Les professionnels des marchés de BofA à Londres craignent un exode parisien

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Paris Bank of America

Une certaine appréhension règne sur le trading floor de Bank of America à Londres depuis que la banque américaine a annoncé la semaine dernière son intention de transférer Sanaz Zaimi, sa responsable fixed income, devises et matières premières (FICC) à Paris. Nombreux sont ceux qui à cette occasion ont réalisé que le Brexit n'était pas quelque chose à prendre à la légère, et que BofA ne serait pas épargnée.

« Les managing directors de BofA appellent et disent qu'ils sont nerveux », relève un chasseur de têtes senior fixed income, s'exprimant sous couvert d'anonymat. « Beaucoup d'entre eux ne veulent pas aller à Paris, mais ils savent qu'ils n'auront peut-être pas le choix ».

Pourtant, BofA possède des bureaux parisiens chics dans un bâtiment art déco qui était autrefois un bureau postal dans le huitième arrondissement de Paris. L'arrivée de Sanaz Zaimi - avec Vanessa Holtz et Othmane Kabbaj respectivement à la tête du trading et des ventes FICC pour l'UE - peut accueillir jusqu'à 1.000 personnes, ce qui traduit bien que le transfert des emplois de la City vers "La Poste" sera porté à son niveau maximum. Certains prétendent même que le nouveau bureau de Paris deviendra le hub mondial des ventes de BofA, avec une forte migration d'emplois prévue d'ici la fin du troisième trimestre.

BofA n'a pas fait pas de commentaires sur ses projets, mais un trader sales de BAML à Londres s'attend à ce que les traders et les vendeurs fixed income soient déplacés en premier, suivis des traders et des vendeurs actions. « Nous nous attendons à être approchés un par un et à ce que l'on nous fasse part des termes de notre nouveau contrat », a-t-il déclaré, ajoutant que le manque de communication de la banque est source de confusion. « J'ai besoin de faire des projets à cause de mes enfants, mais on ne nous a rien dit, je préférerais déménager bientôt pour pouvoir trouver une maison et une école avant tout le monde ».

Car déménager le plus en amont possible est important, Bank of America n'étant pas la seule à délocaliser des emplois à Paris cet été. Goldman Sachs a déclaré en juin qu'elle avait l'intention de déplacer "des dizaines de banquiers" vers la capitale française avant l'arrivée de l'automne. Les banquiers qui arrivent de Londres suffisamment tôt devraient avoir l'avantage du premier arrivé premier servi en termes de logement et d'éducation.

Certains peuvent être en mesure de rester au Royaume-Uni et faire la navette avec Paris, ou bien travailler une partie de la semaine dans les deux villes. Les banquiers de BofA ayant des connaissances en France pourraient s'inspirer de l'exemple de Sanaz Zaimi qui, après avoir étudié à la Sorbonne, aurait eu un point de chute à Paris et un autre à Londres pendant un certain temps. Ou bien de l'exemple de Marc Tempelman, ex-responsable DCM et Corporate Banking de BofA en zone EMEA (parti rejoindre une start-up parisienne en janvier) qui, pendant des années, a travaillé une partie de la semaine à Paris et l'autre partie à Londres.

Avec les écoles internationales à Londres qui se vident soudainement, laisser la famille à Londres pourrait encore s'avérer la meilleure option. Certains professionnels du middle-office chez BofA nous disent qu'ils travaillent déjà en partie en Europe continentale et en partie à Londres en préparation du Brexit. Cependant, les vendeurs et les traders qui ont besoin d'être à Paris tôt le matin pour l'ouverture du marché pourraient finalement décider qu'il vaut mieux s'investir pleinement dans la capitale française plutôt que faire la navette. Pour eux, cet été ne rimera sans doute pas avec vacances en Méditerranée. Ils ont encore beaucoup de choses à régler...

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