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Nouveau prêt étudiant : peut mieux faire !

Secteur élitiste, la finance constitue un marché de l’emploi relativement cloisonné où seuls les diplômés des meilleures formations ont une chance. Les établissements financiers ne cachent d’ailleurs pas leur préférence pour les écoles de commerce et d’ingénieurs de rang A. Or ces études couteuses ne sont pas à la portée de tous, et surtout des couches sociales défavorisées. Au-delà des bourses, ce sont les prêts étudiants qui sont censés compenser un éventuel handicap financier. Mais ces derniers ne sont pas disponibles en nombre suffisant (seulement 60000 prêts bancaires accordés actuellement par les banques), ni aux étudiants qui en ont le plus besoin (les prêts étant accordés sur conditions de ressources des parents ou de l’étudiant et/ou caution).

Le nouveau prêt étudiant pas en mesure d’aider les étudiants issus des milieux modestes

D’où le lancement d’un nouveau prêt étudiant par Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en septembre dernier. Ce prêt d’un montant maximum de 15000 euros est accessible à tous les étudiants, sans conditions de ressources, sans caution, et à remboursement différé, mais à taux d’intérêt du marché. L’objectif de 20000 prêts d’un montant moyen de 7500 euros entre septembre et décembre 2008 puis de 60000 prêts au total au cours de l’année 2009 sera-t-il tenu?

Les critiques n’auront pas attendu les premiers bilans pour se prononcer. Les nouveaux prêts étudiants lancés en septembre par le gouvernement ne sont pas en ligne avec ce que pratique un grand nombre de pays européens et n’apparaissent pas en mesure d’aider les étudiants issus des milieux modestes, affirme une étude publiée fin novembre par l’Edhec.

Ces prêts offrent une assurance aux banques [ndlr : seuls CETELEM et Banque Populaire distribuent aujourd’hui ce prêt] et non aux étudiants. Les étudiants issus des milieux modestes qui peuvent hésiter à s’endetter face à l’incertitude sur leur situation professionnelle à l’issue des études ne seront pas aidés par ce mode de financement, indique Stéphane Gregoir, directeur du Pôle de Recherche en Economie de l’EDHEC, et auteur de l’étude. L’Edhec préconise des prêts d’Etat à taux d’intérêt réel nul dont le remboursement est conditionnel au succès professionnel de l’ancien étudiant, comme cela est mis en place en Australie depuis 15 ans.

La France dépense deux fois moins en aides pour les étudiants que l’Allemagne ou la Belgique

Le dispositif avait déjà été critiqué lors de son lancement par l’UNEF. Selon Mickaël Zemmour, responsable de la commission aide sociale du syndicat étudiant, celui-ci est moins bien que ce qui existe car aujourd’hui les étudiants peuvent demander des prêts à taux zéro garantis par l’Etat, soit les prêts d’honneur gérés par les Crous (L’Etudiant).

Selon l’étude enfin, la France dépenserait deux fois moins en aides pour les étudiants que l’Allemagne, la Belgique et huit fois moins que le Danemark ou la Norvège. En outre, ce sont les enfants des classes favorisées qui profitent principalement d’une dépense supportée par la collectivité. Dans la génération née autour de 1970, 72% des enfants issus d’un milieu supérieur sont diplômés de l’enseignement supérieur et ont bénéficié en moyenne d’une dépense pour leur formation de l’ordre de 31000 euros. Seulement 24% des enfants des milieux populaires ont obtenu un diplôme du supérieur qui a correspondu à une dépense moyenne de 19000€.

commentaires (1)

Comments
  1. Etude très pertinente de la part de l’EDHEC. Bien vu M. Greg (qui se trouve être mon prof de stats à l’edhec).

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