Quand les banques et les fintechs se disputent les mêmes profils....

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Vous hésitez entre la banque et la fintech ? Sachez que toutes les deux se disputent parfois les mêmes profils, et n'hésitent pas l'une et l'autre à débaucher des talents. Ainsi, nombreuses sont les sociétés fintechs qui recrutent des banquiers d'investissements seniors, et tout aussi nombreuses sont les banques en quête de profils juniors IT et digital issus des jeunes pousses technologiques financières

Banques et fintechs s'observent mutuellement et tentent d'attirer à elles la perle rare, arguments à l'appui. « Nous regardons évidemment avec intérêt ce qu’il se passe du côté des nouveaux entrants sur ce secteur », nous confie Pascal Augé, directeur Global Transaction & Payment Services chez Société Générale « Cela nous pousse à redoubler d’efforts pour attirer et retenir les talents mais nous ne manquons pas d’atouts : évolution rapide des métiers et enjeux stratégiques, le tout au cœur d’un grand groupe de dimension internationale ».

De leur côté, les patrons de fintechs ne tarissent pas d'éloges sur les avantages à travailler pour une petite structure. « Pourquoi il fait bon travailler chez Ditto Bank ? En plus des cafés offerts, leur super terrasse du 6ème étage permet de partager de bons moments lors des Thursdays Drink ou des soirées à thème », peut-on lire dans la rubrique Rejoignez l'équipe de cette banque mobile nouvelle génération..

Des méthodes d'approche différentes

Si pour dénicher la perle rare, les banques ont recours à des cabinets de recrutement et de chasse de têtes, les sociétés fintech postent des offres d’emplois sur leur site Internet et préfèrent généralement approcher les candidats sur les réseaux sociaux professionnels. A titre d'exemple, Laure de Broca, ingénieure de formation, reconnaît avoir été contactée par le robo-advisor Yomoni sur LinkedIn pour un poste de product manager.

Dans certains cas, les fintechs peuvent néanmoins recourir à des cabinets de recrutement, d'autant plus que certains cabinets ont décidé de jouer la carte de la complémentarité, à l'instar de Morgan Philips Executive Search et de sa practice Banque & Fintech. « Comme il existe dans le secteur bancaire et de la FinTech une forte demande pour attirer les meilleurs talents à un prix raisonnable, nous proposons à chacun de nos clients des recherches spécifiques et des stratégies d’embauche uniques », explique.Jean-François Monteil, directeur général Banque & Fintech en France et au Royaume-Uni.

Enfin, certains professionnels du recrutement en finance ont rajouté les fintechs à leurs domaines de compétences, à l'image de Florence Soule de Lafont, associée Financial Services chez Heidrick & Struggles qui affiche sur son compte Linkedin la Fintech comme spécialité, en plus des domaines financiers traditionnels (Investment Banking, Asset Management, Corporate Finance, Structured Finance, Private Banking, Commercial Banking).

Des arguments des deux côtés

Ceux qui souhaitent faire carrière dans la banque sont généralement motivés par le prestige de l'établissement, des perspectives de carrière longue, des conditions salariales plus confortables (prime d’intéressement, et de participation, 13ème mois, ...) auxquelles viennent s'ajouter, de nombreux avantages en nature.

A contrario, l'innovation, l'entrepreneuriat et la créativité y sont faiblement plébiscités, même si les choses évoluent peu à peu : les banques multiplient les initiatives pour tenter de séduire les meilleurs développeurs, architectes et project managers : financement de programmes de bourses et de chaires, connexions avec la communauté des développeurs, innovations en interne… et même nomination d’un responsable FinTech.

De leur côté, les fintechs présentent pour certains professionnels l’avantage de leur offrir un cadre plus décontracté (adieu le costume cravate imposé), des possibilités d’évolution de carrière plus rapides. Plusieurs nouvelles recrues issues de la banque reconnaissent ainsi exercer des fonctions plus opérationnelles qu’auparavant et participer au lancement et au pilotage de projets concrets.

 À chacun ses incitations financières

« Le salaire est évidemment un paramètre essentiel dans le choix d’un poste, puisqu’il est le critère le plus objectif. En effet, pour deux postes comparables avec des missions similaires, la rémunération pourra être le critère différenciant », rappelle Laure Charbonneau, directrice associée chez Robert Half.

Les profils financiers expérimentés qui rejoignent la fintech doivent souvent adapter leurs exigences en matière de rémunération aux moyens de leur nouvel employeur. Si certaines fintechs sont capables de proposer des salaires équivalents au marché, d'autres exigent de faire des sacrifices. « J’ai consenti à diviser mon salaire par quatre par rapport à mes fonctions précédentes », confirme un ex-banquier d’affaires.

En contrepartie, la quasi-totalité des fintechs proposent des programmes d’intéressement, des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE), des stock-options, voire une prise de participation immédiate au capital. De quoi offrir aux ex-banquiers des perspectives de rémunération complémentaire attractives… à la condition que la fintech en question ne mette pas la clé sous la porte !

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Credit photo : erhui1979 / gettyimages

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