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Recherche actions : Wall Street prospère alors que l’Europe connaît des difficultés

La bonne nouvelle: engager des analystes était à l’ordre du jour en 2004. Les recruteurs travaillant dans ce secteur rapportent une bonne année. Nous avons assisté à une significative augmentation des embauches , explique James Heath, de chez Greenwich Partners à Londres. À certaines périodes de l’année, nous étions aussi occupés que lors du boom d’Internet.

Les banques ont composé des équipes. À Londres, ABN Amro a recruté plus de 20 analystes afin de remplacer ceux licenciés en début d’année. À Paris, SG a engagé plusieurs analystes dans le but de relancer sa capacité en courtage. Aux Etats-Unis, Jeffries & Co., Bank of America Securities (BAS) et Piper Jaffray ont également suivi ces exemples ; ils ont augmenté leurs effectifs respectifs de 10, 10 et 15 analystes.

Selon Richard Lipstein, directeur chez Boyden Executive Search à New York, Piper Jaffray, Bank of America et Jeffries ont embauché à tour de bras. Pour certains, l’objectif était d’améliorer leurs classements en matière de recherche.

Toutefois, si l’on se penche sur le sujet, le tableau dépeint n’est pas aussi rose qu’il n’y parait. Commerzbank et Deutsche licencient en nombre. Après un troisième trimestre assez faible pour les actions, d’autres pourraient suivre ces exemples. Le rapport réalisé par Starmine, un service de classement d’analystes, indique que les analystes seraient une race en voie d’extinction. Cette société affirme que le nombre d’analystes actions en Europe de l’ouest a baissé de 13% en 2004 ; il a atteint son niveau le plus bas depuis 1999 : 2.691 analystes.

Paris: les analystes actions victimes des fusions

Selon les statistiques, ce sont les analystes travaillant à Paris qui ont le plus à craindre. Les résultats de Starmine sous-entendent qu’ils seraient même en voie d’extinction. Leur nombre a diminué de plus de 8% en 2004 ; ils ne sont plus que 200. Depuis 2000, le nombre d’analystes actions français a baissé de 22%.

Stuart Mclean, directeur des ventes Europe chez Starmine, estime que cette tendance est alarmante : C’est la France qui me préoccupe le plus. La réduction est importante.

Les principaux responsables : les fusions. L’année dernière, la fusion entre le Crédit Agricole et le Crédit Lyonnais a provoqué le licenciement de nombreux analystes, suite au rachat du Crédit Lyonnais Securities Europe par Oddo et Cie. Les analystes ont également souffert de la création de BNP Paribas Exane, l’entreprise de courtage, en raison du chevauchement des activités.

Il y a aussi eu des embauches. Selon Vally Colli, consultant en recherche actions chez Vendômes Associés, une société de recherche basée à Paris, il faut rester optimiste: Malgré tout, c’était une bonne année.
Vally Colli soutient que la privatisation prochaine d’entreprises de service public telles que Electricité de France et Gaz de France crée une demande accrue en analystes spécialisés dans ce domaine. Ceux spécialisés dans les valeurs moyennes sont aussi très recherchés. BNP Paribas, qui a embauché sans cesser de licencier, a engagé Jean Pascal Brivady, ancien chef de la recherche valeurs moyennes au Crédit Lyonnais Securities Europe. SG a également doté ses équipes de moyens plus conséquents.

Comme toujours, les salaires à Paris sont inférieurs à ceux de Londres ou de New York. Selon Vally Colli, un analyste actions avec 5 ou 6 ans d’expérience peut espérer à Paris un salaire de base compris entre 75.000 € et 100.000 € (soit entre 52.500 et 70,000 et entre $57.000 et $76.000). Les bonus, qui sont extrêmement variables, peuvent atteindre 100%. Néanmoins, Vally Colli ne prévoit pas d’augmentation cette année.

Londres : à la recherche d’analystes actions juniors

Les cabinets de recrutement Londoniens affirment être submergés d’appels d’analystes à la recherche d’un emploi. Hélas, peu sont satisfaits. Comme à Wall Street, les postes vacants à la City pour des analystes actions concernent principalement les juniors ; la plupart des analystes licenciés ont trop d’expérience.

