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Les indemnités de licenciement ne sont plus ce qu’elles étaient

Les banques, moins généreuses, offrent des indemnités plus faibles et proposent de moins en moins de conseils. Apprendre que vous n’êtes plus indispensable à votre entreprise est rarement agréable. Certaines banques rendent cette situation d’autant plus pénible qu’elles se montrent de moins en moins généreuses avec leurs employés sur le point d’être licenciés.

Deutsche Bank, qui a mis en place un programme de 6 000 suppressions d’emplois, est peut être l’une des sociétés les plus généreuses vis à vis des employés licenciés.

Un sondage réalisé auprès de quatre agences d’outplacement a révélé que la banque allemande consacrait plus d’effort que la moyenne afin d’aider les employés à gérer leur perte d’emploi. Des avocats spécialisés en droit du travail ont également affirmé que la banque offrait de généreuses indemnités de licenciements.

A combien s’élève cette générosité? Deutsche s’est refusé à tout commentaire, mais les employés licenciés recevraient selon certaines sources une moyenne de quatre semaines de salaire par année d’ancienneté ainsi qu’un montant forfaitaire variable.

Division par deux des indemnités

Le minimum légal en Angleterre est de 400 euros par année d’ancienneté plafonné à 12 années. Selon David Whincup, directeur du département spécialisé en droit du travail de Hammonds Solicitors à Londres, les banques seraient cependant de plus en plus économes sur les indemnités de licenciements. Les banques d’affaires versaient en général quatre semaines de salaire par année d’ancienneté. La plupart des banques offrent aujourd’hui trois semaines et nombre d’entre elles seulement deux précise-t-il.

Pour le directeur exécutif d’une agence d’outplacement de la City à Londres, les plus petites banques allemandes seraient généralement celles qui paient le moins. L’une d’entre elles aurait tenté l’année dernière de ne pas verser d’indemnité de licenciement à un employé après avoir appris par un chasseur de tête qu’il avait trouvé un nouvel emploi.

Philip Landau, directeur du département droit du travail du cabinet Landau Zeffertt Weir, précise que certaines banques tentent de ne pas payer d’indemnités de licenciements en arguant que les employés ont été licenciés pour contre-performance. Les banques n’admettent pas de se trouver face à une situation de licenciement, même lorsque tout l’indique.

Les services financiers sont généralement considérés comme relativement philanthropiques lorsqu’il s’agit d’indemniser des employés licenciés.

James Davies, directeur adjoint de la division droit du travail de Lewis Silkin à Londres, affirme que même les plus petites banques offrent plus que le minimum légal.

Leur motivation n’est pas pour autant désintéressée. Selon James Davies: les banques offrent d’assez bonnes conditions de licenciements à leurs employés afin de ne pas avoir à passer par l’épreuves d’un procès.

Eviter le procès

Au Royaume-Uni, les indemnités pour licenciement injustifié sont plafonnées à 80 000 euros. En offrant de tels montants, les banques persuadent ainsi leurs employés de quitter la société avant la fin de leur préavis sans faire trop d’histoire, nous explique James Davies.

Si on peut avoir des doutes sur les motivations de versements d’indemnités de licenciements, les agences d’outplacement affirment que certaines sociétés projettent en outre de réduire les services d’aide et de conseils offerts aux employés licenciés.

Il y a quelques années, les banques d’affaires payaient entre 5 000 et 7 000 euros par candidat en frais d’outplacement, explique Marta Matajz, consultante pour le cabinet d’outplacement Cedar International. Selon elle, nombre d’entre elles aujourd’hui ne paieraient pas plus de 1 100 euros.

La fin des années 90 était le moment idéal pour perdre un emploi en banque d’affaires, affirme Philip Beddows, directeur chez Rialto Consultancy, autre cabinet d’outplacement.

Outre le fait qu’il était plus facile de retrouver un emploi, les banques proposaient aux directeurs et directeurs généraux des cours de réinsertion professionnelle pendant six mois à un an, ainsi que des rendez-vous avec des consultants. Ce type de cours ne dépasse aujourd’hui pas trois mois et consiste la plupart du temps à laisser l’ancien employé se débrouiller sur Internet avec des sites d’offres d’emplois, explique Philip Beddows.

Les banquiers licenciés sont ainsi moins accompagnés dans leur licenciement que leurs collègues du domaine corporate.

John Stork de chez Stork and May, cabinet d’outplacement qui aide les cadres seniors pour 50 000 à 60 000 euros, précise que les anciens banquiers ne comptent pas pour beaucoup dans sa clientèle.

La City de Londres n’est à la recherche de personne. Les sociétés de services non financiers sont beaucoup plus enclins à payer de gros montants, explique-t-il.

Faites vos comptes

Pour Philipp Beddows, il vous sera plus facile d’être licencié par une petite société de service financier. D’abord parce que ce type d’organisation paie souvent de plus gros montants pour la réinsertion professionnelle de ses employés, mais aussi parce qu’elles traitent les employés avec davantage de respect.

Plus l’organisation est petite, plus vous avez de chance qu’une relation directe existe entre le supérieur qui a pris la décision, la personne qui la met en ceuvre et l’employé qui est licencié précise-t-il.

George Wilson, directeur des ressources humaines chez Rothschild, qui emploie 1 000 personnes au Royaume-Uni, explique qu’il a fait des efforts afin de suivre le parcours des employés qui ont quitté la société.

Rothschild a licencié près de 50 personnes l’année dernière. Wilson est resté en contact avec plusieurs d’entre elles.

Les cabinets d’outplacement nous ont quant à eux affirmé que les interdealer brokers comptent parmi les sociétés dont il est le moins agréable de se faire licencier, en particulier parce que les brokers rechignent à utiliser les services de cabinets d’outplacement. Collins Stewart Tullett, broker au Royaume-Uni et gestionnaire de fonds, n’a pas fait appel aux services de sociétés d’outplacement lorsqu’il a licencié suite à sa fusion avec Prebon en novembre dernier. Selon certaines sources proches d’une société de brokerage concurrente, les brokers ne seraient pas intéressés par des services facilitant leur licenciement et leur réinsertion.

L’un deux nous a expliqué: C’est l’argent qui compte dans ce domaine. Les employés préfèrent conserver l’argent qui aurait été dépensé en outplacement. Ils peuvent s’en sortir tout seuls.

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