☰ Menu eFinancialCareers

Pourquoi les chaires de recherche fleurissent-elles ?

Financer l’innovation et sourcer les talents sont des enjeux clés pour les banques. Compétitivité oblige. Les chaires apparaissent comme d’excellents leviers.

Les chaires de recherche financées par des acteurs du monde de la finance se multiplient. La Fédération Bancaire Française (FBF) a signé les conventions de partenariat pour le financement de cinq chaires* de recherche en banque d’investissement et de marchés. Cette initiative des banques françaises, d’un montant total de 6,5 millions d’euros sur 5 ans, vient compléter les opérations annoncées par BNP Paribas, Calyon, Société Générale, Natixis, Axa, l’AFG…

À travers ces chaires, les banques françaises visent à encourager l’innovation financière, augmenter le rayonnement de la Place, renforcer la visibilité internationale des formations françaises en finance, attirer les meilleurs étudiants étrangers, et donner à l’industrie financière les ressources humaines dont elle a besoin , précise la FBF dans un communiqué.

Faire de la France une destination de choix pour les étudiants étrangers

Comme l’avait souligné le récent rapport de l’Observatoire des métiers de la banque sur les métiers de front-office de la BFI , la France est reconnue pour la qualité de ses grandes écoles, mais n’est pas la destination de premier choix des étudiants des grands pays à forte croissance comme la Chine ou l’Inde.

Pour Nicole El Karoui, professeur à l’École Polytechnique et responsable du comité scientifique de la chaire FBF Dérivés du futur , il est essentiel de faire circuler l’information et les personnes et d’être à l’initiative de nouveaux réseaux internationaux. Nous allons faire venir en septembre prochain une cinquantaine d’étudiants doctorants d’Europe, du Maghreb et d’Afrique noire lors d’une “école d’été”, à laquelle nous invitons des professionnels de la finance pour qu’ils discutent de leurs problématiques.

Chercheurs : une denrée rare, objet de toutes les convoitises

Si la finalité professionnelle pour les étudiants et les jeunes chercheurs n’est pas la priorité numéro 1 de la FBF, les banques ont clairement un intérêt, en ce sens, à développer des liens étroits avec la Recherche. Les banques ont commencé à financer les chaires il y a quelques années notamment pour pallier au manque de profils quants (analystes quantitatifs). Elles ont besoin de doctorants et de thésards pour défricher de nouveaux terrains. Elles ont par exemple développé leur propre cellule de recherche surtout depuis 2000. Et cette tendance est en train de s’accentuer , constate Domitille Lamouroux, associée du cabinet de chasse Alchimie Conseil.

Cette proximité croissante améliore l’employabilité de ces jeunes chercheurs alors que le défi pour les banques désireuses d’embaucher ces profils réside souvent dans leur opérationnalité. Outre les connaissances théoriques, ces candidats atypiques doivent être capables de présenter un projet professionnel pertinent et de se plier aux exigences économiques de l’entreprise , fait remarquer Thierry Mageux, directeur régional de Robert Half Banque & Assurance.

Ces programmes ne concernent qu’une petite population d’étudiants, mais pour les banques, celle-ci est déterminante pour rester compétitives. Elles devraient donc aller puiser de plus en plus dans ces pépinières de talents. Cette perspective ne rassure pas le monde de la recherche, qui investit lui aussi dans ces cerveaux et qui, selon l’expression de Nicole El Karoui, commence sérieusement à manquer de “force vive” ! .

*Les cinq chaires financées :

– Chaire Banque d’investissement et de marchés à l’IDEI, Université de Toulouse. Elle étudiera trois points clés de la chaîne de création de valeur par les marchés financiers.

– Chaire Dérivés du futur à l’École Polytechnique. Elle étudiera l’ingénierie financière des produits dérivés dont les risques ne sont pas couvrables dans les marchés financiers.

– Chaire Finance d’entreprise à HEC – université Paris Dauphine. Elle étudiera la finance d’entreprise sous l’angle de la banque d’investissement et de marchés.

– Chaire Produits structurés et produits dérivés , EDHEC.

– Chaire Risque de crédit à l’université d’Évry Val d’Essonne (évaluation des produits dérivés…).

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici