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Les banques qui ont du style … et les autres

Les sociétés de Wall Street qui embauchent le plus à l’heure actuelle ne sont pas les grandes banques d’investissement et universelles américaines, mais une poignée de banques ambitieuses à l’international. Quelles sont les conditions de travail au sein de ces structures ? Les banques américaines sont-elles vraiment ennuyeuses comme la pluie?

HSBC, BNP Paribas et BarCap: agréables, internationales et américanisées

Des opportunités de carrières internationales tout simplement : c’est le refrain de Keith Yardley chez HSBC Securities aux Etats-Unis. Keith Yardley est directeur du recrutement de jeunes diplômés aux Etats-Unis et de la gestion de carrières au sein de la banque. Cette dernière embauche activement depuis deux ans et a ainsi engagé près de 25 seniors américains au cours des deux derniers mois. La plupart des candidats souhaitant travailler pour nous sont attirés par notre capacité à leur offrir une carrière de dimension internationale explique-t-il.

Goldman Sachs a des bureaux dans 24 pays et Citigroup est présent dans plus de 100 pays. Les opportunités de carrières internationales semblent être le lot de l’industrie. Mais Keith Yardley affirme que HSBC est vraiment différente de ses concurrents: Nous avons des bureaux dans 77 pays et des salles de marché dans 56 d’entre eux.

Keith Yardley souligne également qu’il existe chez HSBC un équilibre des profits entre l’Europe, l’Asie et les Etats-Unis. Peu de sociétés peuvent se vanter de cet équilibre explique-t-il. Si l’on considère des pays connaissant une croissance élevée comme l’Inde et la Chine, nous avons l’expertise et la taille nécessaire afin d’offrir dans ces pays une large palette de services liés au commerce des valeurs mobilières.

Ambiance

D’autres banques pleines d’avenir font de leur capacité à s’intégrer une vertu. BNP Paribas a embauché près de 15 banquiers seniors aux Etats-Unis au cours des deux derniers mois. Contrairement à l’idée reçue qu’on pourrait avoir des employés américains en banques françaises trempant leurs croissants dans des bols de café, un banquier à New York nous explique qu’il n’existe aucune différence: nous sommes comme n’importe quelle institution américaine.

Que dire de Barclays Capital, la banque britannique qui a embauché près de 500 personnes aux Etats-Unis en 2004 (nombre d’entre eux ayant obtenu des bonus garantis importants)? Dans une interview réalisée en décembre dernier, Ann Connolly, directrice internationale du recrutement pour la banque, affirmait que Barclays Capital étaient plus méritocratique que ses consoeurs de Wall Street.

Selon une employée qui travaillait avant dans une banque américaine de premier ordre, Barclays Capital serait un environnement de travail particulièrement agréable. Barclays met tout en ceuvre pour s’assurer que les employés qu’elle embauche sont agréables d’un point de vue personnel et professionnel. Quand j’ai rejoint la banque, je n’arrivais pas à croire que les collaborateurs puissent être aussi gentils les uns avec les autres nous explique-t-elle.

Selon elle, le recrutement intensif de Barclay a transformé cette banque en un environnement de travail intéressant: Il y a tellement de personnes que je connaissais déjà d’autres organisations. Nous sommes tous ici pour mettre en pratique ce qui fonctionnait déjà ailleurs. Les employés ne font pas de politique au sein de la boite: ils vous donnent un accès facile aux ressources dont vous avez besoin, ce qui n’est pas toujours le cas.

Les chasseurs de têtes sont cependant moins prompts à donner à Barclays les meilleures notes en matière de confort de travail. Selon Jay Gaines, président du cabinet de recrutement New Yorkais Jay Gaines & Co., Barclays correspondrait davantage à la définition d’Ann Connelly: Barclays est une société méritocratique mais également un environnement dur et exigeant affirme-t-il.

Banques américaines : un dégradé de gris

Les banques connaissant une croissance rapide sur Wall Street ont peut-être toutes leur point faible, mais les cabinets de recrutement dans le domaine de la banque d’investissement s’accordent à dire que les grandes banques américaines se ressemblent de plus en plus.

Les différences de culture des banques américaines ont en grande majorité été gommées explique Gary Goldstein, directeur exécutif du Whitney Group. C’est l’une des erreurs commises au cours des dernières décennies. La banque était une industrie très associative où les employés s’identifiaient à la société pour laquelle ils travaillaient. Ce n’est plus le cas.

L’esprit d’association et d’innovation n’existe plus affirme Jay Gaines. Wall Street était un environnement de travail incroyablement concurrentiel, intelligent et loyal. On voyait des groupes d’individus qui arrivaient avec de nouveaux instruments pour défier le monde. Cet aspect a disparu.

Les recruteurs qui déplorent la disparition de la culture de Wall Street chantent tous le même refrain: Goldman avait sa propre culture, mécanique et collégiale jusqu’à son introduction en bourse de 1999; Salomon Brothers était un environnement de travail pétillant avant qu’elle ne soit absorbée par Citigroup; l’exclusivité de JP Morgan s’est amoindrie suite à sa fusion avec Chase; les efforts récents de Morgan Stanley constituent les dernières agonies d’un environnement jadis exclusif qui a disparu suite à sa fusion de 1997 avec Dean Witter.

Bear Stearns et Lehman: une palette de couleurs

Les cabinets de recrutement s’accordent à dire que deux grandes banques américaines ont conservé leur identité: Lehman et Bear Stearns. Lehman et Bear Stearns sont différentes affirme le directeur exécutif d’un cabinet de recrutement de Wall Street. Ce sont des méritocraties où les employés travaillent dur et sont bien récompensés. Mais elles ont également un esprit institutionnel: les employés sont vraiment fiers de la banque pour laquelle ils travaillent et des personnes avec lesquelles ils travaillent.

Mark Abramson, ancien managing director senior chez Bear Stearns qui a quitté la banque il y a quelques mois après 11 ans de service afin de développer quelques projets d’investissement en Europe, confirme ce point de vue. Bear a une culture très différente explique-t-il. Ils embauchent des employés qui sont intelligents et qui ont envie de réussir : ils s’intéressent moins à l’environnement dont vous venez qu’à ce que vous pouvez produire. C’est un peu comme travailler pour un petit partnership qui aurait près de 90 ans de profitabilité ininterrompue.

Aucun candidat pour vanter la culture de Lehman. La modestie devrait peut-être être ajoutée à la longue liste des particularités qu’il est inhabituel de trouver en banque d’investissement.

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