Qui sont les employés des banques françaises de la City les plus susceptibles d'être transférés sur Paris ?

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Initialement, les analystes du secteur bancaire s’attendaient à ce que les trois grands établissements bancaires français, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale rapatrient dans l’Union européenne quelque 500 salariés établis à Londres en raison des conséquences réglementaires liées au Brexit.

Mais au final, les banques françaises devraient finalement relocaliser moins de salariés que prévu, ont indiqué vendredi à Reuters des sources bancaires. C'est là le signe que les banques françaises souhaitent conserver une présence importante en Grande-Bretagne qui restera une place financière de poids malgré sa sortie de l’UE.

Reste dès lors à savoir qui seront les employés les plus susceptibles d'être transférés en France. Un premier indicateur est peut-être à chercher du côté des profils actuellement recherchés par les banques d'investissement françaises à Londres. La plupart des postes à pourvoir sur place concernent des fonctions de gestion des opérations bancaires, les risques, les systèmes d'informations et la compliance. A contrario, peu d'offres sont à pourvoir côté front-office.

Traders et vendeurs bienvenus

Les recruteurs en finance parisiens interrogés confirment que les métiers de front office sont parmi les plus susceptibles d'être transférés car ils ne nécessitent pas de connaissances spécifiques au marché français, contrairement à d'autres fonctions comme « les profils risques et compliance, plus difficiles à faire venir de Londres », explique Antony Labylle, consultant risques, compliance et régulation chez Huxley.

« A partir du moment où ils maîtrisent leur domaine (FX, rates, commodities...) et les produits sous-jacents (equity, dérivés, exotiques,...), les traders, vendeurs et structureurs peuvent travailler à peu près dans n'importe quelle salle de marché », nous confirme un analyst dans une banque d'investissement française à Paris.

D'ailleurs, dans l'hypothèse d'un hard-brexit, BNP Paribas CIB pourrait déplacer 85 à 90 vendeurs (de son siège londonien vers d'autres de ses bureaux en Europe, et notamment vers Paris. Bref, de quoi renforcer encore un peu plus l'image de Paris comme étant  LE hub de trading  européen post-Brexit.

Un impact très limité... pour l'instant

Sauf que pour le moment, les relocalisations ne concernent pour l'heure qu'un petit nombre d'employés londoniens. CACIB devrait relocaliser sur le continent environ 20 collaborateurs sur les 735 travaillant à Londres, contre une estimation initiale de 10 à 100 personnes, selon une source interne à la banque. Chez BNP Paribas, ce sont moins de 90 collaborateurs (et non 300 comme le laissaient supposer quelques sources l'an dernier) sur les 7.000 que la banque compte à Londres qui sont concernés.

Et si SocGen a déjà fait savoir que le Brexit pourrait l’amener à relocaliser ou recruter jusqu’à 300 personnes hors de Londres, pour la plupart à Paris, un délégué syndical a indiqué à Reuters que la banque n’envisageait pas de relocaliser des équipes ou des départements entiers.

Certains recruteurs se montrent toutefois beaucoup plus optimistes. « On observe le déplacement depuis Londres de familles de métiers connexes qui gravitent autour de l'activité de trading », relève Antony Labylle qui explique que l'idée est bien de pouvoir réunir en un même lieu tous les professionnels de la banque qui ont l'habitude de travailler ensemble. L'avenir dira qui a raison.

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Credit photo : Manuel-F-O / gettyimages

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