Les profils tech ont actuellement la cote chez les régulateurs financiers

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Les profils tech ont actuellement la cote chez les régulateurs financiers

Vous pensiez que les organes de régulation ne cherchaient que des juristes et professionnels du droit ? Sachez que les profils tech sont aussi très demandés en ce moment. Dans un environnement réglementaire marqué par un reporting aux régulateurs de plus en plus large, les experts en données sont en effet les bienvenus.

Pour preuve, l’Autorité de marchés financiers (AMF) vient d’annoncer cette semaine la nomination de Nicolas Salles comme Chief Data Officer afin qu’il puisse optimiser les datas asset management et être le facilitateur et l’animateur central du dispositif de gouvernance des données pour l’AMF.

Ce diplômé de l’École supérieure d'ingénieurs Léonard-de-Vinci (ESILV) a débuté sa carrière en 2001 en tant que consultant Business Intelligence. En 2006, il rejoint la division conseil de PwC où il devient manager, puis AXA Investment Managers en 2010 où il exerce successivement les postes de responsable de référentiels, responsable de la coordination et de la gouvernance des données puis responsable du pôle « Data Solutions ».

D’autres organismes de régulation sont à la recherche de profils tech, à l’instar de l’Autorité bancaire européenne (EBA) qui recherche des profils experts IT finance amenés à être rapidement transférés vers Paris dans le cadre de son installation à La Défense.

Sur son site carrières, l'EBA recherche pour un poste intérimaire un expert reporting IT afin de soutenir l'évolution de son cadre de reporting et le développement et la maintenance de solutions d'exploration de données bancaires. En particulier, il contribuera à l’évolution du dictionnaire de données EBA (DPM) et sera responsable de la création de nouvelles taxonomies EBA. Il collaborera également à la conception et à la mise en œuvre de solutions d’analyse décisionnelle et de Business Intelligence.

Cap sur les RegTech…

A défaut de travailler directement chez le régulateur, les profils techs pourront toujours s’orienter vers les RegTech (Regulatory Technology). « Ces solutions technologiques innovantes sont proposées aux acteurs financiers pour améliorer le pilotage des risques et la gestion de l’activité financière », rappelle Corinne Estève Diemunsch, directrice de Limonetik, une solution de gestion automatisée des moyens de paiement. « Attention, ne vous méprenez pas, il ne s’agit plus d’un vocable n’intéressant que les responsables juridiques ou les geeks ».

 « Les RegTech s’installent progressivement dans l’écosystème des services financiers et prennent leur place au côté des institutions financières et des autorités de tutelle, qui se convainquent graduellement qu’elles partagent des intérêts convergents avec ces nouveaux acteurs », souligne Guillaume Andreu, directeur associé chez Julhiet Sterwen qui a récemment publié avec France FinTech un livre blanc sur Les RegTech en France en 2019.

« Aujourd’hui, en tant que régulateur, nous réfléchissons sur les bénéfices que peuvent apporter les nouvelles technologies en matière de réglementation et de supervision », y explique Domitille Dessertine, directrice de la division FinTech, Innovation et Compétitivité de l’AMF, même si à ce jour, la plupart des projets portent sur les problématiques de connaissance clients (KYC), de lutte anti-blanchiment ou encore d’analyse de crédit.

« Les projets dans le domaine des marchés financiers restent relativement minoritaires. Ils concernent par exemple des outils d’analyse du risque pour les sociétés de gestion ou les obligations de connaissance du client dans les parcours d’investissement prévus par la directive MiFID2 », poursuit Domitille Dessertine.

Quant à Jean-Marc Guiteau, Global Head of RegTech Innovation & Development chez BNP Paribas Securities Services, il pointe la rareté des profils experts. « Les technologies proposées par les RegTech nécessitent de pouvoir mobiliser des expertises qui s’avèrent souvent être peu répandues au sein des institutions financières. Cela peut créer un goulot d’étranglement ». Et de citer en exemple la validation d’un algorithme IA qui peut nécessiter un circuit de validation différent, plus complexe, dans la mesure où il fait intervenir un niveau supplémentaire d’expertise.

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