La demande en analystes au niveau associé est importante , explique James Heath de chez Greenwich Partners. Entre 2000 et 2002, les banques ont réduit leurs équipes de recherche actions au strict minimum. Ils ont compensé ces départs avec des analystes juniors.

Pour un analyste doté de quelques années d’expérience, les emplois sont plus rares. Selon Paul Tapp, chasseur de tête spécialisé chez Longbridge, les embauches de seniors sont quasiment nulles : Le premier et le deuxième trimestres étaient bons mais, compte tenu des mauvais résultats du troisième trimestre, il n’y a pas de réel besoin en analystes actuellement.

Ce dernier affirme que les banques réduisent leurs effectifs dans des secteurs moins attractifs (construction automobiles, logiciels et papier, par exemple).

Les sociétés de recherche indépendantes ne semblent pas en mesure de compenser. Ce secteur particulier demeure peu développé en Europe et relativement peu lucratif. Ainsi, l’association européenne des sociétés de recherche indépendantes (Association of Independent Research Providers) ne compte pas plus de 11 membres.

Cela ne laisse rien présager de bon concernant les bonus en recherche action à la City. À l’heure actuelle, c’est très serré explique Paul Tapp, les bonus dépendent de ce que les analystes obtiendront des vendeurs . Et un autre chasseur de tête prévoit que ces vendeurs ne seront pas généreux : Les analystes s’attendent à une augmentation des bonus de 10 à 15% mais, la plupart des responsables du secteur affirment que les bonus seront identiques à ceux de l’année dernière.

Les junior seront peut être les mieux payés : d’après James Heath, les associés peuvent espérer des salaires de base compris entre 64.000 € et 114.000 €, ainsi que des bonus pouvant atteindre 200 à 300%. Paul Tapp souligne que la plupart des VP en recherche actions peut s’attendre à gagner un total de 285.000 € (avec un salaire de base compris entre 85.500 € et 128.000 €). Les directeurs généraux pourraient être les plus sérieusement touchés: un chasseur de tête senior spécialisé en recherche actions précise que les bonus pourraient baisser de 20%.

Wall Street : les petites sociétés mènent le jeu

La situation est bien meilleure de l’autre côté de l’Atlantique. Selon Starmine, le nombre d’analystes américains a augmenté de près de 20% cette année. Stuart Mclean certifie que les sociétés indépendantes ont largement contribué à l’augmentation du nombre d’analystes aux Etats-Unis : Nous avons assisté à une croissance soudaine, aux Etats-Unis, du nombre d’employés démissionnant pour créer leur propre société.

Ils peuvent remercier Eliot Spitzer. Ce dernier a en effet exigé, dans le cadre du règlement des conflits d’intérêts au sein des sociétés de sécurité, que les banques subventionnent la recherche indépendante. Le nombre de sociétés est ainsi monté en flèche. Aujourd’hui, il en existe près de 300 selon Investorside, société de recherche indépendante, et beaucoup d’entre elles embauchent.

Nous avons engagé neuf analystes cette année , soutient John Eade, président de la société de recherche Argus basée à New York et fondateur de Investorside.

La situation était plus difficile pour les analystes de banques à Wall Street. Piper Jaffray, Bank of America Securities et HSBC ont toutes les trois embauché toutefois, les postes vacants concernaient principalement des analystes juniors. Il y a eu une remontée aux deuxième et troisième rangs des secteurs tels que les semi-conducteurs et les logiciels , explique Richard Lipstein de chez Boyden Executive Search.

Les bonus prévus ne sont pas extraordinaires. Lipstein n’envisage qu’une augmentation de 5%, dans le meilleur des cas. D’après lui, un associé en recherche actions à Wall Street peut espérer un salaire total compris entre $125.000 et $200.000. Les analystes seniors en banques devraient gagner, quant à eux, entre $250.000 et $350.000.

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