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INTERVIEW : Les financiers ne sont pas que des personnes cupides et avides de bonus mirobolants

Ce sont les étudiants de l’Université Lille II qui ont remporté le concours Global IRC organisé par l’association CFA France et qui, destiné aux étudiants d’universités et d’écoles de commerce, vise à récompenser le meilleur rapport d’analyse financière. Pour cette 4e édition, les participants devaient faire l’analyse de la société Publicis. Le rapport des gagnants est consultable ici. Nous leur avons demandé de répondre à quelques questions, sur le métier d’analyste financier, mais également sur leur perception de la finance en général. Histoire de sonder les aspirations profondes de ces dignes représentants de la Génération Y.

GRS

Comment se fait-il que la finance attire toujours autant les étudiants en dépit de la crise ?

Wenyu Dai : La finance reste un domaine très attractif pour moi parce que c’est un domaine fortement décisionnel, où on peut se retrouver à travailler très tôt en fréquentant les dirigeants des sociétés, comme c’est le cas des analystes, des gérants. Cela me plaît beaucoup parce que ça permet de travailler chaque jour en agissant sur les stratégies de groupes entiers, d’accéder à une vue d’ensemble, et de ne pas rester simplement cantonnée à une activité plus locale, plus restreinte en termes d’univers.

Et vous, qu’est-ce qui vous a conduit à ce choix ?

Anastasia Fertig : Que faire après une double licence d’histoire et d’anglais ? En école de commerce les possibilités sont quasi infinies avec un minimum de volonté et de remise en question. Aussi avais-je envie de nouveauté, de données chiffrées et de relever des défis. Je me suis spécialisée en finance afin de me constituer un socle de connaissances techniques que j’ai pu mettre en pratique lors de mon année de césure. Ces stages significatifs m’ont permis d’avoir une vision plus approfondie et réelle du métier.

Passer d’un parcours littéraire à la finance est inhabituel…

Anastasia Fertig : Inhabituel mais pas incompatible. J’ai conservé mon esprit d’analyse, qualité indispensable à un financier, exception faite qu’il ne s’agit plus de mots, mais de chiffres et de courbes à analyser. Ma réussite à ce challenge et dans mes études en général est la preuve qu’avec un minimum de détermination et d’efforts on peut repousser ses limites, atteindre ses objectifs et combattre les idées reçues.


L’analyse financière, c’est un premier pas vers… ?


Franck Nganou
: Grâce à un travail de recherche, d’évaluation et de recommandation, l’analyse occupe une place importante au cceur même du processus décisionnel, quant à la gestion stratégique d’un fond. Le but pour l’analyste est in fine grâce à une meilleure connaissance des enjeux de participer plus effectivement aux choix de gestion et de passer du côté management.


Où souhaitez-vous commencer votre carrière ?


Guiv-Roger Morin
: Pour l’instant j’envisage un éventail de possibilités variées. Ce qui me stimulerait le plus dans un premier temps serait un passage à Chicago ou sur la Côte Est, ou bien un retour temporaire à Londres. Je pense également à Toronto et à Johannesburg dans le cas où j’y trouverais une opportunité me permettant de me rapprocher du secteur minier et énergétique, qui est une passion pour moi. Toutefois on pourrait aussi bien me retrouver à Singapour. Certains acteurs qui me tiennent particulièrement à cceur dont Deutsche Bank, Morgan Stanley, BHP Billiton ou encore HSBC Global Asset Management.


Quelles sont vos exigences à l’égard de vos prochains employeurs ?


Wenyu Dai
: Ce qui me tient à cceur, c’est le type de responsabilité qu’on peut me confier et le travail en équipe, dans lequel on peut lancer et échanger librement des idées avec ses collègues. L’interaction avec ma future équipe va être le principal paramètre que je vais chercher à évaluer lors de mes entretiens.


Comment réagissez-vous au procès que l’on fait souvent des financiers ?


Franck Nganou
: Les métiers de la finance ont tout récemment été soumis à une pression et couverture médiatique pas toujours à l’image même des cceurs de métiers. Les financiers ne sont pas que des personnes cupides et avides de bonus mirobolants. En effet derrière ces professions, se cachent des personnes passionnées et dédiées dont le but est de servir le client, tout en gardant un code éthique.


Pour finir, qu’aimeriez-vous voir changer dans l’industrie financière ?


Guiv-Roger Morin
: J’ai participé 9 mois à Londres, comme analyste en Corporate Governance auprès d’AXA IM UK, à un think thank visant à définir ce que pourrait être l’investissement responsable . Cette expression est souvent moquée et déclenche parfois l’hostilité parmi les acteurs de l’industrie. Pour m’y être intéressé de très près, il m’apparaît indispensable de fonder l’investissement sur le long terme. Après la crise massive que nous avons traversée depuis 3 ans, je suis souvent très stupéfait d’entendre dans le milieu, ou parmi des étudiants en finance, des propos bancals et gratuits laissant entendre qu’ils soutiennent un esprit de spéculation et de profit à court terme. Un bon acteur dans l’industrie, selon moi, devait déjà, et devra toujours être une firme qui reconnaît, comprend le rôle qu’elle joue dans le système économique entier, et dans les sociétés où elle opère, et agit en gardant à l’esprit que si elle manque de discipline, elle met bien plus qu’elle-même en danger.

commentaires (1)

Comments
  1. Une belle bande de comiques… Mais, bien sûr, l’argent n’est aucunement une motivation, cela va sans dire.

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