Le prochain plan de départs volontaires de SocGen sera-t-il vraiment généreux ?

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Le prochain plan de départs volontaires de SocGen sera-t-il vraiment généreux ?

La banque française a la réputation de proposer des plans de départs volontaires extrêmement généreux au point que certains traders londoniens échaudés par la plongée de leurs bonus 2018 ont récemment exprimé l'espoir qu'ils pourraient en tirer parti. « Au moins, j'aurai de l'argent et je pourrai partir tout de suite, sans attendre la longue période de préavis », a déclaré l'un d'eux.

Certains de leurs homologues basés en France pourraient les imiter. « Malgré les bons résultats globaux en 2018 (3,9 milliards d’euros), les enveloppes ont au mieux été stables (dans le réseau) et au pire ont plongé de 40% dans les activités de trading et FICC », rappelle Philippe Fournil, délégué national de la CGT SG. Mais à y regarder de plus près, les conditions de départ volontaire sont-elles vraiment si avantageuses que cela ?

Le projet de l’accord Emploi finalisé qui a été transmis par la banque aux syndicats le 20 février pour signature le 13 mars apporte quelques éléments de réponse… « Beaucoup de blabla dans les 48 pages, mais aussi des dispositifs qui encadrent les PSE, les indemnités de départ, la mobilité, l’amélioration des départs en retraite anticipés en tous genres », indique Philippe Fournil. Pour faire court, la CGT a publié un 4-pages des différents dispositifs contenus dans l’accord emploi.

Du monde au balcon

Ce qui est certain, c’est qu’il risque d’y avoir du monde au balcon. En effet, toutes les activités de la BFI sont passées au crible pour marquer celles qui vont être revues, réduites ou fermées (y compris les fonctions support selon nos informations). « Tels que présentés par Séverin Cabanes au CSEC, les critères de tri sont un joyeux mélange d’analyse fine de l’allocation de capital au regard du rendement (sans plus de précisions), de maintien de la relation générale avec le client et d’attention aux synergies possibles avec le Groupe », rapporte le syndicaliste CGT.

« En arrière-salle, la situation semble plus compliquée. Comme toujours, ce serait plutôt la foire d’empoigne habituelle », poursuit-il. Les activités de marché ont en effet déjà subi plusieurs coupes claires ces dernières années et nombreuses sont celles qui ont déjà du mal à maintenir une taille critique permettant d’être crédible auprès de leurs clients. Les discussions sont donc serrées.

Et de poursuivre : lors du PSE de 2012, il avait fallu peser très lourdement pour maintenir certaines activités de financement qui font aujourd’hui les beaux jours de la banque. Les coupes de 2016 ont quant à elles déstabilisé l’équilibre général des salles de marché, en concentrant davantage le poids de coûts fixes toujours plus lourds. Il est à craindre que les 500 millions d’économies supplémentaires n’aggravent encore la situation.

Mieux vaut remplir certaines conditions…

En cas de réorganisation ayant une forte conséquence sur l’emploi, la SocGen reprendra les dispositifs existants depuis 2013, donnera la priorité à la mobilité si nécessaire et mettra en place des dispositifs spécifiques dans un cadre strictement volontaire, sans licenciements contraints. Pas question cependant pour la banque d’indemniser des salariés volontaires au départ sans contreparties.

Les salariés qui souhaitent bénéficier d’un départ volontaire devront justifier d’une création d’entreprise (ou reprise d’activité), d’une embauche dans une autre entreprise, d’une formation qualifiante ou certifiante ou diplômante de longue durée. Voire d’un projet personnel, recevable sous condition de justifier des ressources financières excluant tout recours à l’assurance chômage).

Mieux vaut avoir de la bouteille... et partir vite

Dans une rupture intervenant dans les deux premiers mois d’ouverture du plan de départs volontaires, les indemnités sont d’un mois de salaire par semestre complet d’ancienneté, avec un minimum de 25 k€ bruts (50 k€ pour les salariés ayant 5 ans d’ancienneté) et un maximum de 30 mois de salaires. Ce qui fait dire à un délégué du personnel de la banque sous couvert d’anonymat que « le plancher est trop bas en cas de départ volontaire pour les salariés sans ancienneté ».

Plus le salarié prend son temps avant de prendre une décision, plus les indemnités décroissent. Ainsi, si celui-ci accepte une rupture six mois après l’ouverture du plan, les indemnités ne sont plus que de 15k€ bruts minimum (30k€ si 5 ans d’ancienneté) et d’un maximum de 24 mois de salaires.

Enfin, la CGT insiste depuis longtemps sur la nécessité de prendre en compte la rémunération variable dans le calcul des indemnités de départ. Petit progrès depuis, les salariés qui ont plus de 20 ans d’ancienneté en bénéficient. Mais ils sont les seuls. La direction de la banque a toutefois précisé : « c’est un point qui fera l’objet des négociations locales en cas de départs volontaires ». Tout est donc encore possible…

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