Brexit : HSBC en passe de renoncer à transférer un millier de personnes de Londres vers Paris ?

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Brexit : HSBC en passe de renoncer à transférer un millier de personnes de Londres vers Paris ?

HSBC France continue de recruter malgré les nuages qui s'amoncellent sur sa banque d'investissement

Dans le sillage de la publication des résultats annuels du groupe HSBC, l’entité française HSBC France a publié les siens, particulièrement affectés par la faiblesse des revenus des activités de marchés.

Le résultat avant impôt ajusté de la banque de financement, d'investissement et de marchés s’établit à 30 M€ en 2018 contre 217 M€ un an plus tôt - soit une chute de 86% ! - qui selon la banque s’explique principalement par « la diminution importante des revenus des activités de fixed income et notamment un quatrième trimestre décevant dans un contexte de marchés difficile ».

Malgré cette contre-performance, HSBC France continue de recruter. Il faut dire qu’elle est parvenue l’an dernier à augmenter sa part de marché dans le debt capital market (DCM) et a enregistré une bonne performance dans ses activités de conseil en fusions-acquisitions et de crédits. Sans oublier l’effet Brexit…

Des transferts revus à la baisse ?

En termes de transferts, les choses avaient pourtant plutôt bien commencé. « Je confirme que HSBC prépare une pénétration assez significative dans l’Hexagone », rappellait encore en octobre dernier Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes basé Paris.

« Mais entre la théorie et la réalité, les scénarii ont évolué », explique aujourd'hui le chasseur de têtes parisien. « Les négociations du Brexit sont complexes et versatiles, ce qui rend tous les acteurs financiers assez prudents sur ce qu’ils annoncent. HSBC table néanmoins sur une mise en œuvre progressive de transferts, d’ajustements et de renforcements d’effectifs au gré à gré ».

Ainsi, l’objectif initial que s’était fixé en 2016 son directeur général Stuart Gulliver semble désormais mal engagé. En effet, sur le millier de postes qui devaient être transférés depuis la City de Londres, seule une centaine de personnes (essentiellement des traders et vendeurs) serait venue grossir les rangs des équipes parisiennes, selon plusieurs sources concordantes.

Qui plus est, il ne s’agit pas forcément de transferts depuis Londres. « Attention à ne pas faire de confusion entre ce qui génère des créations de postes du fait du développement de l’offre de produits afin de pouvoir proposer aux clients qui le souhaiteraient l’ensemble des produits depuis Paris, et les ‘relocations’ », précise une porte-parole de la banque à Paris.

Depuis, John Flint, le successeur de Stuart Gulliver, a quelque peu pris ses distances avec ce chiffre. « L'impact en termes de postes et de calendrier dépendra des discussions et des accords conclus entre le Royaume-Uni et l'UE », se contente de préciser le groupe, même si à la page 73 de son rapport annuel, il s’attend à ce que « la majorité des postes soient pourvus par des recrutements » dans le cadre du processus de recrutement qui a été lancé.

Pourtant, selon une source citée dans La Tribune, les dirigeants du groupe britannique auraient revu en baisse leur estimation à « quelques centaines » de postes, et chercheraient ainsi à limiter le coût de la réorganisation post-Brexit en conservant des équipes centralisées à Londres pour les économies d'échelle. Si bien entendu cela demeure possible après le 29 mars.

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