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De l’utilité des classements écoles

Il y a, pour ainsi dire, autant de classements que de journaux … Mais les départements des ressources humaines les regardent-ils vraiment ?

S’intéresser aux classements des écoles relève quasiment d’une activité à plein temps. Le Point, Challenges, L’Express, Usine Nouvelle… Il y a en une véritable pléthore. L’exercice fait figure de marronnier pour la presse. Celui du Financial Times sur les meilleurs masters en management et celui du Wall Street Journal, qui recense les MBA préférés des recruteurs au niveau mondial, sont les dernières en date.

Les étudiants, en mal de repères, comme les parents, en quête de la meilleure formation pour leurs enfants, en sont particulièrement friands. Les écoles, de leur côté, attendent impatiemment, certaines fébrilement même, que la messe soit dite. Mais qu’en est-il des RH ? Sont-ils aussi accro que vous à ces rites annuels ?

Le discours officiel s’en tient évidemment à vanter vos compétences, aptitudes et autres qualités plutôt que le rang de votre école. Deux professionnels des ressources humaines nous ont toutefois confié ouvertement l’usage qu’ils faisaient de ces classements :

Caroline Balland, responsable communication recrutement, Société Générale :

Nous nous intéressons de très près à ces classements dans la mesure où ils sont relayés au public. Mais ils n’ont pas valeur de loi ! Nous regardons plus les progressions dans les classements que les premiers rangs, ceux-là changent rarement d’une année sur l’autre. Nous croisons ces données avec les infos que l’on récolte en interne auprès de nos professionnels et sur le terrain grâce aux contacts que l’on peut avoir avec les directions des écoles ou les étudiants lors d’événements (forums, roadshows, présentation de nos métiers…). Ces classements ne reflètent pas forcément la réalité sur le terrain. Par exemple, les universités françaises ne sont pas mentionnées alors qu’elles proposent des formations très intéressantes pour certains de nos métiers. Même chose pour des formations en Europe de l’Est (Roumanie, République Tchèque…). Reste que ces classements sont incontournables pour définir notre politique en matière de recrutement mais aussi pour nous aider à établir nos grilles de salaires pour les jeunes diplômés .

Arielle Benavides, DRH Europe, Lazard :

Les classements écoles restent très importants en banque d’investissement. Dans notre secteur, nous avons une approche très élitiste. Les classements nous permettent d’exercer une veille à l’égard des écoles. Même s’ils sont critiquables, ils reflètent assez bien le degré de qualité des profils des étudiants. Personnellement, je vais tout éplucher dans les classements. Il y a les 10 incontournables premiers rangs, mais aussi des écoles très dynamiques plus loin dans les rankings. La BFI a indéniablement ouvert ses critères de recrutement ces dernières années. Et les classements donnent, à cet effet, des indications précieuses quant à l’évolution de l’offre de formation, qui croît rapidement et se spécialise sans cesse. Notre secteur cible de plus en plus les formations spécialisées, qui ne sont pas forcément dans le top 10. Par ailleurs, plus on progresse dans sa carrière, moins l’école est déterminante dans le recrutement et les salaires .

commentaires (7)

Comments
  1. C’est très dommage que la France fonctionne encore aux étiquettes. Ce n’est pas en rendant le marché ultra discriminatoire et corporatiste que l’on progressera… Les DRH sont trop vraiment trop feignants pour faire un travail de fond.

  2. Ce qui est rare est précieux c’est bien connu

  3. En France, les DRH s’appuient beaucoup plus sur la réputation des écoles ou des diplomes que sur l’individu lui même, mais ne cela ne vient il pas du fait que les DRH préférent un diplome plus tôt que mettre le candidat en situation réelle lors d’un entretien.
    Avec mon expérience et les nombreux entretiens que j’ai passé j’ai eu une seule fois une mise en situation réel dans le domaine professionnel recherché. J’ai beaucoup apprécié ce cas plus tôt que de baratiner des DRH avec leurs grilles et leurs questions toutes faites pour savoir dans quelle case on me place.
    Les DRH devraient s’inspirer des méthodes de recrutement avec des mises en situations par exemple pour un trader le mettre en situation devant un écran et non recruter un éléve qui sort de telle école à forte notoriété et ne pas le tester ou ne pas recruter dans les écoles de second alors qu’il y a des éléves très doués en trading ou fusion acquisition.

  4. En effet, il semble beaucoup plus facile de faire appel à des grilles qui ne sont pas du tout significatives des capacités des étudiants mais plutôt des moyens financiers d’une école pour parvenir au meilleur rang.
    Je suis une jeune diplomée d’une école de commerce et je vous assure qu’il vaudrait mieux prendre le temps de connaître le candidat plutôt que de se baser sur son école car l’école donne les moyens pour acquérir un savoir à l’étudiant de savoir les utiliser.

  5. Attendez, je vous assure qu’en plus de vérifier le diplome, lors des entretiens il y’a toujours une partie avec des questions techniques. Exemple: en M&A ou Salle des marchés.
    Mais il est vrai qu’il est souvent difficile d’obtenir le premier entretien.

  6. Ne soyez pas naïf…Peut être qu’il existe des “perles” dans des Ecoles inconnus, mais le package classes préparatoires + la grande ecole permet en quelque sorte le “hedging” du risque. Au moins, on est sur de sa capacité de travail et comprendre un pb de math montre un certain niveau intellectuel et enfin sa résistance à la pression.

  7. Benjamin, penses-tu qu’à la Fac on ne connait ni pb de maths, ni resistance à la pression?

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