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Pourquoi vous devez tirer une croix sur votre prochain bonus !

Quelles qu’elles soient, vous pouvez revoir vos attentes à la baisse. 2010 ne s’annonce pas comme un bon cru pour les bonus, du tout.

Le raisonnement est simple : les charges et exigences de fonds propres des banques se sont nettement aggravées tandis que les revenus des BFI ont été sérieusement rognés. La conclusion est vite tirée…

1 – Plutôt que de vous payer, les banques paieront l’Etat

Les banques écopent d’une nouvelle taxe, qui rapportera plus de 500 millions à l’Etat en 2011. La sentence est tombée hier lors de la présentation du projet de loi de Finances pour 2011.

Ce n’est pas tout. Les banques devront également abonder le Fonds de garantie des dépôts (270 millions étalés sur trois ans) et participer aux frais de leur contrôle prudentiel (125 millions). Au total, plus de 1 milliard d’euros devra être mis sur la table d’ici à 2013. En comparaison, on est bien loin des 300 petits millions payés par les banques l’an dernier pour s’acquitter de la taxe exceptionnelle sur les bonus.

Et la liste des charges pourrait encore s’allonger. Rappelons que Nicolas Sarkozy s’est récemment fait le héraut de la taxation des transactions financières à l’ONU (France Info).

2 – Bâle III ou l’avènement d’une nouvelle ère (sans cash)

Une totale révolution. Bâle III implique pour plusieurs années la mise en réserve de leurs résultats par les banques, a insisté Baudoin Prot, administrateur directeur général de BNP Paribas, dans une récente interview aux Echos.

Chiffres à l’appui : le seuil réglementaire minimum du ratio de fonds propres durs passe en gros de 2% à 7%, ce qui correspond à 10% dans l’ancienne définition, soit un quintuplement de l’exigence en capital des banques. Chaque point supplémentaire de ratio représente environ 500 milliards d’euros de capital en plus pour l’industrie bancaire mondiale. A vous de faire le calcul…

3 – Les résultats du premier semestre sont mauvais, et ceux de T3 plus qu’incertains

Petit rappel pour commencer : les revenus des divisions CIB de SocGen et BNP Paribas au deuxième trimestre ont baissé de 37% sur un an.

Les résultats T3 de Jefferies, une des premières banques à lancer la saison des résultats la semaine dernière, ne sont pas réconfortants pour la fin de l’année. Les volumes de trading ont été dans l’ensemble atrocement bas en juin, juillet et août, a commenté son CEO Richard Handler.

Lundi, le CEO de Credit Suisse Brady Dougan a rejoint le lot des banques anticipant un Q3 en demi-teinte (WSJ). La semaine dernière Deutsche Bank avait en effet lancé un avertissement sur ses prochains résultats. Petite lueur d’espoir toutefois:Josef Ackermann, son PDG, semble aujourd’hui avoir changé d’avis en raison d’une deuxième quinzaine de septembre solide (Reuters).

4 – SocGen et ses petites casseroles…

La bonne nouvelle pour les salariés de SGCIB est que Frédéric Oudéa, leur PDG, croit en un meilleur Q3. Il a indiqué hier que les conditions de trading avaient été meilleures au troisième trimestre qu’au deuxième.

SocGen doit toutefois faire face à d’autres problèmes, qui risquent potentiellement d’affecter la cagnotte des bonus. Deux litiges avec Lehman et une société à Singapour dont le règlement à l’amiable se montent au total à près de 500 millions d’euros.

5 – Avec des fixes en hausse, le bonus est devenu l’ultime variable d’ajustement

Avec l’ensemble des points soulignés plus haut en tête, il ne faut pas être devin pour savoir que les banques auront une marge de manceuvre limité en fin d’année. Les deux grandes options qui se présentent à elles sont, d’un côté, des suppressions d’effectifs-solution qui n’est pas très vogue en France-et de l’autre, des enveloppes de bonus moins fournies…

Elles pencheront d’autant plus pour la seconde option que les salaires fixes ont été souvent revalorisés, y compris au sein des banques françaises, même si celles-ci n’ont pas opéré de manière aussi systématique et avec la même ampleur que leurs rivales étrangères.

Il ne fait aucun doute que les banques réduiront les bonus cette année. La baisse sera en ligne avec les augmentations accordées sur les salaires fixes, nous a confié Alan Johnson du cabinet de conseil spécialisé sur les rémunérations Johnson Associates, basé à New York. Nos clients sont absolument fermes sur ce point

Et Peter Hahn, un professeur de Finance à la Cass Business School, et ancien MD chez Citigroup, de rappeler:Quand les derniers bonus ont été décidés fin 2009, l’année avait été exceptionnelle. En outre, beaucoup d’établissements se retrouvaient avec des équipes réduites et craignaient de perdre des personnes. Les bonus ont ainsi été dans certains cas particulièrement généreux . Les bonus 2010 n’auront clairement pas la même saveur.

commentaires (1)

Comments
  1. Ca dépend de qui on parle. Toutes les banques qui ont fait leurs amplettes de talents recemment devront bien trouver un moyen de les conserver.

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