Quel est l'impact de la crise des gilets jaunes sur les projets d'implantation des banques étrangères à Paris ?

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Plusieurs banques étrangères ont déjà loué des locaux à Paris en vue du Brexit

Si la crise des gilets jaunes a pour effet de dissuader certains banquiers expatriés à la City de Londres de revenir sur Paris, les grandes banques étrangères n'ont « pas renoncé à leurs projets d'implantation » d'après plusieurs acteurs de la place financière parisienne.

Même constat de la part des recruteurs en finance. « Je confirme que la fronde sociale des Gilets Jaunes n’a pas impacté de manière significative les stratégies des banques étrangères », nous confirme ainsi Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes basé à Paris.

Plutôt rassurant sachant que la plupart des banquiers basés en France que nous avons interrogés se disent être préoccupés par l'image véhiculée à l'international par les violences à Paris commises dans le sillage des manifestations des gilets jaunes.

Certains préfèrent cependant relativiser cet impact. « Attentats, grèves à répétition et 'french bashing' dans certains tabloïds anglo-saxons sont autant d'éléments qui auraient pu dissuader les financiers de la City de venir à Paris et pourtant il n'en a rien été jusqu'à présent », nous fait remarquer un autre recruteur en finance pour qui la capitale française reste malgré tout une destination de choix.

Trop tard pour reculer ?

Et puis c'est sans compter sur le pragmatisme anglo-saxon qui semble opérer à plein. Et pour cause : bon nombre de banques ont déjà effectué un certain nombre de préparatifs dans le sillage du Brexit si bien qu'il est un peu tard pour faire désormais marche arrière. « Ce ne sont pas ces événements qui vont nous faire changer d'avis sur des décisions qui nous engagent sur 15 ans », confirme ainsi le porte-parole d'une grande banque américaine interrogé par BFM Business.

Des immeubles de bureaux ont d'ores et déjà été loués et quelques transferts de traders et de vendeurs en provenance de Londres ont déjà eu lieu et devraient donc continuer à s'échelonner sur les mois à venir. A titre d'exemple, les équipes de Bank of America intégreront bien l'immeuble loué du 51 rue de la Boëtie à Paris dès le début 2019.

Seuls quelques établissements financiers n'ayant pas encore pris la décision de venir s'installer à Paris (notamment certaines banques asiatiques ou du moyen-orient) pourraient revoir leur stratégie d'implantation dans la capitale française au profit de places financières concurrentes comme Francfort, Dublin ou Luxembourg. Car la stabilité politique est l'un des premiers – sinon le premier – élément qui entre en ligne de compte dans le choix d'une implantation d'entreprise.

Des gestes (fiscaux) rassurants

« C'est une certaine instabilité politique en Allemagne qui a fait que certains établissements ont préféré s'installer à Paris plutôt qu'à Francfort. Mais ça, c'était avant la crise des gilets jaunes... », nous fait remarquer un analyste en banque. Il ne faudrait donc pas que les choses empirent davantage car à défaut de partir, les banques étrangères pourraient décider de revoir à la baisse aussi bien leurs transferts et que les embauches de talents locaux.

En attendant un retour au calme, le président de la République et le gouvernement multiplient les signes vis-à-vis de la communauté financière internationale. La semaine dernière, Emmanuel Macron a convié à Paris une quarantaine de géants du capital-risque pour leur vanter les attraits de l'écosystème des startups françaises. Toutes ont fait le déplacement malgré les violences dans Paris. Car plus que les éléments conjoncturels, ce sont surtout les éléments structurels, et notamment tout ce qui touche à la fiscalité, qui retient l'attention des patrons de banques.

Et à ce sujet, le président Macron les a sans aucun doute rassurés lors de son intervention télévisée de lundi en en faisant le choix de ne pas revenir sur l'impôt sur la fortune (ISF). Plus discrètement, pendant que Macron parlait aux Gilets jaunes, le Sénat votait l'allègement de l'exit tax voulue par le gouvernement et censée "redonner de l'attractivité fiscale à la France". Reste à savoir si ces mesures, fort décriées par l'opinion publique, seront pérennes...

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Credit photo : beijingstory / gettyimages

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