sérieuse, de nature sociologique ou ethnologique sur cette école, plutôt que de formuler quelques anathèmes et jeter le discrédit sur l’une des meilleures formations mondiales en ne vous fondant que sur les témoignages anonymes d’une demi-douzaine de vieux copains de promo “, rétorque Denis Kessler, diplômé d’HEC aujourd’hui PDG du groupe international de réassurances SCOR, (Le Figaro).

Mais que l’école de Jouy-en-Josas se rassure : elle n’est pas la seule visée par les critiques. ” Au moment de la crise, en 2008, la Harvard Business School a mis tous ses cas pratiques à la poubelle, montrant ainsi qu’il fallait repenser de fond en comble la formation des managers. Il est grand temps que la France fasse de même “, explique Florence Noiville dans une récente interview .

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