Ces traders de BNP Paribas qui n’ont aucun mal à se recycler…

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Pour la plupart des gens en banque d'investissement, l'annonce de la décision stratégique de votre banque de se retirer de votre secteur d'activité et de la fermeture de votre division sont les pires nouvelles que vous puissiez recevoir. Les traders du desk prop’ trading de BNP Paribas («Opera») ne semblent toutefois pas avoir trop de raisons de s’inquiéter. La décision de fermer Opera a été annoncée en janvier et, depuis lors, LinkedIn et autres sources référençant les changements de postes pullulent d’exemples d'anciens traders de BNPP occupant de nouveaux postes, généralement dans de prestigieux hedge funds.

La raison de leur popularité n’est pas si difficile à comprendre. Les personnes ayant un track-record de money makers ne sont pas légion, et celles possédant une expérience à grande échelle sont encore plus rares. L’équipe de traders seniors qui gérait le prop’ book de BNPP le faisait depuis des années. Elle était composée d’une douzaine de personnes qui géraient un portefeuille de 3 milliards de dollars.

Certes, Opera a connu une année 2018 délicate, mais cela a également été le cas du secteur des hedge funds, en raison d’une mauvaise forme de volatilité. Sur le long terme, cependant, le bilan d’Opera est très solide et BNP s’est séparée des traders surtout parce que les exigences de fonds propres réglementaires lui posaient trop de problèmes, et non parce qu’ils étaient de mauvais employés. Qui plus est, la majorité d'entre eux - francophones et diplômés de grandes écoles d'ingénieurs françaises - ont tendance à avoir un assez bon réseau dans le secteur financier. Il est peu probable qu’ils aient passé beaucoup de temps à attendre nerveusement les appels des chasseurs de têtes.

Jusqu'à présent, Citadel, Brevan Howard, Capstone, H2O, Eisler et Capula ont recruté des anciens d’Opéra. Des arrivées qui ne sont pas totalement sans risques pour les nouvelles boutiques. C’est pratiquement un cliché dans l’industrie des hedge funds que d’affirmer que les traders qui étaient jadis les rois du marché quand ils disposaient des ressources d’une grosse banque d’investissement se mettent à trébucher honteusement lorsqu’ils sont contraints de s’appuyer sur leurs franchises personnelles.

Toutefois, il est à noter que la plupart des membres de l’équipe d’Opera ont opté pour de gros fonds quasi institutionnels, où ils feront partie d’une grosse cash machine, plutôt que de soutenir eux-mêmes le fonds. Et même si un fonds sujet à des flux entrants et sortants ne pourra jamais avoir un financement aussi stable qu’une banque too-big-to-fail, il est peu probable qu'une quelconque société de premier plan qui les ont recrutés puisse être exposée à un risque élevé, obligeant leurs traders à se retrouver en situation de devoir rembourser.

Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de leçon à tirer de cela pour la majorité d’entre nous, si ce n’est qu’il est toujours bien d’être au top. Cependant, il est à noter que cette petite équipe avait clairement construit une franchise qui était la sienne plutôt que celle de la banque mère. Personne ne semble avoir pensé un instant qu’il puisse y avoir un impact négatif sur le personnel d’Opera lorsque BNPP l’a fermée. Combien d'équipes du secteur, même de grandes banques, peuvent-elles en dire de même ?

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