La réaction d’un trader français de Hong Kong face au COVID-19

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La réaction d’un trader français de Hong Kong face au COVID-19

Je suis français de naissance, mais je vis en Asie depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui basé à Hong Kong, je ne suis pas en première ligne face au COVID-19, mais je n’en suis pas si éloigné non plus. Parano par nature, je suis aussi marqué par mon contexte professionnel, avec un métier sensible à la fameuse théorie du cygne noir, et qui exige d’anticiper les 10 ou 20 déplacements à venir sur un échiquier. Je suis donc devenu un vrai survivaliste, et je m’attends à ce que le virus empire.

J’ai déjà vécu à Hong Kong. En fait, j’y étais en 2003, lors de la première apparition du SRAS. Tout n’a pas été clair dès le début : il était évident qu’il se passait quelque chose de grave, mais on n’en parlait qu’à mots couverts. Il a fallu quelques semaines avant de voir la réalité en face. La plupart des gens à Hong Kong n’en ont aujourd'hui aucun souvenir.

Cette fois-ci, avant même le Nouvel An chinois, il était clair qu’il y avait un problème. Mais j’étais distrait par les célébrations et n’ai vraiment commencé à m’activer qu’après les fêtes. Dans ce genre de situation, il faut des provisions pour un mois. J’ai donc commandé un nouveau congélateur sur le site américain d’Amazon, pour la modique somme de 5 000 $HK (643 $ US) et l’ai rempli de viande et de poisson en provenance d’Australie (772 $ US). J’ai aussi commandé des masques, sur le site français d’Amazon cette fois, pour qu’ils nous soient livrés ici. Idem pour l’eau de Javel. Au total, j’ai dépensé plus de 1 200 $ US.

Je ne suis pas le seul à me faire du souci. Un ami gestionnaire de fonds ici est rentré en Suisse avec sa famille. Un ancien collègue, qui vivait ici à l’époque du SRAS et travaille aujourd’hui à New York, a pris la mesure des risques d’une version plus contagieuse que le SRAS dans le contexte actuel, et a compris qu’il pourrait devenir nécessaire de dédoubler sa salle de marché.

Si je suis fou ? J’aime à penser que je suis un précurseur. Mon épouse ne cautionne pas toujours mes préparatifs, mais au moins, nous sommes tranquilles pour un mois. Notre employée de maison dit qu’il n’y a plus de javel dans le commerce, et du coup mes stocks trouvent toute leur utilité.

Et si on n’avait pas besoin de tout ça ? Quoi qu’il arrive, ça servira toujours. La cuisinière nous prépare des repas d’avance tous les soirs et nous les congelons pour les utiliser plus tard. De toutes façons, on les mangera.

Personnellement, je pense que la Chine s’en sortira. Elle prend ce virus très au sérieux et devrait avoir repris les choses en main d’ici à un mois environ. Le problème à ce moment-là, ce sera le reste de l’Asie, puis le reste du monde. Il y déjà des cas d’infection à Bangkok, Djakarta et Manille, et de là-bas, le virus risque de se propager à l’Europe et aux Etats-Unis. Nous prévoyons d’aller en France cet été, dans notre maison, mais pour l’instant, il n’est pas exclu qu’il vaille mieux rester ici.

Crédit photo : Free To Use Sounds sur Unsplash

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