Quelle sera la place de Paris dans l'Europe de la finance post-Brexit ?

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Flags of France and the European Union waving next to a tree

« Paris, Luxembourg, Dublin, Francfort et Amsterdam sont les cinq premières places financières bénéficiant le plus du Brexit » a déclaré Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance à l'occasion d'une table ronde intitulée L'Europe de la finance après le Brexit organisée ce jeudi matin à Paris.

« Nous assistons a une multipolarisation du paysage de l'industrie financière européenne avec une spécialisation accrue par les relocalisations suite au Brexit », poursuit le président de l'organisme de promotion de la place financière luxembourgeoise tout en insistant sur la « complémentarité des différentes places » et parlant de « coopération » plutôt que de « concurrence sauvage ».

Il leur faudra aussi prendre en compte la concurrence de Londres qui n'a pas dit son dernier mot, même si sa marge de manœuvre est limitée. « Le Royaume-Uni-a été moteur dans la poussée réglementaire après la crise, je ne crois pas à une déréglementation de la part de Londres », explique Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France. « S’ils faisaient volte-face ça irait à l’encontre de la BoE et de la FCA. Londres perdrait sa crédibilité ».

« S'il n'y a pas de de risque de déréglementation effrénée, Londres n’ayant pas de marge pour baisser ses taux d’imposition, le Royaume-Uni peut en revanche retrouver quelques avantages via certaines différences mineures », précise Nicolas Mackel, comme par exemple l'absence de taxe sur les transactions financières ou de règles sur le plafonnement des bonus ('bonus caps').

A chaque place sa spécialité...

D'où l'intérêt pour les places financières européennes de se démarquer. D'après Nicolas Mackel, Paris et Francfort constituent des destinations de premier choix pour y établir un hub de trading, tandis que Luxembourg attire davantage les fonds d'investissement et la gestion de patrimoine. « Il y aura une certaine décentralisation et spécialisation », acquiesce Christian Noyer. « Dublin et Luxembourg sont des places naturellement fortes pour les fonds ».

Et pourquoi les activités de marché à Paris ? Car c'est là qu'il y a le « meilleur pool de talent après Londres et un buy-side assez développé », avance-t-il. Rien n'est cependant définitivement acquis. « Nous devons nous préparer à un hard Brexit, scénario toujours possible. L’incertitude porte sur les activités de marché », note Frédéric Mouchel, CEO de JP Morgan Bank Luxembourg.

Outre la finance de marché, Paris a d'autres cartes à jouer, notamment dans le clearing sachant que les chambres de compensation se concentrent actuellement à Londres. «  Nous avons besoin d’une masse critique de compensation sur les swaps de taux surveillée par les autorités de régulation européennes. Nous avons besoin de décentralisation », estime Christian Noyer

Enfin, la place financière de Paris se doit de continuer à jouer la carte de l'attractivité, notamment au niveau réglementaire. « Ce qui a tué Amsterdam pour attirer les activités de marchés, c’est une règlementation plus dure sur les bonus que la reglementation européenne. Du coup, aucune salle de marché n’ira à Amsterdam », rappelle le gouverneur honoraire de la Banque de France. La vigilance reste donc de mise.

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Credit photo : simonmayer / gettyimages

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