Zoom sur les tendances technologiques qui impacteront les métiers de la banque-finance en 2018

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Alors que du 9 au 12 janvier se tient à Las Vegas le Consumer Electronics Show (CES) où les stratups françaises sont présentes en force (il s'agit de la deuxième plus grosse délégation, derrière les Etats-Unis), nous avons décidé en ce début d'année 2018 de dresser un petit panorama (non exhaustif) des nouvelles technologies impactant directement les métiers de la banque et de la finance...

Intelligence Artificielle (IA) / Machine Learning

L’Observatoire des métiers de la banque a récemment publié une étude thématique intitulée L'intelligence artificielle dans la banque : emploi et compétences afin de dresser un état des lieux, clarifier l’intégration de l’IA dans les banques et mettre en avant les perspectives positives réelles et les risques éventuels qu’elle entraine. Quelles conséquences l’arrivée de l’IA va-t-elle avoir sur l’organisation du travail et les emplois ? Quelles incidences sur les compétences ? Quels impacts sur les dispositifs de formation et d’accompagnement (contenus et modes) ? sont autant de questions auxquelles les auteurs de cette étude tentent de répondre.

De son côté, Mark Barrenechea, CEO de la société OpenText qui soutient la transformation numérique en aidant les entreprises à utiliser au mieux leurs données, rappelle que dans les dix années à venir, la planète comptera 5 milliards d’utilisateurs connectés à Internet. Mille milliards de machines, soit bien plus que d’êtres humains, seront connectées et l’architecture dite de Von Neumann se verra remplacée par les calculateurs quantiques (Q2K et Qubit). D’ici 5 ans, le monde comptera 10 millions de programmeurs supplémentaires tandis que le travail effectué par les cols blancs sera accompli par des logiciels ou des machines. Cette automatisation, indispensable pour pouvoir exprimer notre plein potentiel, sera alimentée par l’intelligence artificielle (IA).

Dans l’année qui vient, l’IA va susciter beaucoup d’intérêt, et ce dans tous les secteurs d’activité. A l’horizon 2020, le marché de l’IA devrait peser 47 milliards de dollars. Mais quel sera le retour sur investissement pour les entreprises ? « Equipée de systèmes d’IA et cognitifs, de solutions d’analytique du big data et d’apprentissage automatique, l’entreprise intelligente profitera de développements agiles pour mettre au point des applications dans le Cloud, mais aussi automatiser ses processus et ses tâches subalternes afin de gagner en efficacité et de passer au crible de véritables océans », répond Mark Barrenechea.

Bien évidemment, les métiers bancaires (trading, compliance, gestion d'actifs, métiers titres, back office....) ne sont pas les seuls concernés par cette révolution technologique. Tout comme les départements financiers des grands corporartes, les cabinets comptables et les compagnies d'assurances, les cabinets d'audit et de conseil sont sur le qui-vive. Pour preuve, EY vient d'annoncer cette semaine la nomination d’Arnaud Laroche en tant que responsable des activités Intelligence Artificielle pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Afrique. Ambassadeur des bonnes pratiques de mise en œuvre des méthodes et technologies de l'IA, Arnaud Laroche a pour ambition d’accélérer de manière significative le développement de produits et solutions autour de cette expertise.

Monnaies virtuelles et blockchain

En 2017, les monnaies virtuelles ont fait parler d’elles. « On pense souvent au Bitcoin mais il en existe plus de 1.100 sur le marché », rappelle Mark Barrenechea. Parce qu’elles permettent de supprimer l’intermédiaire avec les institutions financières traditionnelles (et ainsi supprimer les frais et coûts associés aux transactions financières), les entreprises en relation directe avec leurs clients séduisent de plus en plus d’utilisateurs, de commerçants et d’investisseurs. Les entreprises sont toujours plus nombreuses à reconnaitre la légitimité des monnaies virtuelles. Depuis le début de l’année, la valeur du Bitcoin a bondi de 1000 %, et au Japon par exemple, 260.000 nouveaux commerçants prévoient d’accepter les paiements en bitcoins.

En matière de monnaie virtuelle, l’une des plus grandes innovations est sans conteste l’utilisation de la technologie blockchain. Son potentiel va bien au-delà du changement de notre mode d’échange et de gestion de la richesse. En reliant une chaîne d’informations archivées ou « blocs » impossibles à modifier, la blockchain a la capacité de créer des systèmes plus transparents et plus sûrs. Ses applications seront nombreuses : modes de transactions, renouvellement de passeports, vote, location de véhicules, paiement d’impôts et même mode d’identification personnelle. « 2018 sera ainsi l’année de la blockchain, surtout dans les domaines de la sécurité et du chiffrage », indique Mark Barrenechea.

La blockchain n'a pas fini de faire parler d'elle du fait qu'elle risque d'impacter à terme l'ensemble des métiers de la banque. A titre d'exemple, nombreux seront les impacts de la blockchain sur les métiers de la finance de marché (trading, equity & debt capital market, derivés, post-marché....). Signe des temps : depuis un peu plus d’un an, une nouvelle forme de levées de fonds a vu le jour sous la forme d’initial coin offerings (ICO). Ces émissions, qui s’appuient à la fois sur l’usage des crypto-monnaies et de la technologie Blockchain, visent à financer des projets technologiques spécifiques portés par une entreprise ou une communauté de développeurs. Une bonne nouvelle pour les professionnels des marchés de capitaux.

Cybersécurité nouvelle génération

Selon Mark Barrenechea, le cyberespace est devenu le nouveau champ de bataille où l’on s’affronte à coup d’octets, de bits et de botnets. L’Internet des Botnets a ainsi vu le jour, un réseau mondial d’appareils corrompus que les pirates peuvent déployer ou louer auprès d’organisations criminelles. Une situation particulièrement déstabilisante compte tenu du fait qu’il existe déjà un botnet de l’IoT (surnommé « Reaper ») suffisamment puissant pour faire tomber tout l’Internet.

Les pare-feux et autres dispositifs de sécurité traditionnels ne suffisent plus. A l’heure où la bataille a lieu dans le cyberespace, de nouveaux outils sont nécessaires pour gérer ce type de problème d’une nature inédite. L’IA, le calcul quantique et le chiffrement quantique s’avèrent prometteurs pour contrer les cyberattaquants. L’IA (sous la forme de l’apprentissage automatique) permet de surveiller les réseaux et les appareils associés pour traquer et signaler la moindre anomalie en temps réel.

L’informatique quantique permet de passer au crible plus de 150.000 menaces quotidiennes au sein du réseau d’une organisation afin d’identifier les événements les plus risqués, et la cryptographie quantique permet de garantir des communications sécurisées. « Ces technologies émergentes redéfinissent la cybersécurité telle que nous la connaissons, et elles seront notre meilleur rempart face à des cyberattaquants toujours plus subtils », conclut Mark Barrenechea.

Là encore, tous les acteurs financiers sont concernés. D'ailleurs, l’expert en cybersécurité peut travailler à peu près où il veut. En effet, la cybersécurité est devenue aujourd’hui un enjeu stratégique pour tout type d’entreprise, de la start-up fintech qui souhaite se développer et entrer en bourse au grand groupe bancaire international qui ne peut pas en faire l’économie. De quoi susciter bien des vocations....

Crédit photo : JIRAROJ PRADITCHAROENKUL / gettyimages

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