☰ Menu eFinancialCareers

Les profils matheux non grata dans la finance ?

Le secteur financier a-t-il changé ses critères et ses préférences de recrutement au détriment des mathématiciens ? Pour l’économiste Marc Touati, la suprématie des mathématiciens dans les métiers de la finance, c’est bel et bien fini. Depuis la crise, ces gens qui arrivaient avec leurs gros sabots, on n’en veut plus. Même pas pour un stage ! , explique-t-il dans une vidéo diffusée sur Cadremploi. Désormais pour faire carrière dans la finance, il faut faire preuve d’humilité et avoir l’esprit d’équipe , explique-t-il.

Ce n’est pas la première fois que les mathématiques se retrouvent au banc des accusés. Ni la dernière d’ailleurs, à en juger les échanges qui ont eu lieu pendant la première journée du procès Kerviel. J’aime l’économie, j’aime les maths , explique l’ancien trader de la SocGen. Ah, vous êtes un scientifique alors ? , demande le président du tribunal. Non, j’aime les maths appliquées à l’économie , précise-t-il.

Les matheux font leur mea culpa

Les modèles mathématiques entraînent un sentiment de confort qui peut amener à des excès, avec des prises de positions plus élevées , note Frédéric Dodard, directeur Europe de l’allocation d’actifs chez State Street Global Advisors France (SsgA).

Les modèles mathématiques ne doivent pas servir de bouc émissaire mais sont en partie responsables : leur utilisation n’est en effet pas neutre sur le comportement de ceux qui les utilisent, du fait qu’ils rassurent. Or, un contrôleur rassuré contrôle moins bien , explique pour sa part Jezabel Couppey-Soubeyran, directrice du futur Master de contrôle des risques bancaires et de sécurité financière de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Il n’empêche, il ne faudrait pas enterrer trop vite les mathématiques financières, dont la maîtrise reste appréciée des recruteurs, quoiqu’en disent certains. L’approche par les modèles quantitatifs est devenue incontournable dans le monde financier, compte tenu notamment du volume croissant des données à analyser , relève Frédéric Dodard.

Et Sergio Focardi, directeur de l’Edhec Risk Institute, d’enfoncer le clou : la finance quantitative n’a pas grand rapport avec la crise, qui repose sur des causes bien plus profondes .

Sortir des pures mathématiques

Nos cours de marché vont être complétés par des cours de régulation, annonce Nicole El Karoui, directrice du Master de probabilités et finance de l’Université Paris 6 Jussieu et de Polytechnique, dans le cadre d’une conférence sur l’enseignement et la recherche en finance suite à la crise, organisée par le Club des Jeunes Financiers et le Club Finance Sorbonne. Aux cinq mois de cours et aux cinq mois de stages obligatoires vont venir s’ajouter trois mois pour réfléchir au contexte global, prendre un peu de recul par rapport à la technique financière .

L’enseignement de la finance est en train de s’élargir : il ne doit pas exclusivement se nourrir de mathématiques, mais aussi de droit, de psychologie, d’Histoire et surtout d’économie, note Jezabel Couppey-Soubeyran. Telle est la philosophie de notre nouveau Master qui ouvrira ses portes en septembre prochain . Preuve que les scientifiques et autres mathématiciens ne sont aussi pas fermés d’esprit que certains le laisseraient penser à croire…

commentaires (5)

Comments
  1. “Et Sergio Focardi, directeur de l’Edhec Risk Institute, d’enfoncer le clou : la finance quantitative n’a pas grand rapport avec la crise, qui repose sur des causes bien plus profondes . ”

    L’industrie du tabac aussi nous dit que la cigarette, c’est bon pour la santé.

  2. Ce qu’il entend par là, c’est que ce ne sont pas les modèles mathématiques en soi qui ont entrainé la crise, mais leur mauvaise utilisation par des acteurs, soit qui ne les comprenaient pas, soit qui les ont détournés, par avidité. C’est ce dernier trait de caractère des financiers qui est “plus profond[ ]”

  3. Il n’empêche que les étudiants sortant des écoles d’ingénieurs et des masters de maths financières restent les plus crédibles et les plus capables d’affronter des modèles de plus en plus sophistiqués, en référence aux nombreux traders “imposteurs” qui arrivaient avec des masters en histoire-géo ou sociologie (cf City).

  4. Depuis la crise, ces gens qui arrivaient avec leurs gros sabots, on n’en veut plus. Même pas pour un stage ! ,
    Dit-il alors que tout ceux qui font la filière finance de mon école ont tous trouvé un stage…

  5. Maths + arrogance = crise financiere………… et puis il faut arreter les gars…la plupart des modeles ne marchent pas…..moi je vois les modeles financiers comme des piles Duracell tu les utilites pendant quelques mois et tu les jettes apres..car il ya tjs des mouvements brusques et inattendus dans les marches que ni le mouvement brownien ni les modeles a saut ne peuvent capturer……c bien les maths mais le bons sens doit tjs prendre le dessus, ca c une verite generale…..c tjs les petits jeunes diplomes des masters de maths et de proba qui croient bcp en les modeles..sinon les gens bien experimentes en bank savent que tt ca c du pipo…..

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici